Revue de presse internationale

Panorama de la presse internationale sur les sujets d’actualité du jour. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet.

  1. 21h ago

    À la Une: l’Ukraine est-elle en train de prendre le dessus face à la Russie?

    Pour Le Figaro à Paris, la réponse est… oui. « Pour la première fois depuis l’été 2024, affirme le journal, la dynamique est en faveur de Kiev, qui a repris quelque 400 kilomètres carrés au printemps et étrangle la Crimée, pendant que Moscou s’épuise dans le Donbass pour des gains minimes. » Le Figaro qui s’appuie sur des données fournies par le CSIS, le Centre d’études stratégiques et internationales et l’ISW, l’Institut pour l’étude des guerres. Commentaire du Figaro : « En Ukraine, le vent de la guerre a tourné. (…) La situation a radicalement changé sur le terrain depuis le mois de janvier. L’Ukraine a porté la guerre sur le territoire russe, frappant les raffineries et les entrepôts, à Moscou, à Saint-Pétersbourg et jusque dans l’Oural. Sur le front, poursuit le journal, les forces du Kremlin grignotent bien quelques kilomètres et mènent des infiltrations dans le Donbass, mais au prix de pertes colossales (le ratio est d’un pour huit en faveur des Ukrainiens). Poutine perd plus de soldats en Ukraine qu’il ne parvient à en recruter. Et, pour la première fois depuis le début de la guerre, l’offensive de printemps du "tsar" se solde par un gain net de territoire pour l’Ukraine. » Toutefois, tempère Le Figaro, « la guerre n’est pas gagnée pour autant pour Kiev. Loin de là, même si certains commencent à entrevoir la possibilité d’une victoire. Mais le vent a bel et bien tourné. Et il souffle en pleine face contre Poutine, qui poursuit sa fuite en avant, envers et contre tout (…). Alors que l’Ukraine est devenue le rempart d’une Europe qui se réarme, il est de plus en plus évident que son aveuglement mènera le maître du Kremlin dans le mur. » Prudence… Le Soir à Bruxelles est beaucoup moins optimiste… Le Soir qui cite Viktor Kevliouk, expert au Centre pour les stratégies de défense, un laboratoire d’idées basé à Kiev : « C’est toujours la Russie qui détermine où, quand et dans quel format les affrontements vont se dérouler, affirme-t-il, et l’Ukraine ne fait que réagir. Les dernières opérations ukrainiennes d’ampleur sur le front s’apparentaient à des contre-attaques pour endiguer des progressions, et non à des offensives à proprement parler. Le niveau des pertes russes (tués, blessés et prisonniers cumulés) ne doit pas être considéré comme le signe d’un tournant dans la guerre, ajoute Viktor Kevliouk. Ces pertes ne dépassent que légèrement le recrutement mensuel. » Autre analyste cité par Le Soir : le chercheur ukrainien Mykola Bielieskov. D’après lui, si « l’Ukraine multiplie les frappes sur le territoire russe pour affaiblir l’économie, en visant d’abord le secteur pétrolier et commercial, ces opérations ne produisent pas encore d’effet sur le front. » La propagandiste russe Xenia Fedorova indésirable en France À la Une également, l’arrêté d’expulsion contre la propagandiste russe Xenia Fedorova… Décision des autorités françaises. « Comment et pourquoi un tel dénouement, après des mois d’atermoiements ? », s’interroge Le Monde. « La pression exercée par les médias y est pour beaucoup, à en croire une note publiée par le Quai d’Orsay. Depuis plus d’un an, le virage prorusse des médias Bolloré soulevait des questions. Tout comme la propagande de plus en plus militante de Xenia Fedorova, qui déroulait les contre-vérités du Kremlin sur CNews, Europe 1 et dans une chronique du JDNews. » « Fin de partie donc pour Xenia Fedorova ? Il serait plus que temps, s’exclame Libération. En mai, devant les actionnaires du groupe Canal+, le président du directoire, Maxime Saada, estimait que la présence sur CNews de l’ancienne patronne de la chaîne de propagande russe RT était un enjeu de "liberté d’expression", qu’elle était "journaliste oui, agent non". Les services français ont pourtant estimé le contraire, pointe le journal. Noir sur blanc, il est écrit que la Russe s’inscrit "comme un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes". » « La journaliste peut-elle vraiment être expulsée vers la Russie ? », s’interroge Le Figaro. Le Figaro qui pointe le fait qu’ « en théorie, l’État peut sans attendre mettre en application la mesure, mais qu’aucun avion ne vole vers Moscou… » Réponse de Libération : « Rien n’empêche la Russie de rapatrier sa ressortissante désormais privée de la possibilité de travailler et assignée à résidence. Rien n’empêche non plus Xenia Fedorova de partir d’elle-même. Vincent Bolloré pourrait peut-être lui payer le voyage. »

