Reportage Afrique

Nos correspondants et envoyés spéciaux sur le continent africain vous proposent, chaque jour, en deux minutes une photographie sonore d'un évènement d'actualité ou de la vie de tous les jours. Ils vous emmènent dans les quartiers ou dans les campagnes pour vous faire découvrir l'Afrique au jour le jour.

  1. 16 hr ago

    Mauritanie: le ngomu, couscous traditionnel, plus qu'un plat, un patrimoine culinaire [2/3]

    C'est un plat, un patrimoine culinaire très prisé par les Mauritaniens : le couscous, appelé aussi ngomu. Chaque jour, dans plusieurs cuisines, la vapeur monte au-dessus des couscoussières, répandant la douce odeur du ngomu à travers les quartiers. Ce plat requiert des heures de préparation. Avec délicatesse. De notre correspondant à Nouakchott, Moussa Oumar Barry Dans ce carrefour, du matin au soir, des femmes se retrouvent pour faire et vendre leur couscous. Du fait de ce plat, l’endroit est tellement prisé qu’il a été nommé le Carrefour Couscous. Mariame Mint Ahmed, assise, des plats de semoule bien tamisée autour d’elle, explique les procédures à suivre pour bien préparer le ngomu. « La semoule est tamisée, humidifiée et roulée à la main, puis cuite à la vapeur sur une couscoussière, détaille-t-elle. La viande est mijotée avec les épices et les légumes. Pour finir, on dresse la semoule dans un plat, on ajoute la viande et les légumes, puis on verse le bouillon avant de servir. » Elle donne aussi les raisons qui font que ce plat est si courtisé par les Mauritaniens. « Le couscous fait partie du patrimoine culinaire mauritanien. Il est préparé avec soin, surtout lors des mariages et des grands événements, rappelle-t-elle. Apprécié par les invités, il suscite souvent leur curiosité sur les endroits où on peut le déguster. » Ce plat, qui se prépare avec beaucoup de délicatesse, fait aussi l’objet de convoitise à l’extérieur. Selon Izzé Mint Brahim, chaque année, des milliers de sachets de couscous sec sont exportés du pays. « Pour le couscous sec que nous exportons, on utilise la semoule et la farine. Au lieu de la couscoussière, on l'étale sur un torchon propre pour le faire sécher puis nous le mettons en sachets, explique Izzé Mint Brahim. Il est ensuite expédié dans la sous-région. Certains clients nous appellent et nous mettent en contact avec des chauffeurs et d’autres envoient des proches pour l’acheter et l’envoyer à leur famille. » À lire aussiLe couscous: une tradition millénaire entre lieu de mémoire et syncrétisme culturel Un plat de partage Walid, lui, n’est pas venu pour acheter, mais il confirme la saveur du ngomu. « C'est un très bon plat mauritanien. Surtout, il est accompagné par des légumes, sourit-il. C'est délicieux. » Pour mieux conserver ce patrimoine culinaire et assurer sa transmission de génération en génération, l’État mauritanien a mis en place en 2021 l’École nationale des métiers du tourisme. « Le premier objectif, c'est de recenser notre patrimoine, ensuite de former des formatrices sur la technique pédagogique pour pouvoir transmettre ce savoir-faire à des jeunes générations, liste Mohamedou Zein El Abidine, son directeur général, et le troisième objectif, c'est que ce patrimoine-là soit reconnu au niveau de l'Unesco comme un patrimoine culinaire propre à la Mauritanie. » Le ngomu est plus qu’un simple repas. C’est aussi un plat de partage et de convivialité. Il rassemble les familles et les invités autour d’une même table.  À lire aussiEn Mauritanie, le thé, loin d'être une simple boisson, est une langue [1/3]

  2. 1 day ago

    En Mauritanie, le thé, loin d'être une simple boisson, est une langue [1/3]

