Chronique des matières premières

Céréales, minerais ou pétrole, les ressources naturelles sont au cœur de l’économie. Chaque jour, la chronique des matières premières décrypte les tendances de ces marchés souvent méconnus.

  1. 2d ago

    Les tensions avec l'Algérie redessinent les performances du blé français à l'export

    La campagne de blé français 2025-2026 touche à sa fin et l'Algérie devrait de nouveau bouder le blé tricolore. La fermeture du marché algérien depuis 2024 force la filière à se tourner vers de nouveaux marchés d'export. Cette année encore, l'Algérie devrait se passer du blé français. Une reprise des importations dans le sillage du début de réchauffement diplomatique en cours entre Paris et Alger pourrait être actée, mais sur des quantités très limitées. L'an dernier, les ventes de blé tendre vers l'Algérie ont été nulles selon les chiffres de France Agrimer, contre une moyenne d'environ deux millions de tonnes par an entre 2020 et 2024. Cette année, les producteurs français espèrent de nouveau exporter en quantité vers le Maroc. Le pays avait accru ses achats d'environ 27% en 2025 en raison d'une sécheresse précoce, mais le Maroc s'attend à une excellente récolte cette année, estimée à 9 millions de tonnes. Rabat pourrait même interrompre ses importations de blé tendre cet été. À écouter aussiLe Maroc pourrait doubler sa production céréalière par rapport à l'année dernière L'Afrique subsaharienne, un marché en croissance ? Comme sur ces dernières années, la Côte d'Ivoire reste la destination phare pour les exportations françaises de céréales. Plus de 540 000 tonnes importées l'an dernier, pour une valeur de 153 millions d'euros contre 140 millions d'euros en 2024. Le Sénégal et la Mauritanie sont également des partenaires réguliers. Or, comme le souligne Maxence Devillers, analyste chez Argus Media, les dynamiques démographiques et les habitudes alimentaires pourraient être plus porteuses à l'avenir pour le marché d'exportation français en Afrique subsaharienne plutôt qu'en Afrique du Nord. À écouter aussiEn Tunisie, les acteurs de l'agro-alimentaire veulent accélérer les échanges intra-africains La filière française du blé se tourne de plus en plus vers l'alimentation animale   Depuis un an et demi, la filière peut compter sur le secteur de l'alimentation animale en Europe pour absorber une partie de sa production. Le blé est désormais plus concurrentiel face au maïs devenant trop cher et trop sensible aux canicules à répétition. Le blé français est de plus en plus exporté pour les élevages vers l'Espagne, les Pays-Bas, l'Italie ou l'Europe du Nord. Les exportations devraient même s'équilibrer pour la première fois entre les exportations hors Europe et les exportations intraeuropéennes. Ce qui serait une première.

