Revue de presse internationale

Panorama de la presse internationale sur les sujets d’actualité du jour. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet.

  1. 18h ago

    À la Une: cyberattaque contre le PAM dans la bande de Gaza

    Le quotidien français La Croix nous explique comment une cyberattaque ayant visé le PAM, le Programme alimentaire mondial, pourrait se retourner contre les habitants de Gaza qui dépendent de cette organisation de l’ONU pour se nourrir. Le journal catholique parle de « double peine, les Gazaouis devant se contenter de rations réduites de moitié, faute de moyens, mais ils savent de surcroît que désormais, leurs données personnelles en tant que bénéficiaires se baladent quelque part, entre des mains inconnues », alors qu’elles n’étaient destinées qu’au Programme Alimentaire Mondial. Ces données « comprennent noms, numéros d’identification et de téléphones portables, ainsi que des informations de géolocalisation ». Et c’est visiblement ce dernier point qui inquiète particulièrement certaines ONG. En effet, « même si l’auteur de la cyberattaque n’a pu être formellement identifié, explique la Croix, l’ONG Access Now (qui défend les droits civiques numériques dans le monde), estime que la collecte massive de données concernant la quasi-totalité de la population de Gaza, dans un contexte de surveillance systémique et de ciblage létal sur les données, engendre des risques graves et concrets pour une population déjà extrêmement vulnérable ». Pour cette ONG, Access Now, pas de doute : c’est l’armée israélienne qui fait figure de principal suspect dans cette cyberattaque.   Donald Trump opte pour une ligne dure Le président américain vient en effet de choisir, comme nouveau chef de cabinet, Stephen Miller, 41 ans, dont la photo fait la Une de la presse américaine. « En le promouvant, estime le New York Times, Trump renforce sa ligne dure », alors que « dans les premiers jours qui ont suivi la cuisante défaite des Républicains (aux élections de mi-mandat), il était apparu abattu, voire conciliant ». Mais, constate le quotidien américain, « à la fin de la semaine, au lieu de céder face au mécontentement des électeurs, il a opté pour une stratégie familière : encore plus de MAGA (Make America Great Again ». « Stephen Miller, rappelle le Washington Post, a notamment piloté de nombreuses mesures de l’administration en matière d’immigration ». Ce que n’a pas oublié cite le chef des démocrates à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries, qui le qualifie de « xénophobe dangereux, d’extrémiste irresponsable qui a du sang américain sur les mains ».  Derrière Marine Le Pen En France, à l’approche de l’élection présidentielle du printemps 2027, le leader de la France Insoumise Jean-Luc Mélenchon tient un grand meeting aujourd’hui, au Bourget, près de Paris.  « Le spectacle sera sans doute réussi. Mise en scène, public nourri et enthousiaste, Jean-Luc Mélenchon sait soigner ses effets de scène et nul doute que la grand-messe du Bourget ne décevra pas les milliers de partisans attendus pour célébrer leur champion », pronostique Libération. Le quotidien français est toutefois sceptique et rappelle que « de nombreux sondages donnent le chef de la France Insoumise au second tour de l’élection présidentielle » mais très loin derrière Marine Le Pen, la candidate du Rassemblement national. « L'avenir en commun » De son côté, le Figaro a épluché le programme des Insoumis publié hier et intitulé « L’avenir en commun ». Un programme qui ne suscite guère que des moqueries de la part du quotidien conservateur qui parle « d’un petit manuel de la ruine ».  « "Dans le monde solidaire" de LFI, commente ironiquement le Figaro, tout est simple (…) On prélève immédiatement 100 milliards dans la poche des "riches" et on dépense aussitôt 80 milliards pour embaucher des dizaines de milliers de fonctionnaires ». Le journal détaille les principaux points du programme de LFI et conclut ainsi : « Comment résister à une telle promesse de paradis ? Peut-être en se souvenant que la dernière île à avoir tenté l’aventure mélenchonienne s’appelle Cuba ».

