Reportage Afrique

Nos correspondants et envoyés spéciaux sur le continent africain vous proposent, chaque jour, en deux minutes une photographie sonore d'un évènement d'actualité ou de la vie de tous les jours. Ils vous emmènent dans les quartiers ou dans les campagnes pour vous faire découvrir l'Afrique au jour le jour.

  1. 43 MIN AGO

    En France, des étudiants africains désireux de rentrer au pays à la fin de leur formation [2/3]

    D'après les chiffres de Campus France, en 2023, plus de cent quarante mille étudiants africains étaient inscrits dans les universités françaises, soit 47,2 % des étrangers inscrits. Contrairement à une idée reçue, un grand nombre de ces étudiants décide de regagner le continent pour se mettre au service de leur pays à l'issue de leur formation. À la Cité universitaire internationale de Paris, rencontre avec ces étudiants qui partagent cette même volonté de venir étudier en France pour mieux rentrer. Un reportage de Diao Habib, Dans sa chambre à la Cité universitaire internationale de Paris, El Hadji Ibrahima Ndiaye, étudiant sénégalais qui termine son master d'histoire, est en pleine discussion avec des compatriotes étudiants. Pour lui, rentrer pour partager son savoir acquis est une évidence. « J'ai décidé, après mes études ici, de rentrer au pays et de contribuer au rayonnement du département d'histoire, détaille le jeune homme. Par exemple, la question d'histoire environnementale n'est pas enseignée. Donc, ce sont des perspectives pour apporter vraiment un niveau assez élevé pour les universités africaines, notamment les universités du Sénégal, que ce soit à Dakar, à Saint-Louis ou à Ziguinchor. Donc, cela a animé mon choix de faire ce parcours-là, c'est-à-dire venir me former, avoir mes diplômes, et apporter ma pierre à l'édifice, on va dire. » Dans la même pièce, Dienaba Ndiaye est étudiante en master de droit. Elle est venue étudier en France pour éviter les perturbations du système universitaire sénégalais. « Tout n'allait pas bien, il y avait les grèves et je me suis dit : pourquoi ne pas aller à l'étranger pour continuer mes études ?, se rappelle-t-elle. Et l'objectif, ça a toujours été de revenir au pays et de faire le concours de la magistrature, inch Allah. Et actuellement, c'est ça que j'essaye de réaliser parce que je suis en fin de master 2 et je dirais, pour bientôt, l'objectif c'est d'y retourner et de servir notre pays. » À lire aussiCes jeunes issus des diasporas qui refusent d'envoyer de l'argent dans leur pays d'origine « Un sacrifice pour le pays qu'il faut faire » Logé dans une chambre à côté, Annouar Mohamed Nour finit aussi cette année son master en droit international. Il compte rentrer dans son Tchad natal, tout en admettant que c'est un pari risqué. « Donner les compétences acquises à l'étranger au service de son pays comporte des risques, explique le jeune Tchadien. Parce que vous allez avoir un salaire très bas, vous allez avoir des conditions de travail assez difficiles. Mais n'empêche, moi, j'envisage vraiment de retourner pour contribuer au développement de mon pays malgré toutes ces conditions. Donc ça, c'est quelque chose qui m'anime beaucoup parce que c'est aussi un sacrifice pour le pays qu'il faut faire en général. » Selon des données de Campus France publiées ces dernières années, environ 50 % des étudiants étrangers repartent dans leurs pays quatre ans après la fin de leurs études. À lire aussiÀ Paris, brassage et rencontre entre étudiants africains [1/3]

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  2. 1 DAY AGO

    À Paris, brassage et rencontre entre étudiants africains [1/3]