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  2. 3d ago

    Les mines de cobalt et de nickel cubaines convoitées par les États-Unis

    La pression américaine s’accroît sur les ressources minières cubaines. La compagnie minière canadienne Sherritt, qui extrait du nickel et du cobalt à Cuba depuis les années 1990, a annoncé en mai dernier la suspension de ses activités sur l’île en raison des nouvelles sanctions de Washington. Une société américaine, appartenant à un ancien conseiller de Donald Trump, s’est positionnée pour un possible rachat. L’entreprise canadienne Sherritt International a annoncé négocier la vente majoritaire de ses actions à Gillon Capital, un groupe d'investissement américain appartenant à la famille de Ray Washburne, ancien conseiller de Donald Trump. Ces négociations interviennent quelques semaines après l'annonce par Sherritt International de la suspension de ses activités à Cuba, où elle produit en coopération avec une société publique cubaine des dizaines de milliers de tonnes de cobalt et de nickel. C’est justement ce partenariat avec l'État cubain qui a conduit à des sanctions de la part du gouvernement américain. Le chef de la diplomatie Marco Rubio a estimé que l’entreprise « exploitait les ressources naturelles de Cuba au profit du régime ». À lire aussiLes entreprises étrangères quittent Cuba sous pression américaine Le nickel et le cobalt cubains ne représentent que 6 à 7 % des réserves mondiales Comme le souligne le cabinet Project Blue, Cuba est un producteur relativement modeste de nickel et de cobalt. En 2025, Cuba représentait environ 1 % de l’offre mondiale de nickel primaire et de produits intermédiaires de cobalt, tandis que l’Indonésie fournissait plus de 65 % du nickel primaire mondial et la République démocratique du Congo environ 68 % de l’offre mondiale de cobalt. Mais Washington ne dispose pas de capacité d’extraction et de raffinage et dépend exclusivement des importations. Pour ce qui est du nickel, le Canada est le principal fournisseur, représentant plus de 65% des importations totales l’an dernier. Les États-Unis ont donc un besoin urgent de diversifier leurs approvisionnements et Cuba est située juste en face des côtes de la Floride. À écouter aussiLes quotas congolais maintiennent le marché du cobalt sous tension Assurer les approvisionnements face à une demande croissante Un des secteurs les plus porteurs est celui des batteries, notamment à destination des véhicules électriques. La demande de nickel dans le secteur devrait croître à un taux annuel de 8 % entre 2025 et 2036, selon les chiffres du cabinet Project Blue. C’est encore plus parlant pour le cobalt : 70 % de la demande mondiale de cobalt est portée par le secteur des batteries. Autre secteur porteur : celui des superalliages pour l'aérospatiale et la défense.

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  3. 4d ago

    L’Argentine rafle les premiers quotas d’exportation de l’accord UE-Mercosur

    En quelques semaines, l’Argentine a atteint à elle seule le quota total d'exportation de poudre d’œufs vers l'Union européenne prévu par l'accord de libre-échange avec le Mercosur pour 2026. Une démonstration de la puissance agricole argentine qui fait grincer des dents son voisin brésilien. Les Argentins viennent de remporter coup sur coup plusieurs victoires sur le marché d’exportation du Mercosur avec l’Union européenne. L’accord commercial a commencé à être appliqué provisoirement le 1ᵉʳ mai. Ce qui signifie l'ouverture de premiers quotas d'exportations exemptés totalement ou partiellement de droits de douane. L’Argentine a raflé en moins de quinze jours les 333 tonnes de poudre d’œuf prévues par l’Union européenne, soit l’intégralité du premier quota. Le gouvernement argentin a également annoncé le premier envoi de miel exempté de droits de douane et a exporté 40% du quota total de riz.  À lire aussiL'accord controversé entre l'Union européenne et le Mercosur entre partiellement en vigueur L'Argentine a été la plus rapide car, en l'état, il n'existe pas de part fixe prévue pour chaque pays : Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay. C’est donc le premier arrivé, le premier servi. Or, les filières d'exportation argentines sont déjà très structurées. L'Argentine attendait depuis longtemps cet accord de libre-échange, d'autant que les exportations argentines vers l’Europe ont représenté en 2025 à peine 9 % des exportations totales du pays.  Comme le rappelle le chercheur Olivier Antoine, auteur de l'ouvrage Géopolitique du soja : « L’Argentine était déjà très bien positionnée sur l’export. Pour eux, l’ouverture des quotas d'exportation est un effet d’aubaine. Ils peuvent augmenter leurs ventes. Ils sont sur un marché qu’ils connaissent. On leur dit juste que tel jour, telle date, telle heure on leur met en place des quotas pour qu’ils puissent vendre plus, ils n’ont rien d’autre à faire. » Un succès qui fait grincer des dents le Brésil  Le Brésil comptait sur ces exportations dans l’agroalimentaire avec notamment une filière volaille très puissante et qui produit plus que son voisin. Brasilia est le premier pays producteur du Mercosur et tente ces dernières années de prendre un virage qualitatif. « Le Brésil diversifie de plus en plus sa production. Les Brésiliens ont compris qu’il était beaucoup plus intéressant de vendre du bœuf et du poulet que du soja et du maïs. C'est la montée en valeur qui les intéresse. Ils ne s’attendaient pas à ce que les Argentins soient aussi offensifs sur les marchés », estime le chercheur Olivier Antoine. À cela s'ajoutent les tensions entre les deux gouvernements, entre la gauche au pouvoir à Brasilia et l’extrême droite à Buenos Aires. Il est possible que le Brésil demande à ce que les règles de l'accord avec l'Union européenne soient modifiées.  À lire aussiAccord UE-Mercosur : dans le cône Sud, face aux réserves des écologistes, la satisfaction des agro-industriels La question des normes au centre de la compétition L’Argentine tire son épingle du jeu face au Brésil sur sa connaissance des normes sanitaires et des standards d’importation de l’Union européenne. Un héritage notamment des « quotas Hilton », mis en place à la fin des années 1970 et permettant l’exportation vers l’Europe de viande bovine haut de gamme, avec des droits de douane réduits. En mai dernier, le Brésil a lui été épinglé par un comité d'experts des États membres de l’Union européenne pour son utilisation d'antimicrobiens dans l'élevage. Le 3 septembre prochain, le Brésil sera suspendu de la liste des pays autorisés à exporter certains produits animaux vers l'Union européenne, sauf si d’ici là le Brésil démontre sa conformité avec les exigences européennes. À écouter aussiFrance : les éleveurs bovins en colère contre le traité de libre-échange entre l'UE et le Mercosur