  2. 1d ago

    À la Une: le Texas, symbole de la victoire des démocrates aux États-Unis

    La presse américaine n’en finit pas de commenter les résultats des élections de mi-mandat remportées haut la main par les démocrates. Le Washington Post a choisi le Texas pour illustrer cette victoire : « Depuis trois décennies, explique le journal, le Texas est le Graal de la politique démocrate, le trophée le plus insaisissable, désespérément hors de portée. Depuis 1994, soit avant même la naissance des Texans actuels, les démocrates n’avaient remporté aucun mandat à l’échelle de l’État. » Presqu’un séisme, ou du moins, comme le dit le Washington Post, « un bouleversement qui a des répercussions considérables », car le Texas, « sans doute le bastion conservateur le plus influent des États-Unis, a vu ses politiques se propager à travers le pays ces dernières années ».   Le quotidien américain prend pour exemple « la loi restrictive sur l’avortement qui a eu une influence certaine sur les autres États américains ». Et ce n’est pas tout, ajoute le Washington Post : « Les milliardaires du pétrole et de la technologie au Texas ont financé des campagnes et des causes conservatrices dans tout le pays, ce qui a valu au Texas le surnom de "distributeur automatique de billets". » À lire aussiMidterms 2026: ces premières historiques qui ont marqué le scrutin Menaces dans le ciel En Europe, l’inquiétude est à l’ordre du jour après des alertes à la bombe visant des aéroports et des avions. « Des alertes à la bombe perturbent des dizaines de vols à travers l’Europe, ravivant les craintes de guerre hybride », titre le Guardian, qui a dénombré hier jeudi « au moins 25 alertes à la bombe » qui ont perturbé les vols dans 16 pays européens, dont le Royaume-Uni et la France. Le quotidien britannique cite des experts en aviation, selon lesquels « de fausses menaces se produisent quotidiennement, mais, ajoutent-ils, un tel nombre de menaces crédibles, même s’il s’agit de canulars malveillants, semble indiquer une action coordonnée ». Action qui pourrait avoir été menée par un groupe extrémiste russe. Action couronnée de succès, si l’on en croit un analyste d’une société de renseignement sur l’aviation, selon lequel « le simple fait de créer des perturbations pourrait être considéré comme un succès par ceux qui commettent ces canulars ». Le quotidien français Libération a lui aussi interrogé un expert, Gérard Feldzer, dont les prédictions ne sont guère rassurantes. « Il ne faudrait pas, dit-il, que ces appels s’accélèrent, jusqu’à arriver à un point de saturation, avec des milliers d’alertes, ce qui risque de nous faire passer à côté d’un réel danger. » Mobilisation sans faille Nouvelle journée de manifestation et de grève ce jeudi en France. Un mouvement qui ne s’essouffle pas, constate la presse française. « Entre colère sociale et révolte politique, une mobilisation massive pour le pouvoir d’achat, titre Le Monde, dans toute la France, 193 cortèges ont réuni un million six cent mille personnes selon la CGT, 575 000 selon le ministère de l’Intérieur, à l’appel d’une intersyndicale associée aux mouvements lycéens et étudiants, aux "gilets jaunes" et aux agriculteurs. » « Une démonstration syndicale réussie », estime le Parisien, alors que Mediapart titre : « La rue ne lâche rien, le gouvernement un peu », allusion à la « conférence sociale » annoncée par le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui devrait commencer ce vendredi pour, a-t-il dit, « apporter des réponses aux questions de pouvoir d’achat et de salaires ». Mais « ce n’est pas fini », annonce Libération. « Cette nouvelle journée de mobilisation sociale, estime le quotidien français, n’aura pas été un baroud d’honneur, comme beaucoup l’espéraient ». « À six mois de l’élection présidentielle, s'enthousiasme le journal dont le cœur penche à gauche, la société française semble s’être réveillée de la torpeur anxiogène dans laquelle les crises politiques et internationales l’avaient plongée. Ces manifestations brassent en effet différentes générations et classes sociales dans une véritable envie de lutter contre les injustices. » À lire aussi«Ça fait des années qu’on attend que ça converge»: en France, salariés et lycéens ont manifesté en masse ce jeudi

  3. 3d ago

    À la Une: aux États-Unis, les démocrates infligent un revers cinglant à Donald Trump

