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Tous les jours, du lundi au jeudi, Christophe Dansette et les autres chroniqueurs de France 24 décryptent un grand thème de l’actualité économique en France et à l’étranger. 

  1. 1 DAY AGO

    De l’Albanie aux Émirats, l’intelligence artificielle entre au cœur de l’État

    La Cour constitutionnelle albanaise doit se prononcer sur la légalité de la nomination de Diella, Première ministre virtuelle au monde. Derrière ce cas spectaculaire, une tendance de fond se dessine : partout, les États intègrent l’intelligence artificielle dans leurs administrations, avec des promesses d’efficacité, mais aussi des interrogations. La Cour constitutionnelle d’Albanie doit se prononcer sur un cas inédit : celui de Diella, présentée comme la Première ministre virtuelle au monde. Nommée en septembre dernier, cette intelligence artificielle a officiellement pour portefeuille l’IA, avec pour mission d’accélérer la numérisation de l’État et d’améliorer l’accès aux services publics. Mais elle a surtout été présentée par le Premier ministre Edi Rama comme un outil de lutte contre la corruption dans les marchés publics. Avant sa promotion, Diella était une simple assistante administrative : elle aurait eu près d’un million d’interactions et permis de délivrer plus de 36 000 documents administratifs. L’affaire pose une question qui dépasse largement les frontières albanaises : jusqu’où l’IA peut-elle entrer dans le fonctionnement de l’État ? Une administration de plus en plus automatisée Aux États-Unis, les agences fédérales ont recensé plus de 3 600 cas d’usage de l’IA en 2025, contre environ 1 700 l’année précédente. Selon l’OCDE, 67 % des pays membres utilisent déjà l’intelligence artificielle pour améliorer la conception ou la fourniture des services publics. En France, l’outil Albert aide déjà certains agents publics à mieux répondre aux demandes des usagers. Aux Émirats arabes unis, le gouvernement veut aller plus loin encore : transformer 50 % des secteurs, services et opérations de l’État grâce à l’IA agentique d’ici deux ans. Mais plus l’IA entre dans les marchés publics, la fiscalité, la police, la justice ou la défense, plus une question devient centrale : qui décide vraiment, l’administration ou l’algorithme ?

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  2. 2 DAYS AGO

    Drones militaires : une alliance européenne pour rattraper le retard

    La Commission européenne lance une alliance des drones avec l'Ukraine pour structurer une filière industrielle européenne. Objectif : produire plus vite, en plus grand nombre, et réduire les dépendances face aux États-Unis, à la Chine, à la Russie ou encore à l'Iran. L'Europe veut changer d'échelle dans les drones militaires. Les entreprises européennes et ukrainiennes du secteur ont jusqu'à lundi soir, 23 h 59, pour se faire connaître auprès de Bruxelles et rejoindre la future alliance européenne des drones. Derrière cette procédure, l'enjeu est stratégique : bâtir une filière européenne capable de produire vite, en nombre, et de façon coordonnée. La guerre en Ukraine a montré le rôle central de ces engins, capables de surveiller un front, guider une frappe, détruire un blindé ou saturer une défense aérienne. Selon le Council on Foreign Relations, l'Ukraine a produit entre 2,5 et 4 millions de drones en 2025, et vise environ 7 millions d'unités en 2026. Produire vite, produire en masse L'Europe dispose déjà d'acteurs prometteurs : Helsing et Quantum Systems en Allemagne, Tekever au Portugal, Delair, Parrot ou Elistair en France, sans oublier Thales, Safran, Leonardo, Airbus ou Rheinmetall. Mais cette industrie reste fragmentée, avec des programmes souvent nationaux et des volumes encore limités. L'exemple des drones iraniens Shahed, utilisés massivement par la Russie en Ukraine, a montré l'efficacité d'armes simples, peu coûteuses et produites en série. Le marché mondial des drones militaires est estimé à un peu plus de 18 milliards de dollars en 2025, selon Fortune Business Insights, dont environ un quart pour l'Europe. Pour Bruxelles, l'enjeu est donc autant industriel que militaire : faire émerger une souveraineté européenne dans les drones et les systèmes anti-drones.

