Si l'on devait établir un lexique pour raconter l'œuvre de matali crasset, " secousse ", " fluidité " et " déstandardisation " y tiendraient une place de choix. Celle qui se présente aujourd'hui comme une " designeureuse " déploie une pratique qu'elle qualifie volontiers d'" anthropologie appliquée ". Née dans la craie de la Marne, formée à l'ENSCI, l'École nationale supérieure de création industrielle, après un détour par le marketing et l'effervescence berlinoise, elle refuse de concevoir des objets purement fonctionnels. Ses mentors, de Denis Santachiara à Philippe Starck, l'encouragent à affirmer sa singularité. Coupe au bol en guise de manifeste, matali crasset dépasse la simple question de l'esthétique pour imaginer de véritables scénarios de vie. De l'iconique " Quand Jim monte à Paris " au Hi Hotel, en passant par la Maison des Petits au Centquatre à Paris, elle demeure convaincue que le design peut activer à la fois le social et l'artistique. Utopiste, idéaliste, portée par une conscience écologique et collective, elle n'est jamais pour autant hors sol. Une série de Florence Grivel. Née en 1965, matali crasset grandit dans un village de la Marne, au sein d'une famille d'agriculteurs. Le geste, l'espace, la force du travail, le sens du collectif : autant d'expériences qui imprègnent la petite fille d'alors et ne la quitteront jamais. Lorsqu'elle entre à l'École nationale supérieure de création industrielle (ENSCI-Les Ateliers) en 1988, elle découvre une autre manière d'apprendre : libre, inspirante et bienveillante. Diplômée en 1991, elle travaille à Milan et à Paris, avant de fonder en 1998, son propre atelier, à Belleville, dans une ancienne imprimerie. Elle choisit aussi d'adopter la graphie matali crasset, entièrement en minuscules, une manière de déhiérarchiser la figure de la créatrice-star.