Invité international

Chaque jour, un invité, spécialiste ou acteur de l’événement, vient commenter l’actualité internationale sur RFI au micro du présentateur de la tranche de la mi-journée.

  1. 2d ago

    Espagne-Maroc: après l'afflux massif de migrants à Ceuta «l'appel de Meloni» relève du «fantasme migratoire»

    Crise migratoire sans précédent où quelque 50 000 migrants ont traversé ces derniers jours la frontière entre le Maroc et Ceuta, l’enclave espagnole située sur le continent africain, soit l'équivalent de « 70 % de la population locale », selon le président du gouvernement local de Ceuta, Juan Vivas. Plus de 37 500 migrants sont déjà rentrés au Maroc, a annoncé vendredi après-midi 31 juillet le gouvernement espagnol. Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez s’est rendu sur place et a dénoncé « une attaque, une violation de l'intégrité territoriale de l'Espagne ». Plusieurs pays de l'Union européenne, l'Italie en tête, réclament l'exclusion de l'Espagne de l'espace Schengen. Entretien avec Marie-Laure Basilien-Gainche, professeure de droit public à l’université Jean-Moulin-Lyon-III, membre senior de l'Institut universitaire de France et de l’Institut Convergences Migrations.  RFI : Comment ont réagi les autorités marocaines face à l'afflux de personnes qui prenaient la direction de la frontière espagnole ?  Marie-Laure Basilien-Gainche : Dans un premier temps, les autorités marocaines se sont révélées très timides, très prudentes, n'ont manifesté ni de soutien, ni d'opposition. Et, depuis ce matin, elles ont réitéré leur volonté de collaborer avec les autorités de police espagnoles pour empêcher ces flux de migrants depuis le Maroc vers l'enclave de Ceuta. Comment analysez-vous cette réaction et ce changement dans la stratégie, dans la réaction des autorités marocaines ? Je ne m'explique pas le changement de position du Maroc. Je ne m'explique pas le silence initial. Je pense que c'est d'abord une position qui doit être établie par le roi et par le Conseil de direction, et ensuite il s'agit de relations diplomatiques entre le Maroc et l'Espagne qui sont ensuite révélées. C'est donc le temps de la mise en place des décisions et de la mise en place des décisions communes. À lire aussiEspagne: au moins 34 personnes meurent en tentant de rejoindre Ceuta, l'armée mobilisée face à l'afflux de migrants Les deux parties ont communiqué, ont assuré dans un premier temps travailler en coordination pour assurer le rapatriement dès que possible de toutes les personnes entrées illégalement à Ceuta ces derniers jours. On a appris il y a quelques minutes que 25 000 migrants sont repartis au Maroc. C'est le signe que cette coordination, elle marche pour le moment. Le fait que ces dizaines de milliers, essentiellement marocains, qui sont allés depuis le territoire marocain vers le territoire espagnol via la mer, soient maintenant rapatriés vers le Maroc, me paraissait évident vu les circonstances. Et c'est d'ailleurs une politique qui est menée par l'Espagne depuis très longtemps avec les « rechazos en la frontera », les rejets à la frontière qui sont très fréquents pour ce qui est des frontières terrestres. Pour ce qui était des frontières maritimes, il n'y avait pas de dispositif législatif permettant de les opérer pour les autorités espagnoles, mais la collaboration avec les autorités marocaines permet de réaliser le même effet, c'est-à-dire le renvoi des Marocains vers le territoire marocain le plus rapidement possible. Par le passé, Rabat a déjà utilisé la pression migratoire pour faire plier l'Espagne sur certains dossiers, comme