    La nouvelle est en première page dans le monde entier et en premier lieu dans la presse américaine. « Les démocrates prennent le contrôle du Congrès : un revers majeur pour Trump », s’exclame le San Francisco Chronicle. « Un camouflet cinglant pour Trump », renchérit le New York Times. « Un revers cuisant pour Trump », insiste Le Devoir à Montréal qui constate que « les démocrates remportent la majorité au Sénat et à la Chambre des représentants. » Résultat, lance le Washington Post : « les démocrates au pouvoir ! » Pour sa part, le Wall Street Journal, pointe « les percées des candidats démocrates dans les bastions républicains », notamment au Texas, où « la démocrate Gina Hinojosa a battu le sortant Greg Abbott lors de l’élection au poste de gouverneur. Un retournement de situation spectaculaire, note le journal, dans cet État traditionnellement républicain. » De même que « James Talarico remporte l’élection sénatoriale au Texas. Le Texas qui n’avait élu que des républicains au Sénat depuis 1988 » : c’est ce que relève Haaretz à Tel Aviv qui précise que James Talarico est « en faveur d’une limitation des ventes d’armes à Israël ». « La vague bleue déferle » « La Chambre des représentants sera donc à nouveau contrôlée par les démocrates, qui obtiennent également la majorité au Sénat », résume El Pais à Madrid, « grâce à des victoires clés au Texas, donc, mais aussi en Géorgie, dans l’Ohio, dans l’Iowa, au Kansas, ou encore en Caroline du Nord et du Sud. » Ce qui fait dire à Die Welt à Berlin que « la vague bleue déferle. » « Il ne s’agit pas seulement d’une défaite, commente la Repubblica à Rome : les résultats de ces Midterms traduisent un rejet de Trump et du trumpisme. Désormais, le véritable enjeu, c’est l’avenir des États-Unis, mais qui n’ont pas encore tracé la voie de la reconstruction de leur union. » Enfin Libération à Paris relève que « Trump, sur un ton étonnamment conciliant, a jugé que ses opposants démocrates avaient “fait du bon boulot“ et s’étaient “bien battus“. “Félicitations aux démocrates, a lancé Trump, “il leur a fallu onze ans pour avoir un tel résultat, mais… félicitations, ils ont bien travaillé…“ Le président républicain, commente Libé, reste visiblement persuadé que la raclée nationale reçue par son parti n’a rien à voir avec lui. »