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  4. 5d ago

    Tensions sur le marché du sable, ressource mondiale surexploitée

    C’est aujourd’hui la deuxième ressource mondiale la plus consommée après l’eau. Longtemps considérée, à tort, comme une ressource inépuisable, la demande mondiale en sable dépasse l’offre et menace les écosystèmes, alerte un récent rapport de l’ONU. La demande mondiale de sable est en hausse continue dans le monde. Elle devrait augmenter de 45 % d'ici 2060 selon le rapport de l’agence de l’ONU pour l’environnement. Une ressource indispensable notamment pour le secteur de la construction. Un chiffre pour se rendre compte : pour fabriquer une tonne de béton, il faut six à sept tonnes de sable. Pour un kilomètre d’autoroute, il faut compter 10 000 tonnes de sable. « Le sable est le héros invisible de notre développement », rappelle Pascal Peduzzi, directeur du GRID-Genève, le Centre d’analyse des données du Programme des Nations unies pour l’environnement. Y a-t-il à proprement parler un marché mondial du sable ? Il y a un marché du sable, mais il s'agit principalement d'un marché local. Son prix relativement faible et surtout son poids, très lourd, en font une ressource difficile à transporter sur de longues distances. Actuellement, le géant du secteur reste la Chine, qui consomme environ 25 milliards de tonnes de sable par an. Cela représente la moitié de la consommation mondiale annuelle ! Pour cela, la Chine a dû investir pour extraire de telles quantités et le pays a mis au point des procédés de fabrication artificielle, consistant dans le broyage et le tamisage de roches ou de résidus miniers. « Depuis 2005, on observe un énorme développement de la Chine avec une demande très importante de sable et gravier. La Chine a produit plus de béton chaque année que les États-Unis pendant 33 ans. C’est absolument énorme. Mais on arrive à un plateau au niveau des besoins », explique Pascal Peduzzi. À lire aussiLe sable, cet or jaune qui menace l’équilibre de la planète Le continent africain, futur ogre de sable La croissance de la demande en sable sera tirée à l’avenir par le continent africain, qui devrait prendre le relais de la Chine à l’horizon 2100. L’exode rural, le rattrapage en infrastructures… Le marché africain du sable va se tendre. Or, il n'est pas possible d'extraire du sable du Sahara, ce dernier étant trop fin pour être utilisé pour le secteur de la construction. Sur le continent, l'absence d’organisation et de régulation de la filière rime déjà avec des extractions sauvages et le développement d’un marché noir. Ce qui pose de nombreuses questions environnementales. Car le sable est indispensable à de nombreux écosystèmes, notamment sous-marins. Pour Pascal Peduzzi, « si le marché n’est pas bien encadré et régulé, c’est un marché qui va être récupéré par le secteur informel. Et le secteur informel n’a pas les outils, donc le sable va être extrait dans des endroits faciles d’accès : les berges des rivières, les plages. Des endroits où le sable ne devrait pas être extrait. » À écouter aussi Centrafrique : ils pêchent le sable de l'Oubangui au péril de leur vie pour nourrir leur famille Une demande qui explose et les prix alors ? Certaines régions ayant épuisé leurs réserves de sable et régulé le marché, comme dans une partie de l’Europe, le sable sera bientôt importé depuis de plus longues distances. Son prix va donc mécaniquement augmenter. Mais il ne devrait pas connaître une flambée. Hormis les Émirats arabes unis ou l’Arabie saoudite qui sont allés chercher du sable en Océanie pour leurs projets pharaoniques, la plupart des pays vont devoir investir pour trouver des solutions d’avenir. Comme, par exemple, développer des filières de recyclage de déchets liés à l’extraction de certains minerais à l'image du fer. À l’échelle mondiale, les terrils représentent entre 30 et 60 milliards de tonnes par année.