  2. 1d ago

    À la Une: deux Z dans les journaux, Zelensky et Zidane

    On commence par le premier… Quelle est loin l’humiliation subie par le président ukrainien dans le bureau ovale en février de l’année dernière… Mardi 28 juillet, à Washington, relève Le Monde à Paris, « Volodymyr Zelensky a soigné sa nouvelle relation avec Donald Trump et a décroché une victoire au Sénat américain », avec le vote pour l’extension des sanctions contre la Russie. En effet, pointe le journal, « le ton a radicalement changé. Donald Trump lui-même s’en étonne. "On a vraiment une bonne relation. Difficile à croire, non ?", commentait-il, début juillet, depuis le sommet de l’Otan, à Ankara, où les deux hommes ont été vus riant ensemble ». Et Le Monde de s’interroger : « Est-ce le penchant naturel de l’Américain à mépriser les "losers" (les perdants) et à admirer les "winners" (les gagnants) qui l’a obligé à regarder Kiev différemment ? Est-ce l’admiration pour les prouesses technologiques de l’armée ukrainienne, devenue une référence dans la fabrication de drones tueurs ? Ou est-ce l’agacement de constater que Vladimir Poutine n’a aucune volonté réelle de négocier la paix qu’espère tant le président des États-Unis ? ». En tout cas, poursuit le journal, « ces derniers mois, alors que l’Ukraine reprenait l’ascendant psychologique, résistant sur le champ de bataille, torpillant les infrastructures pétrolières russes et encerclant la Crimée, Donald Trump a cessé de voir en Volodymyr Zelensky un "dictateur" ayant réussi à embobiner son prédécesseur, Joe Biden, pour obtenir du matériel militaire. Le milliardaire loue désormais "le boulot incroyable" que le président ukrainien accomplit et promet de l’aider ». En position de force Le Washington Post renchérit : « Cette fois-ci, Zelensky est arrivé à Washington en position de force. Le Sénat s’est mobilisé pour faire adopter de nouvelles sanctions contre la Russie. Laura Loomer, blogueuse pro-Trump influente qui, la semaine dernière, avait renié des années de critiques lors d’un long séjour à Kiev, a publiquement apporté son soutien à l’Ukraine. (…) "Je me sens vraiment mal d’avoir minimisé les souffrances des Ukrainiens ces cinq dernières années", a-t-elle affirmé avant de poursuivre : "nous avons été tellement manipulés par la propagande russe sans même nous en rendre compte" ». Enfin, croit savoir le Washington Post, « les envoyés spéciaux de Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, pourraient bientôt effectuer leur premier voyage à Kiev ». La consécration pour Zinédine Zidane Un certain Zinedine Zidane également à la Une… « Une passion française », s’extasie L’Equipe en première page avec cette photo du nouveau sélectionneur de l’équipe de France de football, tout sourire. Lui qui habituellement a l’air « renfrogné », estime pour sa part le Wall Street Journal. Non, hier, pour Zidane, c’était la consécration : « Zinédine Zidane à la tête des Bleus, une évidence enfin concrétisée », relève Le Temps à Genève : « Ils étaient faits l’un pour l’autre mais ont mis vingt ans à se retrouver. Hier, l’ancien numéro 10 de l’équipe de France a officiellement été nommé au poste de sélectionneur, après avoir patienté longtemps, dans l’ombre de Didier Deschamps ». En effet, pointe Libération, « après quatorze ans d’attente, l’ancien meneur de jeu succède à Didier Deschamps avec l’ambition de prolonger les succès des Bleus, dans un contexte où la FFF mise autant sur son aura que sur ses qualités d’entraîneur ». « Car il l’a avoué, souligne Le Parisien : pendant cinq ans, depuis son départ du Real Madrid en 2021, l’ancienne gloire des Bleus n’attendait que ce moment. Les propositions n’ont pas manqué, il les a toutes balayées. Son envie était dirigée vers une seule destination : l’équipe de France, qui l’a vu passer des minimes aux A avant qu’il ne devienne l’idole de tout un peuple un soir de 12 juillet 1998 contre le Brésil ». Hier midi, après sa conférence de presse, relate Le Figaro, « sous le soleil parisien, Zizou sort boulevard de Grenelle et s’offre un bain de foule face aux supporteurs des Irrésistibles et aux nombreux badauds présents pour l’occasion. Même les CRS profitent de l’instant et prennent des photos. Du jamais vu dans l’histoire de la FFF. Après un déjeuner avec le président pour régler des dossiers, la star du jour quitte les lieux. Des étoiles plein les yeux. La magie a opéré. Prochain rendez-vous à la rentrée. L’ère Zinédine Zidane est lancée ».