en 2021, notamment. Est-ce que vous pensez que cette fois-ci, cela peut aussi être le cas ? On peut émettre des hypothèses. Bien sûr, on n'a aucune confirmation. Les relations qu'a pu avoir l'Espagne avec le Front Polisario, le rapprochement de l'Espagne avec l'Algérie sur la question du Sahara occidental, tous ces éléments pourraient indiquer un certain refroidissement des relations entre le Maroc et l'Espagne, qui pourrait expliquer peut-être le fait que les autorités marocaines ne se sont pas opposées au départ des migrants vers le territoire espagnol. Mais là, il s'agit uniquement d'hypothèses et de supputations. À lire aussiÀ Ceuta, un afflux de migrants sans précédent provoque l'affolement et un début de crise diplomatique On attendra, on a bien compris les réactions, notamment du côté marocain. Il y a aussi eu beaucoup de déclarations de la part des pays européens membres de l'Union européenne depuis hier. Est-ce qu'on peut dégager certaines tendances dans les réactions des pays de l'UE ? Les réactions, en fait, sont essentiellement celles de dirigeants de droite et d'extrême droite. Je pense en particulier à Giorgia Meloni qui veut se positionner comme chef de file de la droite et de l'extrême droite européenne et qui prend prétexte de tout élément, surtout migratoire, pour s'afficher comme celle qui soutient une politique migratoire et d'asile européenne la plus restrictive possible. Elle a donc affirmé que l'Espagne devait être suspendue de l'espace Schengen. On a de quoi être surpris puisque dans le régime de Schengen, il n'y a pas de dispositif de suspension d'un État membre. Il y a des mesures qui peuvent être prises, par exemple, lorsque la Commission fait une évaluation du mécanisme de Schengen. Elle peut relever, comme elle l'avait fait en Grèce en 2016, qu'il y a des négligences graves, et elle peut appeler les autorités à modifier leur mode de fonctionnement et les mesures qu'elles prennent pour qu'il y ait un contrôle des frontières extérieures qui soit plus solide et qui soit plus rigoureux. Mais je rappelle qu'en 2016, c'était la venue de 1 million de personnes qui était concernée. L'autre mesure qui est envisageable, c'est pour les États autres de l'Union européenne de restaurer les contrôles aux frontières intérieures. Pour rappel, beaucoup d'États membres ont restauré ces contrôles depuis 2015. Ils les ont renouvelés depuis lors. Donc, finalement, on a un espace de libre circulation qui n'en est pas un pour les ressortissants européens du fait de ces restaurations, des contrôles aux frontières intérieures. Donc, l'appel de Meloni est plus une manière symbolique de se positionner autour du fantasme migratoire et d'essayer d'affermir sa position de chef de file de la droite et de l'extrême droite au niveau européen. Est-ce que toutes ces réactions européennes, il y en a de nombreuses, signifient que ces pays européens ont peur de certaines répercussions quand même au vu de cette vague migratoire ? D'abord, ce n'est pas une vague. Ensuite, quelques dizaines de milliers de personnes, 60 000 personnes, qui sont toujours sur le territoire africain, qui ne sont pas du tout sur le territoire européen, et qui vont être rapatriées vers le Maroc. Ça n'aura aucune incidence sur l'Italie ou la Finlande. Donc, je ne vois pas pourquoi il y a cette émotion, si ce n'est qu'il y a la volonté de faire croire que le mythe du grand remplacement existe, alors que scientifiquement, il est prouvé qu'il n'existe pas. À lire aussiCeuta: face à la pression des Européens, Sanchez dénonce une «violation de l'intégrité territoriale» espagnole