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  5. 6d ago

    Le concentré de pomme, un marché discret mais en mutation

    C’est avec la banane et les agrumes le fruit le plus consommé au monde : la pomme. De la Chine, premier producteur mondial, à l’Argentine, en passant par la Turquie, l’Ouzbékistan ou la Pologne, sa culture est une valeur sûre des zones tempérées. C’est également une star de l’industrie agroalimentaire à travers son dérivé, le concentré de pommes. Or ce marché est en pleine mutation. Vous le consommez sans le savoir dans de nombreux plats : des soupes industrielles, des sauces, des vinaigrettes, où il est utilisé comme adoucissant, et bien sûr dans les jus, les pâtisseries, les yaourts ou encore de nombreux snacks. Des millions de tonnes de concentré de pommes sont produits chaque année partout sur la planète pour fournir l’industrie agroalimentaire, en particulier celle des États-Unis, principale importatrice. Des filières d’approvisionnement en pleine révolution Depuis son entrée dans l’Organisation mondiale du commerce et jusqu’en 2020, la Chine s’était imposée comme LE grand fournisseur mondial de concentré. Plus de la moitié des quelque 80 millions de tonnes de pommes récoltées chaque année le sont en effet sur le sol chinois. Pendant deux décennies, la production de concentré a été une priorité car facile à exporter dans une période où la Chine avait besoin de devises étrangères. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, car la demande intérieure en concentré mais aussi en fruit frais a fortement augmenté chez les Chinois. Les producteurs locaux misent donc sur le marché intérieur et ont massivement investi sur les chambres froides pour approvisionner la filière de pommes à l’unité. Résultat, les exportations de concentré chinois se sont écroulées, passant de 1 million de tonnes en 2007 à moins de 300 000 en 2023. À lire aussiEn France, la recherche de nouvelles variétés de pommes pour diminuer les pesticides Une demande mondiale forte avec de nouveaux acteurs La Pologne est devenue la première exportatrice mondiale de concentré de pommes. La filière polonaise s’est structurée ces dix dernières années en investissant sur son infrastructure de transformation. Elle a également bénéficié de faiblesses chez ses concurrentes, avec par exemple de mauvaises récoltes en Turquie en 2025. Cette diversification du marché pourrait également offrir des opportunités à d’autres pays et notamment en Afrique. L’Égypte, l’Afrique du Sud et le Maroc sont en effet dans le top 20 mondial des producteurs de pommes. Avec un avantage pour le royaume chérifien : l’existence d’une industrie de transformation et surtout d’un accord de libre-échange avec les États-Unis. À lire aussiEspagne: de nouvelles variétés de pommes adaptées au réchauffement climatique

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  6. Jun 11

    États-Unis: le marché du sucre menacé par les médicaments anti-obésité?