  3. 2d ago

    À la Une: la guerre du feu n’est pas terminée

    Après des jours et des jours de combat contre les mégafeux qui frappent la France et l’Espagne, la bataille est loin d’être gagnée, même si on observe quelques répits ici ou là. C’est désormais, « la course contre la montre », dans les deux pays, relève le Guardian à Londres : « en France et en Espagne, les pompiers s’efforcent de maîtriser les immenses feux de forêt avant une nouvelle vague de chaleur qui devrait débuter ce mardi, qui compliquera encore davantage les efforts déployés pour dompter les flammes. (…) Pour leur part, pointe encore le quotidien britannique, des responsables de l’Union européenne ont affirmé que les feux de forêt pourraient se poursuivre jusqu’à début novembre, au cours de ce qui menace d’être une année record en termes de superficie détruite ». « C’est la course contre la montre », s’exclame également El Pais à Madrid. « Les prochaines 24 heures sont critiques avant la vague de chaleur qui devrait durer jusqu’à dimanche. (…) Le Premier ministre, Pedro Sánchez, a averti : "des heures difficiles nous attendent". (…) D’ores et déjà, les incendies à Madrid, Ávila et Tolède ont contraint plus de 90 000 personnes à quitter leur maison ou à se confiner ». Quand la politique s’en mêle… En France, le débat sur les incendies prend une tournure politique… Avec Le Figaro qui dénonce les injonctions de l’État et qui en appelle à la responsabilité individuelle : « trop souvent, affirme le quotidien de droite, les pouvoirs publics et les législateurs découragent ceux qu’ils devraient soutenir à coups d’interdits, de règles et de normes, jusqu’à produire des injonctions contradictoires : ici, il faudrait débroussailler pour prévenir les incendies ; là, une autre règle vient interdire ce même débroussaillage au nom de la biodiversité… À force de vouloir tout contrôler, de ne jurer que par l’assistanat, on finit par décourager ceux qui veulent agir. N’est-il pas temps d’inverser cette logique ? », s’exclame Le Figaro. « De faire confiance avant de contraindre, d’encourager avant d’assister, de responsabiliser plutôt que de tenir chacun par la main ? »  Effort national et européen ? Autre point de vue pour Le Monde qui estime qu’une « réponse nationale et européenne » est « indispensable. (…) Les événements climatiques extrêmes qui se répètent à un rythme de plus en plus soutenu obligent à une adaptation accélérée des politiques publiques, affirme Le Monde. Ces dernières doivent porter leurs efforts sur la planification écologique. (…) Créer, par exemple, une structure capable de gérer l’ensemble d’une crise, y compris ses conséquences sanitaires, et inciter l’industrie aérienne européenne à produire ses propres avions bombardiers d’eau. Car tous les scientifiques l’affirment : les catastrophes qui scandent l’été 2026 sont amenées à se répéter et à s’intensifier ». Repenser… Pour Libération, « il faut écouter avant de repenser » : « il faut écouter, et entendre, ce désespoir diffus qui perce dans les nombreux témoignages en Gironde. (…) Il faut les entendre, ces spécialistes qui répètent que la gestion des crises, aussi bonnes soient-elles, ne suffit plus. (…) Il faudra sans tarder repenser la protection des massifs boisés, qui représentent plus d’un tiers de notre territoire. Penser aux pare-feu comme des outils de prévention, et non de réaction, reconsidérer le pastoralisme, le maraîchage, l’instauration de ceintures vertes autour des habitations pour les protéger. Il faudra écouter ceux qui savent, ceux qui vivent dans ces lieux, et engager une réflexion profonde sur nos paysages en lien étroit avec la collectivité humaine ». « Les voix les plus critiques du moment auraient-elles fait mieux si elles avaient été au pouvoir ? » Enfin, Le Temps à Genève, estime que « le débat en France sur les feux vire au populisme. (…) La violence des critiques tranche avec le besoin d’unité que devrait provoquer ce genre de drame », affirme le quotidien suisse. Certes, reconnait-il, « l’exécutif a des comptes à rendre. Il doit organiser à l’avance sa réaction face à de telles situations prévisibles au vu du réchauffement climatique. Mais, s’interroge Le Temps, les voix les plus critiques du moment auraient-elles fait mieux si elles avaient été au pouvoir ? Auraient-elles fait ou ne serait-ce que permis d’autres arbitrages budgétaires avec les finances publiques en crise qui sont celles de la France ? (…) Parions qu’à l’automne, quand les chaleurs estivales seront oubliées, ces politiciens seront passés à autre chose. Et que quand les débats budgétaires arriveront, ils seront de retour à la défense bornée de leurs stricts intérêts électoraux immédiats, qu’ils soient sociaux ou fiscaux ».