    Premier épisode de notre série de reportages sur les étudiants africains qui viennent poursuivre leurs études en France. Une aventure qui permet le brassage culturel continental, car à l'occasion de leur séjour en France, de nombreux étudiants africains font connaissance sur les campus avec d'autres cultures, d'autres traditions, notamment culinaires, et découvrent d'autres parties du continent. Un reportage de Bokar Tall,  Audrey et Maïmouna sont étudiantes en master 2 d'histoire à l'université d'Évry Paris-Saclay. Elles viennent du Cameroun et de Côte d'Ivoire. Cela fait bientôt un an qu'elles partagent la même résidence avec d'autres étudiants africains. « Je me sentais en famille parce que je me disais que j'avais des gens avec qui parler, j'avais des personnes qui, si j'ai un souci, si je suis malade, peuvent appeler les ambulances parce qu'une fois, j'ai chuté ici, c'est eux qui ont appelé l'ambulance, se rappelle Audrey. Donc, déjà, c'est rassurant par rapport à d'autres colocations où les gens ne se calculent vraiment pas. Je pense que cette maison, c'est une grâce. On est vraiment comme des frères, comme des sœurs. » Pour Maïmouna Sylla, cette cohabitation entre étudiants africains permet de découvrir la culture et les réalités d'autres pays du continent, ce qu'elle n'aurait pas pu faire, estime-t-elle, si elle était restée dans son pays : « Je n'aurais pas appris autant de choses que ce que j'ai appris en étant ici, j'ai vu beaucoup de choses, beaucoup de plats, j'ai mangé beaucoup de choses, se réjouit-elle. Tout le monde fait son plat ici et on le mange. On découvre, on parle de la culture de chacun. » À lire aussiLa France, une destination de choix pour les étudiants étrangers selon une étude de Campus France Connaître tout un continent sans se déplacer Domba Aziz est étudiant en master 2 en management du sport à Amos Business School. Il vit à la résidence de la Fondation Lucien Paye de la Cité universitaire internationale de Paris. « Je suis un exemple typique de brassage parce que depuis mon arrivée, j'ai connu pas mal d'Africains, témoigne l'étudiant. Celui que j'ai le plus en mémoire, c'est mon voisin de chambre à Paris, dans le 14ᵉ, qu'on appelait Ousmane Sow. Grâce à lui, j'ai découvert une cérémonie religieuse sénégalaise. Ce qui m'a le plus marqué, c'est que la cuisine était tenue par des hommes. Je me suis rapproché aussi des Béninois et il y a un peuple que j'ai découvert, les Gabonais, côté culturel, musical... Du coup, en venant ici pour les études, ça a été vraiment un package, j'ai pu connaître tout un continent, on peut dire, en partie, sans se déplacer, sans aller dans ces pays-là. » Je souhaite à chacun de vivre cette expérience, ajoute Aziz, car des histoires naissent de ces rencontres entre étudiants africains vivant en France. Un enrichissement sur le plan culturel, linguistique et social qui s'ajoute à l'apprentissage dans les amphithéâtres. À écouter dans Afrique, mémoires d'un continentLa FEANF, emblème d’une jeunesse anticoloniale

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  3. 1 DAY AGO

    Madagascar: une formation événementielle locale pour le grand défi du concert de Gazo et La Fouine

