Les dessous de l'infox

Repérer le faux dans l’info, ça n’est pas toujours facile. Sur Radio France internationale, on vous aide à y voir plus clair. En compagnie de tous ceux qui traquent l’infox, l’observent et l’analysent, au plus près, « Les dessous de l'infox », le magazine est diffusé tous les vendredis. Une émission présentée par Sophie Malibeaux. Diffusions le vendredi à 17h30 TU (vers toutes cibles). 

  1. 1D AGO

    Tiktok et META en tête du palmarès de la désinformation en ligne en Europe

    Les très grandes plateformes numériques que nous sommes des milliards à fréquenter -les  Tiktok, Facebook, Instagram, Youtube, Linkedin et X (twitter)- sont en train de laisser infox et mésinformation inonder la toile. Ces plateformes sont soumises au règlement européen sur les services numériques. Mais dans les faits, elles ont du mal à s’y plier, et ce que l’on constate, c’est que l’information du public en souffre. D'où l'importance d'un état des lieux chiffré et documenté.  La propagation de la désinformation s’aggrave sur les très grandes plateformes en ligne, sous le double effet du recours aux images générées par l’IA -en pleine croissance- et de la monétisation des contenus suscitant un fort engagement.  Tiktok est en tête, avec une prévalence de l'ordre de 25% de contenus trompeurs tous sujets confondus, mais Facebook, X, Youtube et Instagram sont aussi très mal notés, avec une mention spéciale pour Instagram dont 80% des contenus dans le domaine de la santé tombent dans la catégorie mésinformation-désinformation.  Contourner l'opacité des plateformes numériques Parvenir à mesurer –scientifiquement– cette amplification des publications douteuses reste un défi, face au fonctionnement opaque des services numériques. Ce défi, un groupe d’organisations de la société civile tente de le relever, c’est le projet de recherche SIMODS, d’évaluation scientifique de la désinformation en ligne sur les très grandes plateformes, c'est-à-dire, celles qui comptent plus de 45 millions d'utilisateurs dans l'Union européenne. L'étude porte sur quatre pays d'Europe, la France, l'Espagne, la Pologne et la Slovaquie. Notre invité Emmanuel Vincent est le directeur et fondateur de Science Feedback, qui conduit cette étude.  Non seulement les plateformes sont peu respectueuses des injonctions concernant l'accès aux données pour la recherche, mais -à part Youtube et Facebook- elles ne communiquent aucune information concernant la monétisation des contenus. « Sur Youtube, 80% des comptes qui partagent de la désinformation sont monétisés. Pour les sources crédibles, c'est 90% de comptes monétisés. On le voit c'est à peu près la même chose. Pour Facebook, on est en dessous de 50% de comptes qui partagent de la désinformation qui sont monétisés. On voit quand même que la désinformation, ça rapporte. ». Quant aux autres plateformes, pas moyen de savoir. La transparence est un enjeu de sécurité publique. C'est l'une des recommandations finales du rapport, à l'adresse du régulateur européen et de ces entreprises de services numériques elles-mêmes. Le minimum serait de fournir ce type d'information sur leur fonctionnement interne.    Cette série d'émissions sur « L'Europe face aux menaces informationnelles », entre dans le cadre du projet CLIC, cofinancé par l'Union européenne, en partenariat avec France 24, l'AFP, et le média d'investigation slovène Oštro.