  4. 3d ago

    À la Une: comment lutter contre les méga-feux?

    Forêts en flammes, ruines noircies, pompiers en action, habitants hagards… Les photos se suivent et se ressemblent ce matin dans la presse européenne. C’est « le plus grand incendie de notre histoire », s’exclame El Pais à Madrid, et « il continue de faire rage. » Le feu qui embrase la province d’Avila aux portes de la capitale espagnole a déjà ravagé 50 000 hectares. En France, relève Le Parisien, « plusieurs incendies massifs sont toujours en cours dans le sud : dans les Landes, le Var et surtout en Gironde où le feu continue de se diriger vers Bordeaux. Plus de 250 000 personnes ont, pour l’heure, été évacuées dans l’Hexagone ». Impuissants ? Alors, « le feu fascine et terrorise, pointe Le Figaro. Devant le spectacle des flammes immenses qui forment une danse macabre entre les arbres, chacun se sent tout petit et hypnotisé à la fois. L’homme a conquis l’espace, vaincu bien des maladies, il a créé une intelligence plus efficace que la sienne. Mais devant cet élément, le feu, comme devant l’eau (les inondations), ou la terre (les séismes), il est soudain ramené à sa simple mesure : que pèse-t-il devant la nature déchaînée ? Il n’est pas de taille, au moins à court terme. Alors sommes-nous impuissants ? », s’interroge Le Figaro. « Les incendies de l’été ont de quoi faire réfléchir : 90 % des départs de feu sont d’origine humaine : imprudence, inconséquence et, hélas, aussi parfois acte volontaire d’un pyromane. Les conséquences écologiques, économiques, humaines sont dramatiques. Tous les coupe-feu et tous les accès à l’eau resteront dérisoires si chacun ne prend pas conscience d’une chose : la beauté et la richesse des régions françaises sont entre nos mains. Pas seulement celles des pouvoirs publics : les nôtres ». Pessimisme ? « Que se passera-t-il après ? », s’interroge justement Libération. Saurons-nous prendre la mesure de cet événement estival 2026 ? Ou est-ce que le chœur qui entonnera comme d’habitude un "plus jamais ça" sera vite étouffé par les chants des sirènes qui préféreront repartir comme en 40. (…) L’humeur politique n’incite pas à être optimiste sur la capacité de nos dirigeants à penser les évolutions rendues nécessaires par un tel événement, soupire le journal. L’humeur est plutôt à la conservation, voire à la réaction et au repli. Pas top pour penser un avenir différent ». Et une « deuxième question enfonce ce clou un brin pessimiste, poursuit Libération : elle concerne justement ce savoir-faire français quand il s’agit de gérer l’urgence. Cette même machine administrative, ce même appareil d’État, si efficaces depuis quatre jours dans la gestion de l’urgence, seront-ils aussi précieux quand il faudra penser le changement ? » Refondation ? Un changement qui est absolument nécessaire, vital, même, estiment dans les colonnes du Monde, la philosophe Cynthia Fleury et le maire de Saint-Médard-en-Jalles près de Bordeaux, Stéphane Delpeyrat-Vincent : « les incendies qui frappent aujourd’hui le massif des Landes de Gascogne ne sont pas seulement des accidents climatiques, écrivent-ils. Ils interrogent un modèle historique. Cette immense forêt, la plus vaste forêt plantée d’Europe, est une œuvre humaine autant qu’un paysage naturel. Elle est le produit d’une histoire économique, d’un choix d’aménagement, d’une manière de concevoir le territoire. Ce qui brûle aujourd’hui n’est donc pas seulement une forêt, pointent les deux auteurs, mais une manière d’habiter le territoire qui n’est plus possible. Parce qu’elle a été construite, cette forêt peut être repensée. Les mégafeux nous rappellent que la question n’est plus seulement celle de la reconstruction après l’incendie, mais celle de la refondation : quelles essences sont à privilégier pour résister au réchauffement climatique, quelles interfaces entre les espaces habités et les espaces forestiers faut-il préserver, quelles continuités écologiques renforcer ? » « Le feu, un problème d’État », renchérit El Mundo à Madrid. « Le climat évolue rapidement et les pays méditerranéens sont particulièrement vulnérables à cette transformation, ce qui nous oblige à nous préparer à un nouveau type d’incendie jusqu’alors inconnu. Cela exige une action sur plusieurs fronts, estime le quotidien espagnol, de la gestion des terres à l’utilisation de technologies de pointe, action qui ne peut être menée à bien qu'avec un leadership étatique efficace et une coopération sans faille entre tous les niveaux gouvernementaux ».