    À Madagascar, le stade Barea accueille, vendredi 10 avril, ce qui devrait être son plus grand concert de l'année 2026. À l'affiche : Gazo et La Fouine, deux stars du rap français. Pour l'occasion, 20 000 billets ont été mis en vente. Mais organiser un événement d'une telle ampleur sur l'île reste un défi de taille, aussi bien sur le plan technique qu'humain. Depuis trois ans, la société de production à l'origine de ce rendez-vous a donc fait un pari : recruter et former elle-même ses équipes aux métiers de l'événementiel. De notre correspondante à Antananarivo, « Le projecteur 480, il faut le déplacer un tout petit peu sur la gauche ! » Sur scène, des dizaines de techniciens s'activent pour installer l'éclairage et la sonorisation. À quelques mètres de là, Faniry Zo Randria Narisoa, chef de projet Masterclass chez Nas Prod, briefe une vingtaine de stagiaires : « OK les gars, on est à quelques heures du concert, c'est une journée importante pour nous. Pour les équipes qui vont rester ici au bureau, vous gérez les appels VIP, VVIP et Platinium. » Il y a deux ans, pour le concert de Dadju et Tayc, il était à leur place. Aujourd'hui, il pilote toute la formation des recrues, avant le concert de Gazo et La Fouine : « Le principe de la masterclass, c'est d'offrir des opportunités aux jeunes intéressés par l'événementiel. Parce que sur l'île, il n'existe aucune formation dédiée aux métiers de la production de grands événements. » Communication, logistique, régie générale... Depuis deux mois, ces jeunes apprennent toutes les bases, directement sur le terrain : « Ils partent de zéro parce que sur l'île, il y a peu d'opportunités comme celle-ci. On les forme à une dizaine de métiers sans lesquels ce concert ne pourrait pas exister. » Les consignes fusent toujours. « Toi Tantely, tu vas assurer la logistique : affichages et bidons de gasoil. » Tantely court partout : « Parfait. On va pouvoir les remplir de carburant. Ces 30 bidons vont nous servir à alimenter les groupes électrogènes, parce qu'à Madagascar, les coupures d'électricité sont fréquentes, donc on anticipe tout pour le concert. » Il y a un an, la jeune femme était spectatrice au concert de Tiakola : « Je me suis dit que j'aimerais bien être dans leur équipe, être en contact avec des artistes internationaux. Quand j'ai vu l'annonce de recrutement il y a deux mois, j'ai tout de suite postulé. Aujourd'hui, j'y suis. C'est un rêve qui se réalise. » Devenue assistante du chef de projet, Tantely est désormais un maillon essentiel de l'organisation du concert. Former pour produire. À Madagascar, ces initiatives comblent un vide, mais elles révèlent aussi une fragilité : celle d'un secteur encore dépendant de formations improvisées, au rythme des événements. Car derrière le spectacle, une question demeure : l'île peut-elle durablement faire émerger une industrie de l'événementiel sans filières structurées ? Pour ces jeunes, l'enjeu dépasse le concert du 10 avril. Il s'agit d'apprendre un métier dans l'espoir qu'un jour, ces grandes scènes puissent être pensées, conçues et maîtrisées localement, de bout en bout.

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  4. 3 DAYS AGO

    Éthiopie: Harar, quatrième ville sainte et joyau de l'islam [3/3]

    La ville d'Harar, dans l'est de l'Éthiopie, n'a été rattachée à l'empire de Ménélik II qu'en 1886. Elle a été tour à tour émirat indépendant ou rattaché à l'Égypte. Des siècles d'histoire qui ont laissé à la ville un immense héritage islamique. De notre correspondante à Addis Abeba, Ce vendredi matin, l'appel à la prière résonne à Jugol, nom donnée à la vieille ville d'Harar en Éthiopie. Des dizaines de personnes entrent dans la petite mosquée bleue et blanche Aw Ansar. Construite en 1881, lorsque Harar était sous administration égyptienne, elle peut accueillir près de 40 fidèles. Harar est la quatrième ville sainte de l'islam dans le monde, explique Yimaj Bule, historien spécialiste du patrimoine harari : « Même si ce titre n'est pas officiel en théologie islamique, c'est une sorte de titre honorifique. Il s'appuie sur l'importance historique, religieuse et architecturale extraordinaire de la ville. Vous savez, Harar abrite l'une des plus fortes concentrations de structures islamiques au monde. Sur quelques kilomètres carrés, la ville compte par exemple plus de 80 mosquées. » Un exemplaire du Coran datant de 1 200 ans Ce patrimoine islamique se retrouve aussi dans les milliers de manuscrits anciens dont dispose la ville. Elias Bule est chargé de leur préservation au sein du musée privé Al Sharif : « Plus de 1 400 manuscrits sont rassemblés à Harar. Le plus ancien manuscrit est un exemplaire du Coran qui date de 1 200 ans. Le deuxième a plus de 700 ans. Ils ont la plus belle écriture jamais vue. Cela fait partie de notre histoire. Il faut se souvenir du passé, de comment vivaient les gens à cette époque. » Le musée conserve de nombreux exemplaires anciens du Coran, mais aussi des recueils de prières de tradition soufie. Les pages jaunies par le temps sont recouvertes de calligraphies arabes noires et rouges. Mais pour Yimaj Bule, ce patrimoine est en danger : « De nombreux manuscrits sont détenus par des particuliers : c'est une mine d'or intellectuelle inexploitée et inaccessible. Alors oui, nous risquons de les perdre, car ces personnes n'ont pas les connaissances nécessaires en matière de conservation et de restauration. Pour promouvoir véritablement ce patrimoine, nous devons aller au-delà de leur simple publication, et commencer à les traiter comme des ressources académiques qui mettent en lumière le rôle historique de Harar en tant que centre mondial de la culture islamique. » Pour préserver cette mémoire, la ville compte notamment sur le soutien de l'Unesco, qui l'a classée en 2006 au Patrimoine mondial de l'humanité. À lire aussiÉthiopie-Retour de Harar: à bord de la ligne de train financée par la Chine [1/3] À lire aussiÉthiopie: à Harar, le musée Rimbaud raconte l'autre vie de l'écrivain [2/3]