    Ils sont considérés comme un remède presque miracle pour lutter contre l'obésité. Mais les médicaments à base de sémaglutide, comme le célèbre Ozempic, pourraient-ils aussi refaçonner le marché du sucre ? Aux États-Unis, pays où ils sont le plus utilisés, plusieurs études publiées semblent aller dans ce sens, alors que l'accès à ces traitements va se démocratiser dans les prochaines années. La baisse de la consommation de sodas et de snacks peut aller jusqu'à 65%, un consommateur sur cinq ayant totalement arrêté les produits sucrés. En parallèle, se produit une augmentation de la consommation de yaourts et de fruits frais. Les premières études sur l'impact de l'utilisation des médicaments à base de sémaglutide aux États-Unis sont assez éclairantes, même si d'importantes disparités apparaissent de l'une à l'autre. Une constante toutefois : les aliments ultra-transformés et très sucrés sont les principales victimes de l'utilisation grandissante de ces médicaments dans le pays où une personne sur huit aurait déjà expérimenté ces traitements pensés à l'origine pour lutter contre le diabète. À lire aussiOzempic : la révolution de l’obésité ? Comment en mesurer l'impact sur le marché du sucre ?  Le département de l'agriculture américain a d'ores et déjà constaté une baisse des livraisons de sucre pour la consommation humaine depuis 2023 qui devrait encore s'accentuer en 2026. Au Royaume-Uni, une projection anticipe une réduction du marché d'environ 5%, en se basant sur une hypothèse de 30% de réduction de la consommation de sucre par les personnes utilisant ces médicaments.  Si beaucoup de recul et de croisement d'études sont encore nécessaires, de nouvelles données devraient rapidement arriver. Les brevets de l'Ozempic ou du Wegovy expirent en effet cette année dans plusieurs pays où la population est à la fois fortement touchée par le surpoids et grande consommatrice de sucre, comme la Chine, le Brésil, le Mexique ou la Turquie. L'irruption de génériques bon marché devrait ainsi démocratiser leur accès et permettre d'obtenir des tendances mondiales pour la consommation de sucre.  Prudence et inquiétude chez les producteurs C'est ce que nous a dit un spécialiste du secteur, estimant que beaucoup des chiffres avancés ne sont pas consolidés. Il note également que le marché des sémaglutides concerne pour l'instant essentiellement les consommateurs à haut pouvoir d'achat. Mais la dirigeante d'une association internationale de producteurs de sucre ne cache pas son inquiétude : « Contrairement aux succédanés, comme la stévia, il ne s'agit pas ici d'une concurrence mais d'une réduction possible et importante du marché. » Une étude publiée cette semaine au Royaume-Uni établit ainsi que les ménages dont un des membres utilise l'Ozempic ou le Wegovy ont réduit leurs dépenses d'alimentation de plus de 450 euros par an. Premières victimes : les chips et le chocolat. À lire aussiLa baisse des prix du sucre pèse sur la production européenne