  5. 5d ago

    À la Une: la France et l’Espagne frappées par des feux gigantesques

    Quasiment toute la presse européenne se fait l’écho de ces incendies hors de contrôle. « Plus de 200 000 personnes fuient ou se confinent face aux incendies qui ravagent la France et l’Espagne », titre le Guardian. Le quotidien britannique souligne que « les deux pays ont sollicité l’aide de l’Union européenne ». Le Soir, à Bruxelles, explique « que le sud de l’Europe se bat contre des méga-feux et que les autorités locales et les pompiers semblent débordés par l’ampleur de ces incendies liés à la sécheresse et aux fortes chaleurs ». En Espagne, El País a suivi un couple de personnes âgées, Mohamed Chara et Asia Bakuri. Ils ont attendu « la dernière minute » pour quitter leur maison, à Chapineria, car ils ne trouvaient pas leur chat pour l’emmener avec eux. Ils ont pourtant reçu un message d’alerte sur leur téléphone : « En raison des incendies de forêts qui ravagent la Communauté de Madrid, tous les habitants de Chapineria doivent évacuer la commune ».  Mohamed Chara et Asia Bakuri sont finalement les derniers à quitter leur village, non sans avoir rempli une gamelle d’eau et laissé de la nourriture pour le chat. En France, Libération a rencontré Nathalie, une jeune femme évacuée du Cap Ferret par bateau, qui « serre fort son bébé contre elle ». « Émue, raconte le journal, elle promet que si ses enfants vont bien, le pire sera évité ». Mais elle ajoute : « Je pense aussi à la nature et à tous ces animaux qui vont périr dans les flammes ». À lire aussiIncendies en France: Emmanuel Macron demande l'activation du mécanisme de protection civile de l'UE « Situation cataclysmique » L’inquiétude est montée d’un cran ces dernières heures en France. « Les flammes s’approchent de Bordeaux [grande ville du sud-ouest du pays], de nouvelles évacuations sont ordonnées dans des communes proches », titre le Monde. « Il aura suffi que le vent tourne pour faire basculer la crise, explique le quotidien français. L’incendie a commencé à progresser vers Bordeaux. Une vingtaine de kilomètres et plusieurs communes le séparent encore de la métropole et ses plus de 850 000 habitants », un pompier parle de « situation cataclysmique ».   Emmanuel Macron a annoncé le renfort de deux Canadairs croates et de deux Air Tractor portugais. Qu’en est-il des moyens français ? Le Monde révèle que « selon un document de la sécurité civile qu’il a pu consulter, faisant la synthèse de la lutte contre les incendies sur le territoire, au matin de vendredi, seuls cinq des douze Canadairs de la flotte française étaient opérationnels pour la journée ». Quant aux prévisions des spécialistes, elles ne rendent pas optimiste. Libération a interrogé Julien Ruffault, chercheur à l’INRAE, institut de recherche sur l’agriculture, l’alimentation et l’environnement. Il nous explique que « 2026 nous fait rentrer dans un nouveau référentiel face aux incendies. Il est tout à fait possible, dit-il, que les conditions exceptionnelles de 2022 et 2026 ne soient rien par rapport à ce qui nous attend en 2050 ».  À lire aussiEn Espagne, les incendies de Madrid et d’Avila toujours hors de contrôle Vu de loin Cette situation cauchemardesque attire aussi l’attention loin de la France et de l’Europe. Le New York Times annonce en Une que « les incendies de forêts en France et en Espagne, forcent des dizaines de milliers de personnes à quitter leurs foyers ». Annonce accompagnée d’une vidéo montrant un pompier qui tente, avec sa lance à eau, d’éteindre des flammes qui ravagent la forêt. En Inde, c’est le Times of India, qui s’intéresse à la situation en France et en Espagne. Concernant la France, le journal, détaille, commune par commune, les évacuations en cours. Il faut dire que l’Inde est particulièrement concernée par les chaleurs extrêmes et le changement climatique. Le Times of India remarque toutefois que l’Europe n’est pas très bien lotie non plus. Il nous rappelle en effet que « l’Europe se réchauffe à un rythme presque deux fois supérieur à la moyenne mondiale ». À lire aussiEN DIRECT – Incendies en France: près de Bordeaux, sept nouvelles communes évacuées face à un feu d’«ampleur inédite»