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  5. 4 DAYS AGO

    Éthiopie: à Harar, le musée Rimbaud raconte l'autre vie de l'écrivain [2/3]

    Au beau milieu de la vieille ville de Harar, à plus de 500 kilomètres à l'est d'Addis Abeba, se trouve un musée dédié à Arthur Rimbaud. L'occasion de faire découvrir aux visiteurs un pan inconnu de la vie du poète français, qui a vécu une dizaine d'années en Éthiopie.  De notre correspondante à Addis Abeba, Il faut quitter l'agitation de la rue des couturiers et bifurquer sur une petite ruelle pour découvrir le musée Rimbaud. Depuis 2000, il est niché dans une immense maison harari traditionnelle. Le célèbre poète français, qui a vécu à Harar de 1880 à 1891, n'a pourtant jamais habité la bâtisse, comme le précise Abdulnasir Garad, directeur du musée : « Cette maison appartenait à un marchand indien. Quand Artur Rimbaud est arrivé ici, après avoir été employé par Alfred Bardey, un exportateur de café à Aden, il ne vivait pas là, mais dans un bâtiment appartenant à Rauf Pasha, gouverneur d'Harar. Puis, il a vécu dans une petite maison harari, d'après les recherches que nous avons en notre possession. » Pour en savoir plus sur l'histoire d'Arthur Rimbaud à Harar, il faut emprunter le vieil escalier en bois qui mène au premier étage. Là, les visiteurs découvrent des photos de la ville à l'époque, prises par le poète, et peuvent lire quelques panneaux explicatifs sur sa vie de commerçant en Éthiopie. De poète à marchand de café Meron, qui habite à Addis Abeba, est venue visiter le musée en famille : « Je suis venue visiter le musée parce que, vous savez, je pense qu'il y a tellement d'histoires à Harar dont j'ignorais l'existence. Qui aurait pu imaginer qu'Arthur Rimbaud se trouvait dans cette petite ville ici ? C'est intéressant aussi de voir que, même il y a si longtemps, on avait déjà autant d'échanges internationaux : j'ai par exemple appris qu'à Harar, on exportait du café, ce qui était très intéressant. Je ne le savais pas. » Getachew, à Harar pour le week-end, n'en est pas à sa première visite : « Je pense que c'est l'une des plus belles maisons de Harar. Je l'apprécie toujours autant à chacune de mes visites. J'en apprends aussi davantage sur le poète. Je ne savais pas qu'il avait écrit des lettres à Ménélik, qu'il avait aussi fait de la photographie. C'est impressionnant qu'il ait pu préserver tout ça pour la ville, pour le pays. » Pour Abdulnasir Garad, transmettre cette mémoire est la mission principale du musée : « Les habitants de Harare n'avaient pas une bonne opinion d'Arthur Rimbaud, ni des étrangers en général, parce qu'ils pensaient qu'Arthur Rimbaud était un espion, et qu'il avait des relations inhabituelles avec les garçons. Mais nous devons faire connaître son histoire, en offrant des plateformes où les jeunes peuvent venir discuter de Rimbaud. » Atteint d'une tumeur, le poète devra pourtant rentrer en France, où il meurt le 10 novembre 1891 peu après son 37e anniversaire. Sur son lit de mort, à Marseille, il suppliait de retourner en Éthiopie. À lire aussiArthur Rimbaud, confession incandescente

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  6. 5 DAYS AGO

    Éthiopie-Retour de Harar: à bord de la ligne de train financée par la Chine [1/3]