  2. 4d ago

    Investissements privés à la Fifa: «Des questions sur les liens politico-financiers entre l'entourage de Trump et Infantino»

    C'est la nouvelle idée de Gianni Infantino. La Fédération internationale de football (Fifa) a annoncé un projet de création d'une filiale chargée de gérer ses activités commerciales et d'ouvrir la porte aux investisseurs privés, promettant une manne de 10 milliards de dollars pour financer le développement du football. L'annonce du projet, qui serait par ailleurs lié à la famille élargie de Donald Trump, provoque l'inquiétude de nombreuses fédérations nationales ou continentales, avec en première ligne la fronde de l'UEFA. Analyse de Yassine El Yattioui, enseignant-chercheur à l'université Lumière Lyon II.  RFI : Concrètement, comment Gianni Infantino compte-t-il s'y prendre pour vendre des parts de la Coupe du monde à des acteurs privés ? Yassine El Yattioui : Selon le journal britannique The Times, qui a dévoilé le projet de la Fifa avant que l'instance ne communique officiellement, Gianni Infantino serait pressenti pour diriger lui-même ce fonds d'investissement privé à la fin de son mandat de la présidence de la Fifa, ce qui lui permettrait de gagner personnellement plusieurs dizaines de millions de dollars par an. On voit des intérêts personnels importants. Dans le cas de la Fifa, la question centrale, c'est celle de la position dominante, parce que la Fifa n'est pas une entreprise privée classique, mais contrôle l'un des produits les plus puissants du monde : la Coupe du monde. Cette compétition concentre une valeur économique importante avec les droits audiovisuels, les partenariats commerciaux, les prix des places également – qui ont fait polémique lors de la dernière édition américaine –, et le sponsoring et l'exploitation mondiale de la marque. Maintenant, le débat à propos de cette vente privée du plus grand tournoi sportif du monde porte sur un paradoxe, parce qu'une organisation à but non lucratif – c'est le statut officiel de la Fifa – est chargée de réguler le football mondial, mais détient aussi un monopole sur certains actifs économiques essentiels du football. On cherche à ouvrir une partie de ses revenus futurs à des investisseurs privés. Mais là, on s'interroge sur le risque d'une financiarisation excessive du bien sportif, parce que ce bien sportif possède une dimension culturelle et politique mondiale importante. Surtout que l'on approche du Mondial du centenaire, le prochain Mondial 2030, qui se déroulera sur deux continents [Europe avec l'Espagne et le Portugal, Afrique avec le Maroc, NDLR]*. En plus de ces objectifs économiques, y a-t-il une dimension politique ? Car une autre échéance importante approche : celle de l'élection du prochain président de la Fifa l'an prochain, à laquelle Infantino est candidat à sa propre succession... Absolument, et pour l'instant il est le seul candidat à sa succession, ce qui crée des problématiques sur l'opacité du fonctionnement organisationnel et sectoriel de la Fifa. Les candidats pour mettre à mal la candidature de Gianni Infantino, pour l'instant, ne se bousculent pas, et il bénéficie désormais de l'appui politique de Donald Trump. N'oublions pas que Gianni Infantino lui a attribué le premier prix Fifa de la paix, qui a fait également beaucoup de polémiques, quelques mois avant la Coupe du monde, surtout avec le conflit iranien. Cela pose des questions sur les liens politico-financiers entre l'entourage de Donald Trump et Gianni Infantino. N'oublions pas que Sepp Blatter, l'ancien président de la Fifa au début des années 2000, avait déclenché beaucoup de polémiques sur le plan de la corruption et sur le plan de la financiarisation privée. Mais là, on atteint encore un autre stade. À propos de ces liens entre Gianni Infantino et Donald Trump, selon des informations de presse, cette opération de vente à des acteurs privés de parts de la Coupe du monde inclurait des proches du président américain. Il y a eu beaucoup de réactions depuis ces annonces, notamment de la part de l'UEFA, de nombreux pays européens, même de l'Union européenne. A-t-on déjà vu une opposition aussi frontale à la Fifa ? On l'a vu récemment avec l'arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne en 2023 concernant le projet de la Super Ligue, un projet de compétition privée afin de concurrencer la Ligue des champions. Elle a été menée surtout par le président du Real Madrid, Florentino Perez, ainsi que d'autres grands clubs européens, pour avoir plus de droits télé et des opportunités économiques croissantes par rapport à la Ligue des champions. L'arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne a constitué un moment historique, parce que la Cour n'a pas donné raison au projet de Super Ligue, tout en rappelant que des organisations comme l'UEFA doivent respecter les principes du droit européen, de la concurrence et ne peuvent pas disposer d'un pouvoir discrétionnaire pour autoriser ou interdire des compétitions. Est-ce que cela va arriver désormais jusqu'au plan judiciaire supranational ? Si le projet est officialisé par un communiqué officiel de la Fifa, cela peut avoir des tournures très importantes, même sur le plan politico-judiciaire. Pensez-vous que cela peut donner lieu à des boycotts de la part de certaines sélections sur les prochaines compétitions ? C'est possible, mais malheureusement, le boycott d'une Coupe du monde – par exemple, la prochaine Coupe du monde 2030 – par des fédérations internationales ou des fédérations nationales serait extrêmement difficile. Parce que cette compétition possède une puissance symbolique et économique incomparable. Il y a également le sponsoring. Rappelons par exemple que Nike, qui est donc l'équipementier de l'équipe de France, pour donner une illustration, paye plus d'une vingtaine de millions d'euros par an pour vendre les maillots de l'équipe de France et être l'équipementier officiel. Si la Fédération française boycotte la prochaine Coupe du monde, elle se privera de toutes ses recettes de sponsoring, de billetterie, de droits télé, etc. * Outre l'Espagne, le Portugal et le Maroc, la Coupe du monde 2030 verra aussi trois matches se tenir en Argentine, au Paraguay et en Uruguay. À lire aussi«Une attaque contre le football»: la Fifa veut faire appel à des investisseurs privés et suscite un tollé

  3. 6d ago

    La «situation explosive» en Cisjordanie occupée est «une manière pour Netanyahu de reprendre la main»