    En Mauritanie, le thé se vit et se boit au quotidien. Partout dans le pays, c’est la première chose servie à un visiteur. Derrière cette boisson se cache un aspect culturel très prisé par les populations, il est utilisé pour honorer les invités. Le thé rassemble les familles, accueille les invités et rythme les journées. Immersion dans le rituel le plus sacré des Mauritaniens. De notre correspondant à Nouakchott, Moussa Oumar Barry Dans cette maison, Mariam El Medou et quelques membres de sa famille sont assis dans le salon. Devant elle, il y a tout le matériel nécessaire pour préparer le thé. À côté, un plateau avec du pain, du lait et des arachides. Les discussions vont bon train, accompagnées par de la musique. Pour Mariam, le thé est essentiel dans le quotidien des Mauritaniens. « Le thé, c’est quelque chose qui honore les Mauritaniens. Il fait partie de notre culture. C’est la première boisson qu’on sert dès qu’on a une visite, explique Mariam. Partout où tu vas, on te servira du thé, peu importe la maison dans laquelle tu entres. Pour préparer le thé, nous utilisons trois théières. Le thé est une boisson que nous avons héritée de nos ancêtres. Si nous avons mal à la tête, nous comprenons immédiatement que c’est un signal qui indique qu’il faut boire du thé. » Le thé est loin d’être une simple boisson en Mauritanie. Selon Ba Adama Moussa, il joue aussi un rôle de fédérateur. « Le thé rapproche les Mauritaniens. C'est quelque chose que les Mauritaniens prennent pratiquement à toutes les heures de la journée, précise-t-il. Dans les bureaux mauritaniens, il est pratiquement pris à toutes les heures. Quand les Mauritaniens vous disent quoi de neuf ? En général, les langues se délient autour de ce thé-là. » À écouter dans 8 milliards de voisinsCuisine : thés et infusions du continent africain Une façon de recevoir Mohamed Zein Albidina décrit la spécificité du thé et le moment idéal pour le préparer. « On dit que le thé mauritanien, il a ses trois J. Le premier J, c'est qu'il faut un nombre de personnes pour que le thé soit agréable, liste-t-il. Le deuxième J, ce sont les braises. Aujourd'hui, on élabore le thé sur le feu à gaz, mais la saveur du thé, son goût, c'est lorsqu'il est fait sur des braises ou le feu de bois. Et le troisième J, c'est celui de la lenteur parce qu'il y a un premier verre et il y a un deuxième verre, et il y a un troisième verre. Et entre chacun des verres, il faut un temps qui va donner l'occasion de discuter. Et on dit que le dernier est le mieux apprécié. » C’est souvent autour du thé que se prennent les décisions les plus importantes. « En général, on décide ensemble. C'est comme des gens qui veulent faire un travail en Occident : les gens s'invitent autour d'un resto, autour d'un verre, ils commencent à discuter, à échanger. Voilà, ils commencent à prendre des décisions ou en tout cas à échanger et finissent par se connaître, par casser la glace, illustre Ba Adama Moussa. Le thé joue exactement ce rôle-là en Mauritanie. » En Mauritanie, le thé n’est pas qu’une boisson. C’est une langue, une façon de recevoir, une façon d’aimer. À écouter dans C'est pas du ventThé : du champ à la tasse

  3. 2 days ago

    RDC: à Kinshasa, le Service national, composé surtout d'anciens délinquants, lutte contre l’insalubrité

    À Kinshasa, le président Félix Tshisekedi mise sur le Service national pour lutter contre l’insalubrité. Cette task force a déployé plus de 4 500 recrues dans les rues de la capitale, qui produit près de 15 000 tonnes de déchets chaque jour. Des hommes, pour la plupart d’anciens délinquants condamnés par la justice, sont aujourd’hui chargés de nettoyer la ville et d’y faire régner l’ordre.  De notre correspondante à Kinshasa,  5 heures du matin au stade Tata Raphaël. Dans la pénombre, 1 500 hommes avancent au pas. Vêtus de combinaisons bleues et de bottes jaunes, ils chantent à l’unisson, avant de se déployer dans Kinshasa. Leur rôle : débarrasser la capitale de ses montagnes de déchets. « Avant, j’étais kuluna, un délinquant, témoigne Nzaba Mubiala, aujourd'hui commandant de compagnie. La formation que j’ai suivie dans le centre m’a transformé. Ce que l’État a fait de moi, j’en suis très fier. Quand je vois ce que je suis devenu, je n’ai même pas les mots, c’est la joie. » Dans d’énormes camions-bennes, les hommes chargent pelles, balais et brouettes, direction les grands axes de la capitale. Avec une cinquantaine de camarades, Guillaume Kapuya, pelle à la main. débouche un caniveau : « Regarde, il y a du béton qui a été versé dans le caniveau. Avec les déchets, ça bloque l’eau, ça va tout inonder, montre-t-il. On est en train de l’enlever. Et le locataire de la maison juste à côté nous aide car c’est lui qui a versé le béton. » À écouter dans C'est pas du ventExplosion des déchets ménagers : pourquoi tous les pays sont concernés? Des méthodes qui font polémique Sur les réseaux sociaux, plusieurs vidéos montrent des membres de cette task force infligeant des coups de fouet ou imposant du travail forcé. « On ne peut pas mettre d’amende ou prendre de l’argent. On n'est pas violent, conteste un membre de la compagnie. Si quelqu’un jette un déchet, on lui donne un peu de travail pour qu’il ne recommence pas. » Les membres du Service national sont rémunérés entre 250 et 500 dollars par mois. Dans les rues, les habitants observent le travail accompli. « Le Service national fait un superbe travail. Ils travaillent pour nous tous, car la ville est dans un état de saleté incroyable. C’est très bien ce qu’ils font », s'enthousiasme une personne. Une autre explique que depuis, elle garde ses bouteilles d'eau pour les jeter chez elle. Mais nettoyer ne suffit pas, selon les urbanistes. Sans véritable politique d’assainissement, les tas d’ordures risquent de vite réapparaitre. À écouter dans 8 milliards de voisinsDéchets urbains : ce que le propre et le sale disent de nos sociétés