    En Éthiopie, depuis 2017, une ligne de train financée par la Chine remplace « le chemin de fer franco-éthiopien », ligne historique construite il y a plus d'un siècle. Toutes les nuits, ses wagons se remplissent de voyageurs qui vantent son confort et son prix bon marché, direction Dire Dawa ou même Djibouti. De notre correspondante à Addis-Abeba, Le quai de la gare de Furi-Lebu, située à dix kilomètres d'Addis-Abeba, est bondé. Les voyageurs se pressent vers les compartiments du train blanc et rouge, prêts à y passer la nuit. Parmi eux, Fanwi, ingénieur de 28 ans, et sa femme attendent avec impatience l'ouverture des portes. « C'est la première fois que je prends ce train. Je suis curieux de voir à quoi il ressemble et si c'est confortable. Je l'ai vu sur TikTok et sur d'autres réseaux sociaux. Il me semble bien », confie-t-il. Le couple descendra à Dire Dawa, à plus de 450 kilomètres de la capitale de l'Éthiopie, après une dizaine d'heures de trajet. Fanwi explique qu'il compte profiter de ce séjour d'une semaine pour effectuer quelques achats. « Il y a des spécialités culinaires qu'on trouve uniquement à Dire Dawa, comme le baklava, le mushabak, la fatira. La nourriture y est incroyable, vous devriez essayer », lance-t-il avec enthousiasme. Une fois à l'intérieur du train, les voyageurs prennent place dans des compartiments où les lits-couchettes, recouverts d'un tissu bleu, se répartissent en trois niveaux de qualité, selon le prix du billet. « J'ai choisi le train car c'est le moyen de transport le plus sûr et le plus abordable pour un voyageur au budget serré. Prendre l'avion coûte très cher, surtout pour un étudiant comme moi en Éthiopie. Je ne peux pas me le permettre », explique Elias, étudiant en médecine vétérinaire à l'université Haramaya de Harar, qui a déboursé 2 000 birrs, soit environ 11 euros, pour son trajet en wagon-couchette. « J'ai déjà pris ce train, mais j'avais voyagé sur un siège normal. C'était une bonne expérience. Même si on est assis devant trois autres personnes, on pouvait discuter. On parlait toute la nuit. Mais si on voulait dormir, ce n'était pas vraiment possible », se souvient-il. Après plusieurs arrêts dans la nuit, le train arrive enfin à Dire Dawa à 7 heures du matin, sous les premiers rayons du soleil. Parmi les passagers, Abraham confie avoir plutôt bien dormi, malgré quelques secousses. « C'était la première fois que je voyageais en train, sur une longue distance. Je voulais voir à quoi cela ressemblait. C'était mieux que ce à quoi je m'attendais. Je donne une note de 7 sur 10 », estime-t-il. Pour lui, ce train représente « une nouvelle manière de voyager », mais il regrette que « la population rurale et les communautés locales ne soient pas très bien informées sur ce type de transport ». Depuis Dire Dawa, le train poursuit ensuite sa route vers Nagad, à Djibouti, son terminus, après quatorze heures supplémentaires de trajet. À lire aussiKenya-Chine: relance du projet ferroviaire sino-kenyan arrêté depuis 6 ans

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  7. 6 DAYS AGO

    Madagascar: le feta, une recette betsileo pour célébrer Pâques et la fin des récoltes de riz