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  3. 6 DAYS AGO

    SpaceX sur la rampe de lancement d'une introduction en Bourse

    SpaceX a officiellement lancé son processus d’introduction en Bourse. L’entreprise d’Elon Musk vise une cotation au Nasdaq mi-juin, avec une valorisation qui pourrait atteindre jusqu’à 2 000 milliards de dollars. SpaceX se prépare à un décollage très attendu à Wall Street. L’entreprise spatiale d’Elon Musk a déposé ses documents officiels d’introduction en Bourse auprès du gendarme boursier américain. Objectif : une cotation au Nasdaq à partir du 12 juin, sous le symbole SPCX. Selon Bloomberg, SpaceX espère lever plus de 75 milliards de dollars, avec une valorisation comprise entre 1 750 et 2 000 milliards de dollars. Ce serait l’une des plus grandes introductions en bourse jamais réalisées. Des fusées à l’intelligence artificielle SpaceX a révolutionné le secteur spatial avec ses fusées réutilisables, ses missions pour la NASA et son réseau Starlink. Ce service d’internet par satellite représente désormais une part majeure de ses revenus, avec des millions d’abonnés et des contrats stratégiques dans le monde entier. Mais derrière cette réussite, l’entreprise brûle énormément de cash : près de 5 milliards de dollars de pertes en 2025, malgré environ 19 milliards de dollars de revenus. Les coûts viennent notamment du programme Starship, du déploiement de Starlink et de l’intelligence artificielle, après l’absorption de xAI, la société qui développe Grok.

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  4. 6 DAYS AGO

    Attractivité : la France reste championne d’Europe, mais le moteur ralentit

    Selon le baromètre EY publié ce jeudi, la France reste la première destination européenne pour les investissements étrangers, devant le Royaume-Uni et l’Allemagne. Un point positif pour Emmanuel Macron en fin de mandat, mais un résultat à nuancer : les projets reculent nettement et l’instabilité politique pèse sur les décisions des investisseurs. La France conserve son titre de championne européenne de l’attractivité pour la septième année consécutive. Selon le baromètre EY, 852 projets d’investissements étrangers ont été recensés en France en 2025, devant le Royaume-Uni et l’Allemagne. Pour Emmanuel Macron, c’est un bilan important : depuis 2017, le chef de l’État a fait de l’attractivité l’un des marqueurs de sa politique économique, avec la baisse de l’impôt sur les sociétés, les réformes du marché du travail et le sommet Choose France organisé chaque année à Versailles et dont la prochaine édition aura lieu le 1er juin. Mais derrière cette première place, le signal est moins flamboyant. Les projets d’investissements étrangers reculent de 17 % en un an en France, davantage que la moyenne européenne, en baisse de 7 %. Un bon point dans un bilan économique assombri EY pointe un contexte international difficile, marqué par les tensions commerciales, les crises géopolitiques et la concurrence des États-Unis et de la Chine. Mais les fragilités françaises pèsent aussi : coût du travail, fiscalité, complexité administrative et surtout instabilité politique depuis la dissolution de 2024. Les projets industriels restent nombreux, mais reculent de 15 %, tandis que les centres de recherche et développement chutent fortement. Côté emploi, les investissements étrangers ont généré près de 28 000 postes en France en 2025, un recul limité mais dans un contexte où le chômage remonte à 8,1 %. L’attractivité reste donc l’un des rares points positifs du bilan économique d’Emmanuel Macron, alors que la dette, le déficit, la croissance et l’emploi assombrissent nettement la fin de mandat.

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  5. 20 MAY

    Emmanuel Moulin à la Banque de France : une nomination stratégique qui divise

    Ancien secrétaire général de l’Élysée, Emmanuel Moulin est le choix d’Emmanuel Macron pour prendre la tête de la Banque de France. Un profil reconnu pour son expertise économique, mais contesté par les oppositions, qui dénoncent une nomination politique à un poste clé avant 2027. Emmanuel Macron veut confier à Emmanuel Moulin l’un des postes les plus sensibles de la République économique : gouverneur de la Banque de France. L’enjeu dépasse largement la direction d’une institution monétaire. Le gouverneur siège à la Banque centrale européenne, participe aux décisions sur les taux d’intérêt de la zone euro et préside aussi l’autorité qui supervise les banques et les assurances en France. Pour Emmanuel Macron, Emmanuel Moulin coche toutes les cases : ancien directeur général du Trésor, ancien conseiller économique de Nicolas Sarkozy, ancien directeur de cabinet à Bercy et à Matignon, puis secrétaire général de l’Élysée. Il connaît les marchés, les banques, Bruxelles, Francfort et les crises économiques. Un poste technique devenu bataille politique Mais c’est aussi cette proximité avec le pouvoir qui alimente la polémique. Comment garantir l’indépendance d’une banque centrale quand son futur patron vient directement du cœur du pouvoir politique, dénoncent la gauche et le Rassemblement national. Pour eux, il s'agit d'une tentative de verrouillage des grandes institutions avant la fin du quinquennat, après Richard Ferrand au Conseil constitutionnel et Amélie de Montchalin à la Cour des comptes. À voir aussiPourquoi la nomination d'Amélie de Montchalin à la Cour des Comptes est-elle très controversée? La nomination doit être examinée par les commissions des finances de l’Assemblée nationale et du Sénat, qui peuvent la bloquer si trois cinquièmes des suffrages exprimés sont défavorables. Cette majorité paraît difficile à atteindre sans un vote massif de la droite contre Emmanuel Moulin.