    30 min
  2. APR 10

    L'Europe face aux menaces informationnelles (épisode 4) : élections en Hongrie

    Les Hongrois votent dimanche 12 avril 2026, dans un pays où le parti au pouvoir exerce une emprise totale sur les grands médias, et recourt massivement à l'intelligence artificielle pour dénigrer l'adversaire. Mais la bataille fait rage sur les réseaux sociaux où candidats de l’opposition et médias indépendants en ligne parviennent à se faire entendre. À la veille du scrutin, Viktor Orban est en mauvaise posture. Infox, IA et propagande d’État ne semblent pas lui profiter.  Dans la dernière ligne droite de la campagne électorale en Hongrie, la désinformation fait rage. L'emploi d'images générées par l’intelligence artificielle est devenu l'outil privilégié de la propagande du Fidesz de Viktor Orban. Mais la mainmise du parti au pouvoir sur les médias et son usage des réseaux sociaux n’ont pas découragé l’opposition, très présente elle aussi sur les grandes plateformes, de même que les médias indépendants en ligne, qui ont multiplié les révélations gênantes pour le pouvoir à l'approche du scrutin. Nous avons rencontré à Budapest nombre d’experts, universitaires, journalistes, fact-checkers. Ils racontent leur expérience de la campagne.  Szuszanna Zelenyi que nous avons rencontrée à la Central European University de Budapest, vient de publier un livre intitulé « Démocratie corrompue, Viktor Orban et la subversion de la démocratie ». Ancienne membre du Parlement hongrois, elle a fait ses débuts en politique dans les rangs du Fidesz, avant de prendre ses distances, face à la dérive illibérale du parti arrivé aux affaires en 2010. Voici ce qu'elle déclare à propos de l'avance confortable de Péter Magyar dans les sondages:  « C'est une avance significative, mais cela ne signifie pas pour autant qu'il gagnera. Parce que les règles électorales sont tellement faussées, parce que la domination médiatique du Fidesz est tellement incroyable, parce que le Fidesz utilise des vidéos générées par IA pour mener une incroyable campagne de complotisme. Peter Magyar est dépeint comme agent de l’étranger. L'Union européenne et le président ukrainien Volodymyr Zelensky, sont présentés comme des acteurs qui veulent entraîner la Hongrie dans la guerre, nous obliger à payer pour ça et envoyer nos fils mourir là-bas. » L'Ukraine de Zelensky, bouc émissaire de la campagne Pour le journaliste du site d'information en ligne Magyar Jeti, Pal Daniel Renyi, malgré tout, la lassitude gagne l'électorat,  « Cette instrumentalisation de la peur en Hongrie fait partie intégrante de la politique du parti au pouvoir depuis au moins dix ans. Ça ne marche plus parce que les gens sont épuisés d'avoir peur en permanence. »  Szilard Teczar du site de fact-checking Lakhmusz, membre du HDMO, l'Observatoire hongrois des médias numériques pointe l'aspect nocif de la propagande à long terme exercée par le parti au pouvoir, bien au-delà de la période électorale, mais ajoute-t-il, « si la désinformation produit un effet à long terme, le fact-checking, qui agit également dans la durée, en incitant à la pensée critique, à la vérification des faits, au croisement des sources ».  Ingérence et inversion accusatoire En difficulté sur le plan domestique, le Fidesz joue la carte internationale avec le soutien de la Russie, des États-Unis, et de l'extrême droite européenne. L’ingérence extérieure n’est pas dénoncée, elle est revendiquée. Venu à Budapest demander aux Hongrois de voter Viktor Orban, le vice-président américain JD Vance s’en est pris à l’Europe accusée d’ingérence, parce que l’UE a suspendu ses financements à la Hongrie, après un certain nombre d’affaires de détournement de fonds au profit du clan Orban, et pour non respect de critères tels que le respect de l’état de droit. C'est pourquoi le leader de l'opposition Péter Magyar a décidé de centrer sa campagne sur la dénonciation de la corruption, et ce thème de campagne remporte un franc succès sur les réseaux sociaux.  Par ailleurs, selon l'analyse d'Erik Uszkiewicz, à la tête du Centre pour le journalisme indépendant, il n'est pas sûr que ces leaders étrangers aient vraiment de l'influence sur l'électorat hongrois. « Beaucoup de Hongrois ne savent tout simplement pas qui est J.D. Vance ».  Gabor Poliak, fondateur de l'ONG Mertek Media Monitor, affirme quant à lui, « l’efficacité de la propagande dépend aussi du contexte. Elle était bien plus efficace quand la situation économique en Hongrie était bien meilleure », c'était avant 2020. Autant de facteurs qui permettent en partie de comprendre pourquoi, à la veille du scrutin, malgré le rouleau compresseur médiatique du parti au pouvoir, l'opposition poursuit la course en tête dans les sondages.  Cette série d'émissions sur « L'Europe face aux menaces informationnelles », entre dans le cadre du projet CLIC, cofinancé par l'Union européenne, en partenariat avec France 24, l'AFP, et le média d'investigation slovène Oštro.