    À Madagascar, Pâques coïncide pour les paysans de certaines régions avec la période de récolte du riz. Pour célébrer cette « double fête », les Betsileo – l'une des 18 ethnies de Madagascar installée sur les Hautes Terres centrales – ont pour coutume de préparer un beignet sucré à base de farine de riz. Le feta, comme on l'appelle, est partagé avec les amis et la famille après la messe du dimanche ou lors de balades dans la nature le lundi de Pâques. De notre correspondant à Antananarivo, Le feta, une spécialité traditionnelle de l'ethnie betsileo, continue de rassembler les familles autour d'un rituel culinaire transmis de génération en génération. Pour préparer cette recette, le riz utilisé, au parfum légèrement sucré, est transporté spécialement depuis la région d'Amoron'i Mania, située à quelque 250 kilomètres au sud d'Antananarivo. « C'est l'odeur de la campagne. Cela a toujours un goût à part. Tout est à part quand cela vient de chez nous », confie Bodo, gouvernante dans une famille betsileo de la capitale de Madagascar. La préparation du feta demande du temps et une certaine rigueur. « Tout d'abord, il faut mettre le riz dans de l'eau pendant 24 heures. Après, il faut égoutter, piler, puis encore passer à la passoire pour qu'il n'y ait plus que la farine de riz, sans grumeaux », explique-t-elle. Autour d'une natte installée dans la cour de la maison familiale, les enfants mélangent des bananes écrasées à la farine de riz, ajoutent un peu d'eau et une touche de sucre, avant de saupoudrer le tout de pistaches pilées. « Un moment de joie pour ceux qui cultivent » Marie-Odette Rasoarimalala, une amie de la famille âgée de 59 ans, observe la scène avec attention. Vêtue d'un chapeau betsileo aux rayures vertes, elle découpe soigneusement de grandes feuilles de bananier, utilisées pour envelopper la pâte. « Nous honorons cette tradition tous les ans. Cette recette permet de fêter la récolte, c'est un moment de joie pour ceux qui cultivent. Le riz n'est plus dans les rizières ni éparpillé au sol pour le séchage. Il est stocké sous terre ou dans des greniers, et c'est alors qu'on réserve des grains à la préparation du feta. Les Betsileo font encore beaucoup cette recette dans la région d'Amoron'i Mania, mais ça commence à se perdre chez ceux qui vivent à Tana. Certains ne savent même pas ce que c'est. C'est donc aussi un moment d'apprentissage pour les enfants », souligne-t-elle. Ces beignets sont assez proches du koba, une pâtisserie très connue à Antananarivo notamment. Ils sont placés dans une marmite par Odile Ratolojanahary pour une courte cuisson à la vapeur. « Quand le calendrier des récoltes coïncide avec Pâques, c'est une double fête, une double joie ! Dans certains cas, le feta cuit le temps d'aller à l'église. À la fin de la messe, c'est prêt et on peut le partager. C'est sucré et doux, c'est très bon », se réjouit-elle. Le lundi de Pâques, jour férié, il est de coutume pour les Malgaches de partir en famille ou entre amis faire une excursion dans un coin de nature. Avec, chez les Betsileo, du feta pour se rassasier. À lire aussiInsécurité alimentaire à Madagascar: 1,8 million de personnes sont dans «une situation très préoccupante»

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  8. 3 APR

    En Centrafrique, à l'occasion de la fête de Pâques, un repas hors du commun

    En Centrafrique, Pâques n’est pas seulement une fête religieuse. C’est un moment durant lequel les familles se retrouvent autour de repas hors du commun. Pendant le week-end pascal, elles préparent des recettes traditionnelles, avec des plats qui deviennent des symboles de transmission et de partage. De notre correspondant à Bangui, Dans la cuisine, véritable cœur battant de la maison, les arômes se mêlent et racontent déjà une histoire : celle d’un repas préparé avec soin, à partir de recettes transmises de génération en génération. Les ingrédients sont soigneusement disposés, et les gestes, précis, presque rituels, sont exécutés avec fierté par les enfants de la maison, sous le regard attentif des parents. Nicoletta, la mère de famille, décrit avec émotion le menu de ce jour particulier. « Aujourd’hui, nous mangeons le plat emblématique qu’est la feuille de Gnétum à l’arachide et à la viande de brousse. À côté, il y a de l’agneau rôti, de la boule de manioc et des beignets de maïs. Nous avons aussi du vin de palme comme boisson locale. Chez nous, le repas de Pâques est presque un rituel sacré », explique-t-elle. Au centre de la table, les mets trônent avec générosité : plats mijotés, accompagnements variés et boissons rafraîchissantes. Pour Moïse Nzoya, chaque repas de Pâques porte en lui une histoire, une origine, un souvenir. « Nous avons également le vin de palme et le vin à base de mil. Chez nous, Pâques est un mélange de repas et de boissons traditionnels. Lorsque nous nous réunissons en famille après la messe, nous partageons une calebasse de vin de palme ou de mil. Rien qu’en sentant l’odeur ou en voyant le décor, cela donne envie de boire. Chacun boit à tour de rôle, ce qui crée une véritable connexion, en lien avec nos traditions », raconte-t-il. Chaque famille célèbre Pâques avec le repas emblématique de son choix. Lorsque toute la famille est réunie, comme le souligne Housny Webi, un silence respectueux s’installe, accompagné d’une prière, marquant ainsi le caractère sacré de ce moment de partage. À lire aussiChinko, quand un sanctuaire sauvage renait au cœur de l’Afrique

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