  4. 5d ago

    À la Une: en France, les lycéens et les étudiants ne désarment pas

    « En France, une rentrée scolaire sous le signe de nouveaux blocages, constate Le Temps à Genève. Les vacances de la Toussaint n’ont pas affaibli la détermination des syndicats lycéens et étudiants, qui ont appelé au blocage d’établissements dès ce lundi. La semaine sera aussi marquée par une importante grève jeudi, à l’appel des syndicats du privé et du public. » « Cette nouvelle mobilisation, présentée comme “massive“ par le syndicat Force ouvrière, pourrait constituer un tournant en fonction de son ampleur, affirme La Croix. D’un côté, les syndicats annoncent leur volonté de passer à une autre étape sur les questions de pouvoir d’achat, de salaires et de services publics. De l’autre, le gouvernement, qui a tardé à apporter des mesures concrètes aux lycéens, campe sur une attitude de prudence, à l’image de sa discrétion médiatique hier, même s’il travaille déjà à des réponses politiques de court terme. » Écouter les jeunes… Et pourtant, s’exclame Libération, « il est plus que temps d’écouter » les jeunes, « de faire l’effort de les écouter vraiment, seule façon de sortir de cette crise par le haut. » D’autant, souligne le journal, que « le week-end a confirmé que ces aspirations de la jeunesse dépassaient les frontières françaises : dans toute l’Europe, une génération réclame un autre avenir que celui façonné par les politiques d’austérité, le poids de la dette et le monde de divisions mortifères dessiné par l’extrême droite. On a vu, dans les cortèges, se dessiner le portrait d’une génération joyeuse, combattante, militante et loin de se résigner. » Et Libération de s’interroger : « Est-il si fou de réclamer le droit d’étudier ce que l’on veut, et dans de bonnes conditions ? En Allemagne, en Italie et en Belgique, les lycéens et les étudiants ont aussi au centre de leurs préoccupations : l’égalité des chances et, plus largement, le manque d’investissement dans l’éducation. »  Pulsion nihiliste ? Autre point de vue pour Le Figaro, qui se focalise sur les violences… Le Figaro qui affirme que « depuis le premier jour, ce mouvement lycéen confond le droit de manifester et le désir de détruire. La pulsion nihiliste qui l’accompagne donne aux casseurs et aux censeurs le sentiment d’une puissance sans limite. (…) La liberté d’entreprendre, de vendre, de travailler a disparu, chaque samedi, des centres-villes, dénonce le quotidien de droite. Il ne s’agit plus d’achalander sa boutique mais de la barricader. (…) La liberté d’apprendre et d’enseigner, pour nombre de lycéens, d’étudiants et de professeurs, n’est déjà qu’un vieux souvenir. Des groupes ultra-minoritaires empêchent, intimident et menacent une large majorité de jeunes gens qui veulent profiter de ces semaines décisives pour apprendre à penser et à vivre en toute indépendance. » « Se concentrer sur des enjeux fondamentaux pour le pays » Pour Le Monde, cette mobilisation des lycéens est l’occasion d’un examen de conscience politique : « dans le climat crépusculaire ambiant, c’est plutôt une bonne nouvelle, lance le quotidien du soir : à moins de six mois de l’élection présidentielle, les lycéens obligent le débat public à se concentrer sur des enjeux fondamentaux pour le pays. Plutôt que les fausses pistes que l’extrême droite cherche à imposer, comme la chasse aux étrangers ou le nationalisme, on discute des problèmes de la jeunesse et de la façon d’améliorer le système éducatif, sujets dont dépend notre avenir commun, aussi bien sur le plan social qu’économique et politique. (…) Le mouvement ne vise pas à dénoncer une réforme, pointe encore Le Monde, mais à exiger le droit à une éducation de qualité, porteuse d’un avenir meilleur, autrement dit à faire respecter la promesse méritocratique bafouée. Si la contestation est si difficile à éteindre, c’est que les colères et les peurs, attisées par l’accumulation de menaces (guerres, racisme, précarité du travail, intelligence artificielle, etc.) ont été longtemps ignorées par un exécutif coupé des réalités des quartiers populaires, plus prompt à pratiquer l’amalgame lycéens-casseurs et à faire croire que Jean-Luc Mélenchon tire toutes les ficelles, qu’à apporter des réponses. »