  6. 6d ago

    À la Une: la guerre continue à Gaza, malgré le cessez-le-feu

    La guerre continue à Gaza, mais elle ne fait plus les gros titres de la presse internationale. Alors des Palestiniens se mobilisent : « Ils lancent une campagne en ligne pour rappeler au monde que le cessez-le-feu à Gaza est une illusion », titre Haaretz. Le journal d’opposition israélien rappelle ainsi que « depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en octobre dernier, environ 1 127 personnes ont été tuées ». Des journalistes et des militants palestiniens ont donc lancé une campagne intitulée « Ils vous ont menti », « apparue pour la première fois sur les réseaux sociaux en anglais et en arabe, le 16 juillet ». Depuis, précise Haaretz, « des milliers de publications ont inondé les réseaux sociaux, notamment des vidéos et des témoignages de journalistes, de travailleurs humanitaires, de créateurs de contenu et d’habitants de Gaza ». Parmi ces témoignages, celui de Renad Attalah, une fillette de 12 ans, qui lance un appel sur Instagram : « La Coupe du Monde est terminée. Il y a de la place pour parler des choses importantes ». Autre témoignage, celui de Sujood, une mère de quatre enfants, âgée de 32 ans qui, le 14 juillet dernier, se trouvait « dans la tente familiale (près de Rafah) lorsque les forces israéliennes ont ouvert le feu sur les tentes voisines ». « Nous avons entendu des coups de feu, raconte-t-elle. J’ai serré mes enfants contre moi et les gens ont commencé à crier et à chercher un endroit où se cacher ». Ce jour-là, précise Haaretz, « quatre Palestiniens ont été tués, dont Mu’taz Abou Sha’ar, un garçon âgé de dix ans, abattu dans la tente de déplacés de sa famille. Son père et son frère avaient déjà été tués, la mère est endeuillée par la perte d’un autre membre de sa famille ».  Donald Trump perd patience C’est à la Une du Wall Street Journal : « Trump perd patience face à la guerre contre l’Iran, une guerre sans perspective de fin ». « Le président, explique le quotidien américain, est devenu sceptique à l’égard de la diplomatie. Il est en mode "vengeance" contre Téhéran ». C’est en tout cas ce qu’affirme un haut responsable de l’administration américaine.   « Donald Trump était tellement "enthousiaste", le mois dernier, à l’idée de signer un accord avec Téhéran pour la réouverture du détroit d’Ormuz, qu’il a balayé d’un revers de main les arguments de ses alliés républicains qui affirmaient que les Iraniens ne respecteraient jamais cet accord », dit encore un haut responsable de l’administration. Résultat, remarque le Wall Street Journal, « le président est de plus en plus frustré, alors que la guerre entre dans son cinquième mois, et qu’il pensait la terminer en quelques semaines ». Et son entourage « craint que la guerre en Iran – qui a entraîné une hausse des prix, une baisse de sa popularité et la mort de plus d’une douzaine de soldats américains, n’accapare sa présidence, et ne compromette les perspectives déjà sombres des Républicains lors des prochaines élections de mi-mandat ».  Le cauchemar recommence En France, la presse est sous le choc, alors que des incendies gigantesques se multiplient dans le sud-ouest du pays. À la Une de Libération : une photo pleine page d’arbres qui semblent bien fragiles, dévorés par les flammes. « Ça fait peur », titre le quotidien français. Il rappelle qu’il y a quatre ans, le Bassin d’Arcachon avait déjà été durement frappé par les incendies de forêt. « Quatre ans plus tard, le cauchemar recommence », remarque Libération. « C’est un peu comme ça qu’on imagine la fin du monde », souligne le journal le Monde, « une chaleur étouffante, mais sans soleil. Ou plutôt avec un soleil pâle, impuissant à percer le rideau de fumée, gris, opaque, qui enveloppe tout ». Autre description, celle fournie par Le Figaro : « Les pins qui brûlent, les habitants évacués, les cendres en suspens, les vacanciers désemparés, les pompiers à bout de forces ».   Heureusement, jusqu’à présent, pas de victime. Mais des milliers de personnes ont été évacuées et des milliers d’autres doivent encore l’être.