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  6. 19 MAY

    Au G7, Washington fait cavalier seul pour une nouvelle dérogation sur les sanctions russes

    Alors qu'en avril, les États-Unis disaient qu'ils ne renouvelleraient pas la dérogation de sanction sur les sanctions russes, et que le G7, ce mardi, se disait "unanime" pour maintenir la pression sur la Russie, Washington a finalement décidé de renouveler la pause sur les sanctions contre le pétrole russe. Pour la troisième fois, le pays autorise les achats d'or noir qui se trouve déjà en mer, histoire de soulager la pression sur les volumes et donc sur les prix du pétrole, qui se sont envolés avec la guerre au Moyen-Orient. Pour les Européens, la situation ne justifie pas de donner de l'air à Moscou. Quand au président ukrainien Volodymyr Zelensky, il s'inquiète depuis la première trêve accordée par les États-Unis et estime que la Russie va pouvoir se refaire financièrement et alimenter l'effort de guerre contre Kiev. Après l'invasion à grande échelle de l'Ukraine en février 2022, le G7 a imposé un embargo sur les ventes de pétrole russe et imposé un prix-plafond de 60 dollars le baril. Mais Moscou s'est évertué à contourner les sanctions, notamment grâce à une flotte fantôme qui compterait aujourd'hui quelques 600 tankers en fin de vie et sous pavillon de complaisance. Les ventes de pétrole brut russe auraient même quadruplé depuis avril 2022 et bénéficient aujourd'hui de la même hausse des prix de l'énergie. Le baril de brut de l'Oural s'échange aujourd'hui aux alentours de 100 dollars, bien loin de la limite fixée par le G7.

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  7. 19 MAY

    Festival de Cannes : la polémique Canal+ s'invite sur la Croisette

    Au Festival de Cannes, la tribune signée par 600 personnalités contre l’influence de Vincent Bolloré et la réponse de Maxime Saada, patron de Canal+, ont ravivé un débat central : qui finance le cinéma français ? Le Festival de Cannes est marqué par une polémique autour de Vincent Bolloré et de son influence supposée sur le cinéma français. À l’origine, une tribune publiée dans Libération, signée par environ 600 personnalités du secteur. La réponse de Maxime Saada, patron de Canal+, propriété du groupe Bolloré, a fait l’effet d’une bombe : il ne souhaite plus travailler avec les signataires. Car Canal+ n’est pas un financeur comme les autres : en 2025, le groupe a investi environ 155 millions d’euros dans les films français. C’est moins qu’avant, mais cela reste essentiel pour de nombreux producteurs, qui comptent sur Canal+ pour boucler leurs plans de financement. Un modèle puissant, mais sous tension Canal+ pèse d’autant plus que le groupe est aussi présent dans la production avec Studiocanal, et désormais au capital d’UGC, à hauteur de 34 %, avec une possible prise de contrôle à partir de 2028. Au-delà de Canal+, le cinéma français repose sur un puzzle de financements : autres diffuseurs, plateformes, CNC, crédits d’impôt, régions, producteurs, distributeurs et ventes internationales. En 2025, les diffuseurs ont apporté plus de 360 millions d’euros au cinéma français, tandis que les financements publics représentaient environ 250 millions d’euros. Ce modèle reste l’un des plus structurés d’Europe, mais il est fragilisé par la baisse des apports de Canal+, des chaînes privées et des financements publics. À Cannes, le cinéma français brille toujours sur les marches, mais la polémique rappelle une question beaucoup moins glamour : qui financera les prochains films ?

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