  5. Oct 31

    À la Une: la fin d’un bastion de la presse libre en Russie

    « Ils nous ont tués » : c’est ce titre qui barre la Une de Novaïa Gazeta, symbole de la presse indépendante en Russie, contrainte de mettre la clé sous la porte par le régime de Vladimir Poutine. « Le 9 novembre, annonce le journal, nous éteindrons les lumières de la maison où nous avons vécu pendant 30 ans, nous arrêterons nos serveurs et nous partirons. Le journal n’existe plus. Les autorités russes et les services de sécurité russes ont contraint notre équipe éditoriale à cesser ses activités. »   Ce n’est pourtant pas faute d’avoir résisté. « Nous avons continué aussi longtemps que possible, explique ainsi l’équipe éditoriale, mais nous avons été expulsés de notre domicile et notre plateforme de dons, qui nous permettait de recevoir un soutien financier de nos lecteurs, a été fermée. » C’est l’invasion russe en Ukraine qui aura eu raison du courage des journalistes de Novaïa Gazeta, comme ils l’expliquent eux-mêmes : « Depuis le début de "l’opération militaire spéciale" en Ukraine, et l’introduction d’accusations criminelles pour "discrédit de l’armée russe", nous ne pouvons plus rendre compte des événements les plus graves et tragiques de notre époque. La censure s’étend à pratiquement tous les aspects de la vie civique. » À lire aussiRussie: le journal d'opposition «Novaïa Gazeta» annonce sa fin sous la pression des autorités Maigre consolation : la fermeture de Novaïa Gazeta a suscité de nombreuses protestations, dont celle de l’ONU, qui parle « d’un nouveau coup dur dévastateur pour les médias indépendants qui subsistent encore en Russie ». « Guerre psychologique » ou « Vaste opération militaire » Les États-Unis préparent-ils une nouvelle attaque contre l’Iran ?  La réponse serait oui, si l’on en croit le journal l’Orient-le Jour, qui s’appuie sur « des sources diplomatiques ». Selon le quotidien francophone libanais, la nouvelle échéance avant des frappes serait fixée par Donald Trump, « au mercredi 4 novembre, à 4 heures du matin ». « Cette date, ajoute l’Orient-le Jour, pourrait comme les précédentes, avoir pour objectif d’accentuer la pression sur les Iraniens dans le cadre d’une guerre psychologique. Mais elle pourrait également signifier que le président américain envisage réellement de lancer une vaste opération militaire, en coopération avec Israël. » L’éventualité de frappes américaines apparaît crédible, d’autant que, selon l’Orient-le Jour, « sur le plan international et diplomatique plusieurs pays de la région ont commencé à prendre des dispositions en prévision d’un éventuel déclenchement de la guerre, notamment en préparant des plans d’évacuation ». À lire aussiMidterms : l’Amérique peut-elle freiner Trump? Le quotidien libanais ne le dit pas mais mais ces frappes qui seraient prévues le 4 novembre, auraient donc lieu au lendemain des élections de mi-mandat aux États-Unis. Elections qui s’annoncent périlleuses pour les candidats républicains, en raison notamment, des conséquences de la guerre contre l’Iran. Manifestations et fête d'Halloween En France, troisième journée de mobilisation sociale ce samedi… Et après le 17 octobre, journée de manifestation émaillée de scènes de pillages, le gouvernement met en garde contre de nouvelles violences. « L’exécutif joue à se faire peur », annonce Libération, qui cite le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez : « On ne tolérera aucun débordement. » La journée pourrait être longue, car elle se prolongera par la soirée d’Halloween, et selon les autorités, « de nombreux appels à rassemblements pour la fête d’Halloween ont été détectés sur les réseaux sociaux, émanant de la mouvance d’ultragauche, l’extrême gauche radicalisée et de certains sites de gilets jaunes radicalisés », « dans de nombreuses villes de France ».   Mais pas question de faire la fête dans la rue. Le ministre de l’Intérieur a prévenu : la Fête d’Halloween ne sera pas « un motif légitime pour se dissimuler le visage dans l’espace public, pour commettre des troubles à l’ordre public ». L’exécutif redoute une « nuit des ténèbres », assure le Parisien, alors que le Figaro parle d’un « nouveau samedi de tous les dangers pour l’exécutif » et cite les prévisions alarmantes d’un « analyste du Renseignement », selon lequel « nous entrons dans un cycle de violence qui peut se prolonger au moins jusqu’à l’élection présidentielle et qui préfigure ce que pourrait être le grand chaos post-2027 ».