  7. Jul 23

    À la Une: l’Inde face aux manifestations d’étudiants

    Hier mercredi encore, un rassemblement a eu lieu dans la capitale indienne New Delhi. Elle a été dispersée à coups de grenades lacrymogènes par les forces de l’ordre. « Il s’agit là du troisième jour consécutif d’affrontements entre manifestants et forces de l’ordre », écrit India Today. Le mouvement de protestation a débuté le 20 juin dernier, rappelle le média, à cause de l’annulation de l’examen passé par plus de deux millions d’étudiants qui souhaitaient faire des études de médecine. L’examen a été entaché de fraude. Les aspirants médecins ont dû le repasser, de quoi susciter la colère de la jeunesse indienne qui appelle à la démission du ministre de l’Éducation Dharmendra Pradhan. Le mouvement a pris une telle ampleur que Narendra Modi est sorti de son silence. Ce jeudi matin, le Premier ministre indien a annoncé « la création de tribunaux aux procédures accélérées pour garantir des sanctions "rapides" et "strictes" pour les personnes impliquées dans les fuites de sujets d’examen », rapporte toujours India Today. Le « parti des cafards » Ce mouvement de contestation porte un nom, le « parti des cafards ». Il est né en réaction à un commentaire du chef de la Cour suprême indienne qui « a comparé les jeunes chômeurs indiens à des "cafards" et à des "parasites" », explique le Time. Malgré la répression policière des rassemblements, le mouvement, loin de faiblir, « pourrait s’intensifier », estime le Times of India qui s’interroge : « Le gouvernement a-t-il mal évalué son impact ? » Ces manifestations « ne concernent pas un seul examen mais la lente accumulation de déception au sein de la jeunesse indienne », poursuit le quotidien. « Environ la moitié des habitants de l’Inde ont moins de 30 ans, indique El Pais. Pour eux, "l’éducation est sacrée" car l’accès aux meilleures écoles ou universités est le seul moyen "d’échapper à la classe sociale défavorisée dans laquelle ils sont nés" », précise une chercheuse interrogée par le journal. De quoi déclencher l’une des plus graves crises auxquelles Narendra Modi, au pouvoir depuis 2014, ait été confronté. Vague de chaleur à Gaza Dans la presse également, Gaza où les habitants souffrent de la chaleur. Pour le troisième été consécutif, les Gazaouis subissent un « enfer », « des conditions de vie caniculaires dans les camps de tentes », écrit le journal israélien Haaretz. La chaleur aggrave la crise humanitaire qui sévit dans l’enclave depuis trois ans. « Près d’un million de personnes vivent sous des tentes » à Gaza, soit la moitié de la population de l’enclave palestinienne. Et la situation devrait encore s’aggraver avec « des températures estivales records », 35 degrés en moyenne. « Les bâches en plastique utilisées pour construire de nombreuses tentes emprisonnent la chaleur et laissent peu de place à l’aération pendant la journée, et il n’y a aucun répit après le coucher du soleil. Les familles endurent sans électricité, ventilateurs ou approvisionnement en eau fiable. » Le site Middle East Online a recueilli le témoignage d’Ibtisam qui raconte son combat quotidien pour trouver de l’eau. Elle vit « sous une tente sur le front de mer avec sa famille » mais « doit traverser la ville de Gaza » pour trouver de l’eau potable. « Les familles font la queue pendant des heures à côté de camions-citernes délabrés pour recevoir quelques litres d’eau, avant de retourner dans des camps de tentes surpeuplés et ravagés par les maladies. » Avant la guerre, la consommation moyenne d’eau était d’environ 85 litres d’eau par personne par jour, contre à peine 4,3 litres aujourd’hui, selon l’ONG Médecins sans frontières. Au Japon, sommeil et polémique Au Japon, le rythme de sommeil de la Première ministre fait polémique. Sanae Takaichi ne dort que trois heures au maximum par nuit, parfois pas du tout, ce qui suscite un débat sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Une polémique qui fait suite à une publication sur les réseaux sociaux à l’issue d’un week-end de trois jours, lundi était férié au Japon. Publication sur X dans laquelle la Première ministre écrit avoir passé tout son week-end à travailler, rapporte le quotidien japonais Mainichi. Mais avoir quand même réussi « à dormir cinq heures d’affilée, ce qui ne lui était pas arrivé depuis longtemps ». Un message qui a suscité des critiques tant dans la majorité que dans l’opposition car cela va à « l’encontre des efforts de réforme des modes de travail », précise le Japan Times, dans un pays où la surcharge de travail est chronique.

