L’esprit critique

Cinéma, littérature, spectacles, expos : chaque semaine, L’esprit critique, c’est le nouveau podcast proposé par Mediapart pour inciser l’actualité culturelle, renouveler les voix qui débattent des œuvres et rendre compte des débats esthétiques et politiques qui traversent ce qu’on nous donne à lire ou à voir. Hébergé par Audiomeans. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  1. 3D AGO

    PAETIE 3 -EP173, autour du roman d'Ocean Vuong, "L'empereur de la joie" (Gallimard)

    Un personnage nommé Sony d’après la marque japonaise du même nom ; un autre dont le prénom, Hai, se prononce comme on dit « salut » aux Etats-Unis ; une veuve âgée d’origine lituanienne prénommée Grazina ; mais aussi un Russe, une catcheuse gérante de restaurant ou encore Maureen qui finira à tricoter des écharpes dans son fauteuil roulant dans la ville de Defiance, dans l’Ohio… C’est un melting pot très américain, réuni dans une petite ville marginalisée et paupérisée de Nouvelle Angleterre, que nous donne à lire Ocean Vuong, marketé comme le nouveau prodige des lettres américaines dans son nouveau roman intitulé L’Empereur de la Joie et traduit par Hélène Cohen aux éditions Gallimard. Petite ville où règnent la malbouffe et les cachets permettant la défonce, et à propos de laquelle le narrateur écrit : « Rien ne s’arrête jamais ici, à part nous. (…) Nous sommes la tache floue derrière les vitres de vos tarins et de vos monospaces, de vos bus greyhound, nos visages déformés par le vent comme les parias des toiles de Munch. » Tout comme Hai le personnage principal de son histoire, Ocean Vuong, né au Vietnam à la fin des années 1980, est arrivé aux Etats-Unis à l’âge de deux ans. Tout comme lui, il a voulu écrire, rencontrant le succès avec un premier roman intitulé Un bref instant de splendeur, ainsi qu’un recueil de poésie titré Le temps est une mère. L’Empereur de la Joie débute un soir d’été, au moment où Hai, 19 ans, addict à différents cachets, sans perspectives et presque sans famille, se retrouve sur un pont et sous une pluie battante, prêt à sauter en contrebas, avant d’en être dissuadé par Grazina, et de former avec elle un improbable duo jouant à la guerre et à la famille, pour le plus grand déplaisir du fils de Grazina... Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    17 min
  2. 3D AGO

    PARTIE 1 -EP173, autour du roman d'Agathe Charnet, "Peut-être le hasard" (Les corps conducteurs)

    Peut-être le hasard est le titre du premier roman de la dramaturge et metteuse en scène Agathe Charnet, autrice de plusieurs pièces de théâtre. Il est publié aux Corps conducteurs, jeune maison d’édition au nom inspiré d’un ouvrage de Claude Simon qui entend publier des livres qui « électrisent ». Dans ce texte largement autobiographique, l’autrice retrace une catastrophe à la fois commune et extraordinaire : la démence précoce qui touche sa mère, enseignante de philosophie, alors qu’elle vient seulement d’atteindre la cinquantaine. Tout à la fois portrait croisé de deux femmes de deux générations différentes, journal de maladie, réflexion sur la fin de vie et expression rageuse de la difficulté à aider les proches souffrants, Peut-être le hasard se présente sous forme de successions d’hypothèses plus ou moins sérieuses et de tranches de vie flirtant avec la mort. Chaque chapitre est ainsi introduit par un titre formulé en des termes comme : « C’est peut-être Balthazar » ; « C’est peut-être la protéine précurseur amyloïde » ; « C’est peut-être le divorce » ; « C’est peut-être le chat roux »… Agathe Charnet aborde ainsi le « deuil blanc », c’est-à-dire le deuil d’avant le deuil, le deuil d’une personne qui disparaît dans la démence avant de mourir vraiment et qui lui fait écrire en s’adressant directement à sa mère : « Tu ne pleureras pas de joie à l’annonce de ma grossesse et n’activeras pas, malgré mes interdictions, le tam-tam familial pour que chacun soit au courant. Tu ne tiendras pas mon nouveau-né dans tes bras, ne débarqueras pas en catastrophe pour m’aider quand il sera malade, ne feras jamais de réflexion délicieusement crispante sur ma façon de l’élever, ne le garderas jamais pour les vacances scolaires en te plaignant d’être un peu épuisée à la fin. » Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    14 min
  3. MAY 10

    PARTIE 1 -EP172, autour du film "Dao" d'Alain Gomis

    Dao, comme nous l’explique un carton qui ouvre le nouveau long-métrage du réalisateur Alain Gomis ainsi titré, cela signifie « mouvement perpétuel et circulaire, qui coule en toute chose et unit le monde ». Et c’est bien cette ambition de capter un tel mouvement qui anime le cinéaste en mettant et montant en parallèle deux cérémonies familiales reliées entre elles à travers le personnage de Gloria, personnage principal de ce film choral, qui réenterre son père et marie sa fille. La première cérémonie est un rite animiste qui se tient dans un village de Guinée Bissau un an après la mort du père. La seconde est un mariage qui se tient dans une ferme de la campagne française louée à l’occasion des noces de la fille. En donnant des rôles à des acteurs et actrices professionnels et non professionnels, y compris à sa propre famille ; en brouillant les pistes entre fiction et documentaire ; en mêlant improvisation et dialogues et scènes jouées et non jouées ; ou encore en donnant accès au making of du long-métrage au point de le débuter par son casting préparatoire, Alain Gomis semble vouloir troubler les rapports entre le vrai et le faux, mais avec néanmoins l’envie d’atteindre à une vérité de ce tout qui peut se jouer dans les rapports familiaux : émotions inattendues ou échanges convenus, gênes soudaines ou joies explosives, poids et légèreté tout à la fois de s’inscrire dans une généalogie et d’être pris dans des liens qui peuvent enfermer ou libérer… Dao, d’Alain Gomis est sorti en salles le 29 avril dernier. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    19 min
  4. MAY 10

    PARTIE 2 -EP172, autour de la série "Bandi" d'Eric et Capucine Rochant

    On poursuit cette émission non pas avec un film, mais avec une série proposée par le cinéaste et scénariste Éric Rochant, célèbre pour la série du Bureau des Légendes ou son film Un monde sans pitié, co-écrite et réalisée avec sa fille Capucine Rochant. Cette série s’intitule Bandi, sans t à la fin, parce qu’elle se déroule en Martinique, et alterne entre français et créole. Elle est filmée à l’opposé des clichés touristiques, dans les quartiers défavorisés de cette île des Antilles. Disponible sur Netflix en huit épisodes de 55 minutes chacun, la série suit l’évolution de la famille Lafleur, constituée de onze frères et sœurs, que l’on découvre alors que leur mère, pilier et seule source de revenus d’une cellule familiale dont le père est en détention, vient de mourir dans un accident de la route. Pour survivre et ne pas être séparés, plusieurs des frères se lancent dans le trafic de drogue, dans des styles différents, incarnés par l’opposition entre les deux frères Kylian et Kingsley, qui ont chacun leur façon de faire du business. Cette série réalisée et produite par des figures du cinéma hexagonal, mais voulant représenter des décors de palmiers, des trafics de drogue, des courses en scooters débridés et des dialogues en créole ne produit-elle que des clichés ? Autrement posé, est-elle exotique en nous montrant un univers rarement vu à l’écran ou exotisante en ne nous présentant que des images attendues voire problématiques ? Bandi, signé Éric et Capucine Rochant, est disponible sur Netflix depuis le début du mois d’avril. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    14 min

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