  6. Oct 29

    À la Une: l’impasse politique en Israël

    « Ces élections en Israël étaient historiques, les enjeux cruciaux, le pays à la croisée des chemins… mais les urnes n’ont pas tranché, s’exclame Le Figaro à Paris. Hier, alors que la quasi-totalité des bulletins de vote déposés la veille par les quelque sept millions d’électeurs israéliens avaient été dépouillés, aucun parti n’était en mesure de s’imposer pour prendre la tête d’une majorité. » Alors quelle issue à ce scrutin ? Pour le Jerusalem Post, une seule solution : « Netanyahu, Eisenkot et l’ancien Premier ministre Naftali Bennett devraient s’asseoir ensemble et discuter. Ces trois hommes se sont affrontés pendant des mois lors de campagnes électorales parfois acharnées. Mais l’opportunité d’un large gouvernement sioniste, évoquée depuis si longtemps, existe bel et bien. Un tel arrangement exigerait des compromis (…). Mais la situation actuelle d’Israël justifie assurément cette tentative, affirme le quotidien israélien. Le pays doit encore faire face aux conséquences du massacre du 7 octobre, aux défis sécuritaires posés par l’Iran et ses alliés régionaux, au fardeau que représentent les réservistes et leurs familles, ainsi qu’aux conséquences économiques de plusieurs années de conflit. » S’allier avec les partis arabes ? Non, rétorque le quotidien d’opposition Haaretz : « Le devoir politique et moral des dirigeants du bloc du changement (emmené par Gadi Eisenkot) est d’entamer immédiatement des négociations avec les chefs des partis arabes. (…) Il ne faut pas laisser la lâcheté et le racisme triompher des élections. (…) 19 sièges à la Knesset : ce chiffre témoigne clairement d’un succès sans précédent de la communauté arabe, qui a voté en masse pour une alliance politique avec les Juifs. » Pour le quotidien de centre-droit Ynet, cité par Le Monde à Paris, « les prochains jours seront décisifs et détermineront si Israël se retrouve une nouvelle fois dans une impasse politique, comme ce fut le cas en 2019, lorsqu’il y avait eu trois élections consécutives. Ou bien si, au contraire, nous approchons du moment où commenceront à apparaître des fissures au sein des blocs et une redistribution des cartes visant à empêcher un nouveau scrutin ». Ce qui est sûr, pointe Le Monde, c’est que « la situation de l’opposition apparaît particulièrement difficile. (…) Malgré le traumatisme du 7-Octobre, la coalition construite contre Benyamin Netanyahu a échoué à convaincre une majorité d’Israéliens. Gadi Eisenkot a certes pris un leadership incontestable au sein de l’opposition, mais son incapacité à porter son propre parti en tête face au Likoud porte un rude coup à ses ambitions ». Vers une reprise des hostilités avec l’Iran ? Alors en attendant de sortir de cette impasse politique, pointe L’Orient-Le Jour à Beyrouth, « durant tout le temps que prendra l’assemblage du puzzle gouvernemental, l’équipe de Netanyahu continuera d’assurer l’expédition des affaires courantes. Et si certaines prérogatives – notamment budgétaires - lui seront retirées en tant que Premier ministre par intérim, il sera toujours maître des décisions touchant à la sacro-sainte sécurité, cette hantise d’Israël ». Alors, attention, prévient le quotidien libanais, « barricadé dans son providentiel mais éphémère purgatoire institutionnel, il n’en deviendra que plus imprévisible et dangereux. Netanyahu brûle d’en découdre à nouveau avec l’Iran, et même d’en renverser le régime, mais attend que Trump se décide à lui donner le feu vert ».  En effet, rebondit le Guardian à Londres, « le plus grand danger est que désormais Netanyahu pousse Donald Trump à une nouvelle offensive contre l’Iran après les élections de mi-mandat, voyant dans une guerre permanente son salut politique ». Cette offensive, elle serait déjà dans les tuyaux, à en croire le Wall Street Journal. Le Wall Street Journal qui rapporte que les États-Unis ont averti leurs partenaires du Moyen-Orient de « se préparer à une campagne militaire courte et intense contre l’Iran, immédiatement après les élections de mi-mandat du 3 novembre ». Netanyahu, lui aussi, a réaffirmé le soir des élections qu’il avait une chance historique « de mettre fin, avec son ami Trump, à la menace de Téhéran ». C’est ce que pointe la Repubblica à Rome, qui rappelle en effet « qu’en Israël, juridiquement, un gouvernement sortant conserve le pouvoir de décider d’engager ou non une guerre ».

  7. Oct 26

    À la Une: au Brésil, Lula réélu pour un quatrième mandat

    « Un revirement de situation sans précédent », s’exclame O Globo. Luiz Inacio Lula da Silva recueille près de 4 millions et demi de voix de plus que son adversaire Flavio Bolsonaro, pourtant donné favori. « Après sa victoire, Lula affirme qu’il gouvernera pour l’ensemble des 215 millions de Brésiliens », pointe le journal. « À 80 ans, le candidat du Parti des travailleurs devient président pour la quatrième fois », constate Fohlia de Sao Paulo, mais attention prévient le quotidien, « Lula devra réorienter sa politique et notamment maîtriser les déficits publics. » En effet, renchérit Estadão, « Lula devra trouver des marges de manœuvre budgétaires pour tenir les promesses faites dans la dernière ligne droite de la campagne. » « Un quatrième mandat qui s’annonce compliqué » Une élection largement commentée par la presse internationale : « Grosse surprise au Brésil, lance La Nacion à Buenos Aires : Milei perd le partenaire qu’il espérait. » « La réélection de Lula au Brésil freine le virage à droite de l’Amérique latine », relève le Washington Post. « Pour Lula, un quatrième mandat qui s’annonce compliqué, note Le Monde à Paris, sans majorité au Congrès et sous la pression de la société civile. » En effet, renchérit El Pais à Madrid, « le président Lula, qui fêtera ses 81 ans demain, entame un quatrième mandat qui ouvre la voie à une succession au sein de la gauche et qui le contraint à répondre à un mécontentement face auquel ses anciennes formules ne sont plus efficaces. »