  8. Jul 22

    À la Une, le chef d’état-major des armées ukrainiennes remercié

    En Ukraine, le général Oleksandr Syrskyi, chef d’état-major des armées, sera remplacé par Mykhaïlo Drapatyi qui occupait auparavant un poste de militaire de haut rang. Cette décision intervient après six jours de manifestations à Kiev et dans tout le pays. Les rassemblements ont débuté après que le président ukrainien a limogé son ministre de la Défense, « le populaire et réformateur, Mykhaïlo Fedorov », rappelle le Kyiv Independent. Les manifestations se sont petit à petit « transformées en un appel à remplacer Oleksandr Syrskyi », à la tête des armées ukrainiennes. L’ancien ministre de la Défense a salué cette décision : « une bouffée d’air frais et un nouvel espoir » pour la défense du pays, indique le Kyiv Post. Selon le journal, il s’agit là de « l’un des changements les plus importants à la tête des forces armées depuis le début de l’invasion à grande échelle de la Russie ». Deux approches du conflit Un changement qui illustre deux approches du conflit « Pour les partisans de l’ancien ministre de la Défense, cette nomination indique que Volodymyr Zelensky a entendu les appels à une approche plus rapide et davantage axée sur la technologie dans cette guerre », analyse le Kyiv Post. Pour Le Figaro, à Paris, « la crise oppose deux visions de la guerre : les partisans d’une modernisation profonde face aux défenseurs d’une approche plus traditionnelle. Les premiers jugent possible de gagner la guerre en fragilisant le régime russe à coups de frappes en profondeur. Les seconds cherchent à contenir la progression de l’armée russe et ne jugent pas possible de lui infliger une défaite. » Mykhaïlo Fedorov, l’ancien ministre de la Défense, avait « fait des drones l’arme la plus efficace contre l’envahisseur », rappelle El Pais. Fervent partisan de la modernisation de l’armée ukrainienne, le président ukrainien lui a proposé hier un « poste important au sein du gouvernement », rapporte le Guardian. Volodymyr Zelensky n’a pas donné de détail sur la fonction qu’il pourrait occuper mais a affirmé que l’objectif de l’Ukraine restait « de créer sur le champ de bataille les conditions qui obligeraient la Russie à faire la paix. » Érigé en symbole En Italie, un bijoutier érigé en symbole par l’extrême droite. Mario Roggero, 72 ans, a vu la semaine dernière la Cour de cassation confirmer sa peine de 14 ans et 9 mois d’emprisonnement pour homicide volontaire. En 2021, il avait abattu deux voleurs et blessé un troisième homme alors qu’il prenait la fuite après avoir braqué sa bijouterie. « Depuis des années, l’homme est présenté comme le symbole d’une justice trop sévère envers ceux qui se défendent envers les criminels, écrit l’Opinion. Pour le média français, l’affaire est devenue « l’objet d’une véritable compétition au sein de la majorité. Matteo Salvini lui a rendu visite en prison, [son parti] la Ligue envisage de le présenter aux prochaines élections, une hypothèse pourtant impossible puisque le bijoutier a été condamné à l’inéligibilité perpétuelle […]. [La première ministre italienne] Giorgia Meloni, soucieuse de ne pas abandonner ce terrain à ses alliés devenus concurrents, a également lancé une collecte de signatures parlementaires en faveur du condamné. » À Rome, l’Association nationale des magistrats dénonce « les menaces, les insultes et les discours de haine » à l’encontre de la justice, rapporte le Corriere della Serra et appelle « ceux qui occupent des fonctions institutionnelles à faire preuve de plus de responsabilité et de prudence dans le choix des mots ». Dans les colonnes de La Repubblica, l’ancien procureur général de Milan fustige une affaire instrumentalisée « à des fins de propagande » et « les principes fondamentaux » du droit sacrifiés. Recrudescence de rougeole Aux États-Unis, le nombre de cas de rougeole atteint un niveau record depuis 35 ans. Cette année, le pays a enregistré le plus grand nombre de cas de rougeole depuis 1991 alors que l’année est encore loin d’être finie. 2 295 cas recensés selon l’université Johns-Hopkins. « Signe que le virus réapparait dans les régions où la couverture vaccinale est faible, précise le site américain Axios. Ce qui menace le statut d’élimination de la rougeole aux États-Unis qui doit être réexaminé en novembre. » Toutes les classes d’âges sont touchées par la maladie, ce qui indique que « certains groupes de personnes ne sont pas vaccinés depuis des générations », indique le Washington Post. En cause, « la méfiance croissante envers les vaccins ».

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Panorama de la presse internationale sur les sujets d’actualité du jour. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet.

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