    30 min
  3. MAR 27

    Repenser la lutte contre la désinformation à l’aune des sciences cognitives

    Nous sommes tous vulnérables face aux fausses informations. Voici l’état des lieux dressé par l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel français. Plus d’un sondé sur cinq a jugé exacte une fausse information. Face à ce constat, faut-il repenser la lutte contre la désinformation ? Comment renforcer notre résilience individuelle et collective ? On en parle avec notre invité, Grégoire Darcy, doctorant en sciences cognitives à l’Institut Jean Nicod. Selon un rapport de l’Arcom publié mardi 24 mars 2026, 97% des Français déclarent être exposés à des fausses informations. Huit sondés sur dix considèrent qu’il est indispensable de lutter contre la désinformation. Ces chiffres, basés sur une étude déclarative, illustrent en réalité un phénomène ancien. « Ce n'est pas forcément nouveau, explique Grégoire Darcy, doctorant en sciences cognitives à l’Institut Jean Nicod. En 2020 déjà, l'OMS parlait d'infodémie pour parler de la diffusion de désinformation massive. Le United Nations Global Risk Report le met aussi parmi les premières causes de vigilance à court terme. [...] L’homme n'a pas attendu Internet pour inventer le mensonge. Pour preuve, on trouve des traces de désinformation au XIVè siècle avant Jésus-Christ. C'est quelque chose qui a toujours été là. Il ne faut pas céder à une panique morale ». « La désinformation, n’est pas forcément un problème de crédulité, c’est davantage une cognition sociale et identitaire qui va faire que vous vous retrouvez à y adhérer. » Aujourd’hui, les politiques publiques peinent à s’attaquer efficacement aux racines du problème. « Si on attaque la désinformation avec des politiques très individuelles comme le fact-checking ou l’éducation aux médias, sans s’attaquer aux causes structurelles, on écope dans un bateau qui coule sans jamais colmater la brèche », estime notre invité, Grégoire Darcy. Comment la Russie a influencé des médias ouest-africains ? C’est une fuite de documents inédite. 1 431 pages de dossiers internes à la « Compagnie », une structure russe liée au Kremlin, ont été envoyés anonymement au média panafricain, The Continent. Ils montrent comment Moscou a mené des opérations d’influence en Afrique en infiltrant la presse locale. Avec un consortium international de médias coordonné par Forbidden Stories, la rédaction des Observateurs de France 24 a analysé ces documents stratégiques, qui montrent en miroir la porosité de ces médias face aux ingérences extérieures. Nathan Gallo nous résume son travail d’enquête. CAN 2026 : l’IA alimente la polémique Le Sénégal déclaré forfait, le Maroc finalement sacré champion de la CAN 2026. La polémique après la décision de la Confédération africaine de football (CAF) ne désemplit pas sur les réseaux sociaux. Dans ce contexte, plusieurs fausses informations circulent, notamment sous forme de vidéos créées par IA. Ces clips mettent en scène des supporters des Lions de l’atlas, prenant la défense des Sénégalais. Olivier Fourt, journaliste à la cellule Info Vérif de RFI, revient sur ces images trompeuses, totalisant des millions de vues, rien que sur Tik Tok.

    30 min
  4. MAR 13

    L'Europe face aux menaces informationnelles (épisode 3) : élections en Slovénie

    Dans dix jours, les citoyens de Slovénie sont appelés aux urnes, pour élire les 90 membres de l'Assemblée nationale. Un scrutin qui se tient tous les 4 ans. Comment l’environnement informationnel a-t-il évolué depuis avril 2022 ? Svoboda, le mouvement pour la liberté venait d’être créé et avait remporté un large score. Mais comme d’autres pays d’Europe, l’électorat slovène est désormais sous pression d’un fort courant populiste de droite ultra-conservatrice, de nature à polariser les débats. Les Slovènes sont appelés aux urnes le 22 mars 2026. Dans ce contexte, la bataille des récits fait rage, alimentée par un courant illibéral ultra-conservateur, sous la double influence du mouvement MAGA (Make America Great Again) des trumpistes et de la Hongrie de Viktor Orban. La Slovénie, petit pays de 2 millions d’habitants revêt néanmoins une importance stratégique en Europe. La taille modeste du pays et de son écosystème médiatique le rendent vulnérable aux ingérences étrangères, facilement pénétrable, une proie facile pour la propagande et la désinformation. Si les précédents scrutins en Europe -Roumanie, Moldavie, Allemagne- ont sonné l'alerte face à ce type de pratiques, il n'y a pas à ce stade de réponse coordonnée impliquant médias et société civile, seules quelques initiatives un peu tardives. L'issue du scrutin constituera un indicateur du degré de résilience de la population face aux attaques informationnelles.  Nous avons rencontré sur place des observateurs de la vie politique, médiatique et numérique. Ils nous livrent leurs analyses : - Marko Milosavljević, professeur de journalisme et du droit des médias à l'Université de Ljubljana.  - Katja Geršak, analyste de l'institut Trivelis, Ljubljana - Gašper Andrinek, journaliste à RTV Slovenija et président de l'Association des journalistes slovènes - Žan Premrov, journaliste à Oštro, média d'investigation slovène. Cette série d'émissions sur « L'Europe face aux menaces informationnelles », entre dans le cadre du projet CLIC, cofinancé par l'Union européenne, en partenariat avec France 24, l'AFP, et le média d'investigation slovène Oštro.