  8. Oct 24

    À la Une: un attentat «terroriste» et «raciste» en banlieue parisienne

    « Cette attaque a fait un mort et cinq blessés, dont une fillette de 12 ans, touchée à huit reprises (…). L’auteur de la fusillade a été très rapidement interpellé par les policiers », précise le Figaro. « Un attentat terroriste raciste », a déclaré Emmanuel Macron. « Un attentat à connotation raciste, probablement islamophobe », estime Ali Rabeh, le maire de Trappes, où les faits se sont déroulés. Le journal Le Monde s’est rendu sur place et constate : « Comme le maire de la ville Ali Rabeh, les habitants rencontrés par Le Monde voient dans l’attaque qui a tué et blessé plusieurs passants dans les rues des Yvelines, vendredi matin, la conséquence de discours qui font des musulmans et des populations d’origine africaine les responsables de tous les maux du pays. » Interrogé par le quotidien français, Moussa Diaby, un commerçant de 32 ans, explique : « À force de dire que les problèmes de la France sont les musulmans, les Noirs et les Arabes, ce qu’on vient de vivre, c’est la suite logique. » « Les habitants rencontrés, poursuit le Monde, craignent que le tireur soit présenté comme "un fou" et que le mobile raciste ne soit finalement pas retenu » . « D’ailleurs le maire de Trappes a vivement regretté que le président de la République n’ait pas qualifié "l’attentat" d'"islamophobe" », explique encore le Monde. Nouvelle journée de mobilisation Cet attentat vient alourdir le climat déjà pesant sur la France, après les manifestations du 17 octobre, émaillées de nombreuses scènes de pillage, et alors que de nouvelles manifestations sont prévues aujourd’hui. Le 17 octobre : une journée qui a suscité une grande émotion et un grand retentissement médiatique. Deuxième acte de cette mobilisation sociale, ce samedi. « La France face au défi du maintien de l’ordre, titre le Parisien, 70 000 policiers et gendarmes vont être dispersés sur tout le territoire (…) pour éviter le fiasco du 17 octobre », les forces de l’ordre ayant été, ce jour-là, totalement débordées. Mais pour Libération, cette « journée de mobilisation » va se dérouler dans « un climat de répression ». « Les autorités, juge le quotidien français, ont opté pour la voie sécuritaire et la restriction des libertés, en laissant toute latitude aux préfets d’interdire localement les manifestations de façon préventive. » Le Figaro, faisant allusion à Emmanuel Macron, parle d’une « fin de règne à risque ». « La semaine dernière, poursuit le quotidien, la France a été livrée aux pilleurs et aux casseurs (…) Hier, c’est le terrorisme qui a fait son retour (…) Le président a fini par annuler son voyage en Afrique, la semaine prochaine ». « Encore 176 jours à tenir, seul face à son impopularité. Une fin de règne à risque, sans fleurs ni couronne », conclut le Figaro. Des démocrates pleins d'espoir Aux États-Unis, les élections du mi-mandat, le 3 novembre, approchent, et les démocrates se préparent à reprendre le pouvoir au Congrès, ou l'espèrent-ils. Et, comme nous l’explique le New York Times, « ils élaborent un plan pour démanteler le programme de Trump ».   Selon le quotidien américain, « les Démocrates sont de plus en plus confiants à l’idée de remporter la Chambre des représentants et ils espèrent obtenir la majorité au Sénat. » Quel est leur programme ? Ils ne manquent pas d’idées. Ils prévoient « le rétablissement des subventions aux soins de santé et des ressources de MedicAid, la fin des droits de douane imposés par Donald Trump et la fin de la guerre contre l’Iran ». Prudence toutefois, car rien n’est encore, explique le New York Times : « Les Républicains conserveront très probablement la possibilité de bloquer les projets de loi au Sénat. De plus, Donald Trump conservera son droit de veto. » L'avenir des États-Unis ne s'écrira donc sans doute pas selon les seuls désirs des démocrates.

Ratings & Reviews

4.2
out of 5
5 Ratings

About

Panorama de la presse internationale sur les sujets d’actualité du jour. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet.

More From RFI

You Might Also Like