    La Cisjordanie occupée a connu un nouveau week-end de violences après des affrontements meurtriers entre Palestiniens et colons israéliens, vendredi 24 juillet, dans la localité de Tell. Ces violences continueront de s'aggraver sans action forte du gouvernement israélien. Et cela n'a rien d'anodin à quelques semaines des élections législatives anticipées, que Benyamin Netanyahu espère bien remporter. La violence des colons a fortement augmenté depuis l'entrée en fonction du gouvernement israélien actuel, avec une reprise particulièrement marquée en mars et avril 2026, pendant la guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran. L'analyse de Denis Charbit, professeur de science politique à l'université ouverte d'Israël, dont le dernier ouvrage, Yitzhak Rabin, la paix assassinée ? Une mémoire morcelée, a été publié aux éditions JC Lattès. RFI : Depuis vendredi 25 juillet et ces affrontements mortels entre colons et habitants du village de Tell, à quoi ressemblent concrètement les représailles menées par l'armée et les colons dans le nord de la Cisjordanie occupée ? Denis Charbit : Il faut dire que la situation est dégradée depuis octobre 2023. L'attention de l'armée israélienne s'est tournée vers la bande de Gaza, vers l'Iran, vers le sud du Liban. D'une certaine manière, la Cisjordanie a été un peu livrée aux mains des colons, qui ont pénétré à de nombreuses reprises dans des villages sans qu'il y ait de représailles particulières. Au contraire, les Palestiniens réclamaient que l'armée soit présente et fasse respecter l'ordre public, puisque c'est sa mission depuis 1967. Cette fois, on a franchi une étape de plus. Des colons sont en excursion mais ne préviennent pas l'armée. La situation a dégénéré et, cette fois-ci, abouti à la mort de deux Israéliens et de quatre Palestiniens. Bien entendu, pour les autorités militaires, c'est la preuve que la prise en charge par les colons de la situation peut conduire à des actes de ce genre. Comme vous l'avez dit, le fait qu'on soit dans une conjoncture électorale conduit Benyamin Netanyahu à prendre les devants puisque, en quelque sorte, tout ce qu'il fait depuis le 7-Octobre, c'est de dire : « Je n'ai pas prévu le 7-Octobre, mais maintenant, à chaque fois, dans chaque région, Gaza, Liban, Iran ou la Cisjordanie, je suis là, je suis présent et je déploie immédiatement des forces militaires. » À un moment où l'armée israélienne a du mal à mobiliser les réservistes parce qu'ils sont dispersés sur tous les fronts – c'est rare que les soldats réservistes soient dispersés ainsi –, on se demande si ce n'est pas plus une manœuvre électorale. D'autant que, bien évidemment, pour des raisons de coalition, Benyamin Netanyahu est empêché, d'une certaine manière, de montrer un visage plus ferme à l'égard de ces colons qui, encore une fois depuis trois ans, ont pour ainsi dire maîtrisé la situation aux dépens de l'armée qui est apparue soit complice, soit marginalisée, soit hors-jeu, et que, par cette opération, Benyamin Netanyahu entend rétablir. Pourquoi Benyamin Netanyahu insiste-t-il sur cette politique en Cisjordanie occupée ? Est-ce notamment dû à la présence au gouvernement de deux ministres d'extrême droite – Bezalel Smotrich et Itamar Ben Gvir –, favorables aux colonies en Cisjordanie occupée ? Tout à fait. Sur le plan de l'aide aux colons, Benyamin Netanyahu était sur la même longueur d'onde que Bezalel Smotrich. Là-dessus, il n'y a pas l'épaisseur d'une feuille de papier à cigarette entre eux. En revanche, sur le laxisme vis-à-vis des colons lorsqu'ils prennent les choses en main et qu'ils font des descentes sans réaction militaire significative, cela commence à toucher une partie de l'électorat du Likoud, qui est certes favorable aux implantations, mais qui entend néanmoins bien faire comprendre que l'autorité militaire est la première des autorités et que les colons doivent s'y soumettre. C'est donc une partie assez redoutable que Benyamin Netanyahu mène aujourd'hui puisque, d'un côté, il doit protéger les colons, mais de l'autre, il doit rappeler que l'autorité militaire est la seule qui doit être entendue. Il le fait bien sûr aux dépens des Palestiniens. C'est d'autant plus troublant ou inquiétant que les potentielles insurrections palestiniennes organisées semblent relativement faibles, là où cela peut dégénérer si, finalement, l'armée finissait par toucher des civils. La situation est effectivement explosive, mais du point de vue de l'autorité de Benyamin Netanyahu, quand il y a une opération militaire, pour lui, c'est une manière de reprendre la main, alors qu'il est accusé depuis trois ans d'ouvrir de multiples fronts et de ne jamais parvenir à en refermer une bonne fois pour toutes. Cette politique de Benyamin Netanyahu est-elle soutenue dans la population israélienne ? C'est difficile [à dire] parce que l'opération n'a pas véritablement commencé. Mais disons que oui, le rétablissement n'est pas quelque chose qui scandaliserait les Israéliens. La crainte, c'est de se retrouver avec un front beaucoup plus violent que celui qu'il a été depuis trois ans, c'est-à-dire une réaction palestinienne beaucoup plus vive que celle qui, ces trois dernières années, a été relativement contenue. Est-ce que l'ouverture de cette opération pourrait avoir comme conséquence la mobilisation des Palestiniens et un front beaucoup plus embrasé qu'il ne l'a été jusqu'à présent ? C'est cela qui est en jeu dans cette opération décidée ce lundi 27 juillet. À lire aussiCisjordanie occupée: situation extrêmement tendue dans le territoire après les violences de Tell

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