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  7. Jun 10

    La viande de volaille, reine des assiettes françaises et mondiales

    Avec un marché multiplié par cinq en 40 ans, c'est la viande désormais la plus populaire à travers le monde : la volaille et son produit phare, le poulet. Les enseignes de restauration rapide qui lui sont exclusivement consacrées sont d’ailleurs en train de se multiplier en France, où la consommation a progressé de 25% depuis 2020, mais aussi en Afrique. Un succès qui pourrait encore prendre de l'ampleur dans les prochaines années. Master Poulet, Tasty Crousty... Ces fast-food 100% poulet éclosent à toute vitesse en France, donnant même des sueurs froides au géant américain du secteur, KFC. Leur recette est simple : des plats vendus à des prix quasi imbattables. La cuise à 2,50 euros, le demi-poulet à 4 euros... Résultat, « 37% de la consommation de volaille se fait désormais en restauration en France contre 8% il y a 20 ans », explique Yan Nédélec, directeur de l'ANVOL, l'interprofession de la volaille de chair. Une croissance qui ne bénéficie pas aux producteurs français  Ce sont la Belgique, les Pays-Bas et surtout la Pologne qui se taillent la part du lion. En quatre ans, les exportations polonaises en direction de la France ont ainsi doublé, à 320 000 tonnes, suivant le développement de ces nouvelles enseignes. « Le secteur de la volaille polonaise est très compétitif avec des grandes exploitations et des coûts du travail réduits », explique Jean-Paul Simier, expert de la filière viande et co-auteur du rapport Cyclope sur les matières premières.  Mais si le poulet polonais ou belge servi dans les nouveaux fast-food fait parfois grincer des dents, les prix pourraient être encore plus bas s'ils étaient brésiliens ou thaïlandais. Or, le marché européen reste protégé par des normes et droits de douane importants, à l'abri donc des gallinacés low-cost qui se déversent sur le reste de la planète. La production de volaille en recherche constante de débouchés En 2025, 154 millions de tonnes de viande de volaille ont été produites, en augmentation de 15% en cinq ans. Un record alimenté par un mastodonte mondial, le Brésil, qui concentre un quart des exportations. Et de nouveaux champions se dressent sur leurs ergots comme la Thaïlande, quatrième exportateur mondial, ou encore l'Ukraine qui, malgré quatre années de guerre, reste sixième.  Cette production en pleine croissance doit trouver ses consommateurs. À défaut de pouvoir entrer en Europe, l'un des débouchés les plus convoités de ces exportateurs est donc désormais l'Afrique : les éleveurs locaux sont globalement peu protégés commercialement et la demande est forte. Les nouveaux champions français du fast-poulet ne s'y sont d'ailleurs pas trompés : une franchise Tasty Crousty vient ainsi d'ouvrir à Abidjan, en Côte d'Ivoire. À lire aussiAlimentation: pourquoi tout le monde mange du poulet?

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  8. Jun 9

    Les routes du thé perturbées par les crises géopolitiques

    Avec un nuage de lait, pour accompagner un plat épicé ou dans un gobelet version matcha, le thé continue de gagner des adeptes à travers la planète. En 2021, 300 milliards de litres étaient engloutis chaque année à travers le monde. Son économie reste en revanche très sensible aux bouleversements climatiques mais aussi géopolitiques. Le conflit au Moyen-Orient a ainsi fortement perturbé les routes du thé. Des stocks de thé noir qui s'empilent dans les entrepôts du port de Mombasa : c'est la conséquence directe de la fermeture du détroit d'Ormuz. Car la production du Kenya, premier exportateur mondial de thé, part essentiellement en Asie et en particulier au Pakistan, son principal client. Avec les soubresauts au Moyen-Orient, c'est donc toute la filière du thé qui souffre car les exportations venues d'Asie sont elles aussi perturbées. Le coût du transport flambe « Qu'il s'agisse du fret maritime ou aérien, le marché fait face à de fortes variations des prix », explique François-Xavier Delmas, patron de la chaîne de boutiques Le Palais des Thés. Son entreprise réalisait auparavant deux négociations par an sur les prix de transports ; désormais, c'est quasiment à chaque commande. Résultat : des prix qui grimpent avec des augmentations pouvant atteindre les 50% sur certains thés de luxe. Une mauvaise nouvelle supplémentaire après la guerre en Ukraine, qui avait également perturbé les exportations, affectées par un effondrement des achats en Russie. Pourtant, les perspectives du marché sont au beau fixe : entre 2023 et 2024, le chiffre d'affaires mondial a progressé de 6% et l'augmentation pourrait même atteindre 40% d'ici la fin de la décennie, l'agence Statista anticipant un volume d'échange dépassant les 360 milliards de dollars annuels. Du thé de meilleure qualité acheté plus cher en Afrique ? Mais la deuxième boisson la plus consommée au monde après l'eau a besoin de nouvelles perspectives selon François-Xavier Delmas, notamment pour mieux rémunérer les producteurs, qui sont essentiellement des petits fermiers. Le thé d'exception peut ainsi apporter des revenus supplémentaires et permettre la diversification des exportations. Le Palais des Thés a ainsi passé un accord avec quelques producteurs kényans à l'occasion du sommet Africa Forward de Nairobi. Si les volumes sont encore très modestes, la rémunération est attrayante : de 60 à 80 dollars le kilo, alors que la moyenne mondiale se situe en dessous des 3 dollars. À lire aussiLa mode du thé matcha fait grimper les prix de 170% en un an

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