    30 min
  5. MAR 6

    L'Europe face aux menaces informationnelles (épisode 2) : municipales en France

    C’est l’une des techniques les plus insidieuses de la désinformation en ligne et des ingérences étrangères numériques : le typo squattage ou détournement de noms de domaine, pour répandre des contenus trompeurs, fallacieux ou diffamatoires. En amont des municipales en France, c’est autant d’occasions d’usurpation d’identité visant les candidats. On en parle avec Pierre Bonis, le directeur général de l’AFNIC, Association française pour le Nommage internet en Coopération. L'association qui gère les noms de domaines en.fr., donne des conseils pour ne pas tomber dans les pièges de la désinformation en ligne.  Ce vendredi 6 mars 2026, le bulletin hebdomadaire du « réseau de coordination et de protection des élections » mis en place par les pouvoirs publics, relate un nouveau cas d'ingérence étrangère dans la campagne municipale 2026 à Paris. Le contenu trompeur détecté sur la plateforme X vise à modifier la perception de ce candidat auprès de l'opinion, avec un narratif clivant sur la question des migrants. Le montage vidéo mensonger a été primodiffusé sur un site web usurpant la charte graphique du site officiel du candidat en question. C'est contre ce type de manœuvre informationnelle que met en garde notre invité, Pierre Bonis, et son association l'Afnis. Viginum, le service de l'État en charge de la lutte contre les ingérences numériques étrangères, estime pouvoir attribuer cette opération au mode opératoire informationnel russe Strom-1516, avec un haut niveau de confiance. À ce stade, l'effet produit sur le débat public apparaît marginal, du fait de l'audience limitée de l'infox. La plupart des opérations précédentes sont tombées à l'eau, la plupart des noms de domaine étant désormais inactifs, mais ce nouvel exemple montre que la campagne se poursuit.  Cette série d'émissions sur « L'Europe face aux menaces informationnelles », entre dans le cadre du projet CLIC, cofinancé par l'Union européenne, en partenariat avec France 24, l'AFP, et le média d'investigation slovène Oštro.

    30 min
  6. FEB 27

    L'Europe face aux menaces informationnelles (épisode 1) : l'offensive russe

    Cela fait 4 ans que la Russie a lancé une offensive à grande échelle contre l’Ukraine, mais cela fait beaucoup plus longtemps que les manœuvres informationnelles ont commencé. Acteurs étatiques et non étatiques : comment la Russie pousse ses pions, à coups d’infox et de propagande, avec quelle efficacité ? Dans quelle mesure les opérations de désinformation pro-russes affectent le débat démocratique en Europe ?  Comprendre la fabrique de l'influence d'un État autoritaire comme la Russie, ses modes opératoires, son recours à la propagande et la désinformation, c'est devenu un impératif pour la sauvegarde des démocraties. Depuis plus d'une décennie, les processus électoraux sont systématiquement visés, avec plus ou moins de résultats. Autour de quels narratifs, s'articule cette stratégie d'influence mise en place par la Russie de Vladimir Poutine ? Comment se propagent-ils ? Pour en parler, nous recevons le chercheur Maxime Audinet, professeur Junior à l’Inalco, titulaire de la chaire « Stratégies d’influence et de contre-influence en contexte numérique », spécialiste de la politique étrangère et d’influence de la Russie. Il est cofondateur du collectif CORUSCANT et participe au projet GEODE, de géopolitique de la data sphère.  Cette émission est la première d'une série consacrée à l’Europe face aux menaces informationnelles, dans le cadre du projet CLIC, cofinancé par l'Union européenne, en partenariat avec France 24, l'AFP, et le média d'investigation slovène Oštro.

    30 min

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Repérer le faux dans l’info, ça n’est pas toujours facile. Sur Radio France internationale, on vous aide à y voir plus clair. En compagnie de tous ceux qui traquent l’infox, l’observent et l’analysent, au plus près, « Les dessous de l'infox », le magazine est diffusé tous les vendredis. Une émission présentée par Sophie Malibeaux. Diffusions le vendredi à 17h30 TU (vers toutes cibles). 

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