  4. 3 days ago

    Gabon: À Mayumba, la première victoire du général De Gaulle sur le maréchal Pétain en 1940

    Au Gabon, ancienne colonie française, s’est joué un épisode méconnu de l'histoire de France. Au début de la Seconde Guerre mondiale, le territoire gabonais était sous le contrôle des hommes du maréchal Pétain. Après l’appel du général de Gaulle, le 18 juin 1940, plusieurs colonies françaises d’Afrique se rallient à la France libre, mais pas le Gabon. Une bataille sera lancée à Mayumba qui deviendra, selon un historien gabonais, la première victoire du général de Gaulle sur le maréchal Pétain. De notre envoyé spécial à Mayumba, au sud du Gabon, Septembre 1940. Il y a 86 ans, le territoire du Gabon est encore sous le contrôle du maréchal Pétain. « Après l'appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle, les colonies de l'Afrique équatoriale française ont rapidement rejoint le mouvement gaulliste de libération. Mais il n'y a que le Gabon qui a fait de la résistance », explique l'historien Chérubin Délicat. L’assaut sur Mayumba, comptoir colonial très prospère grâce à l’exploitation forestière, est en préparation depuis Brazzaville, capitale de la France libre. De son côté, l’administration de Pétain amasse au large de Mayumba des dizaines de soldats venus de Dakar. Le 15 septembre 1940, le colonel Parant, à la tête d’un commando de 10 personnes venues de Pointe-Noire, se pose nuitamment à Mayumba. Le 16 septembre au petit matin, Parant et ses hommes attaquent par surprise. « Ils passent par l'arrière de la maison. Poeydomenge se trouvait en train de prendre le petit déjeuner, décrit l'historien. Le commandant Parant arrive à l'improviste, sort son revolver, le braque à la tempe de Poeydomenge et lui demande de capituler. Il lui dit : "Moi, j'ai plusieurs bataillons et détachements à l'aéroport qui sont déjà rentrés dans la ville et vous n'avez aucune chance de vous en sortir". Donc, c'est sur la base d'un canular que Poeydomenge a dû capituler. » À lire aussiSeconde Guerre mondiale: le rôle de l'Afrique dans la victoire de 1945 Une croix de Lorraine à Mayumba Sur le site de la capitulation, les vainqueurs érigent une croix de Lorraine. « Les partisans du général de Gaulle ont érigé cette stèle, montre Éric André Zue, préfet de Mayumba. À partir de là, il était indéniable que les partisans du général de Gaulle s'étaient installés à Mayumba, en lieu et place des Pétainistes. » Mayumba est selon l’historien Délicat la première victoire militaire de de Gaulle sur le maréchal Pétain. « Mayumba symbolise la montée de la deuxième division Leclerc jusqu'en Tunisie, au Maroc, où en 1944, les troupes coloniales vont rejoindre la Bretagne et la Provence pour libérer la France », précise-t-il. En reconnaissance de cette belle épopée, les amis de la Fondation de Gaulle ont érigé en 2010 sur les hauteurs de Mayumba une réplique de la croix de Lorraine, semblable à celle de Colombey-les-Deux-Églises où repose le général de Gaulle. À lire aussiGabon: de nombreux Sénégalais se rendent à Mayumba, lieu de captivité de Cheikh Amadou Bamba

  5. 4 days ago

    Afrique du Sud: au Cap, les pompiers bénévoles se préparent pour une saison placée sous le signe d’El Niño

    Le retour du phénomène climatique El Niño, qui s’annonce très intense, inquiète particulièrement en Afrique australe où certaines zones pourraient être touchées par de grandes sécheresses. La ville et la région du Cap, en Afrique du Sud, anticipent déjà un été très chaud et sec, favorable au déclenchement d’incendies. Une organisation de pompiers bénévoles spécialisés en feux de forêt et collabore avec les autorités dans la zone.   De notre envoyée spéciale au Cap,  Le mois de novembre approche, et avec lui le début de la saison des feux. C’est l’heure de vérifier le matériel pour les pompiers bénévoles du Cap, tels que Rouvanne van den Berg, qui compte 13 ans d’expérience : « Voici ce qui se trouve à l’arrière de notre véhicule. Avec cette pompe, on peut attaquer des incendies à proximité des routes. Nous avons aussi ces outils que nous emportons avec nous jusqu’à la ligne de feu ». La ville est particulièrement exposée aux feux de végétation puisqu’elle est bâtie au pied de la montagne de la Table, comme l’explique Thane Masureik : « À partir de cette clôture, là-haut, à environ 50 mètres de nous, c’est le début de forêt. Et là en-bas, à une centaine de mètres, se trouve une grande autoroute et une zone résidentielle très peuplée ». En 2021 déjà, un grand incendie s’était déclaré non loin de cette base, ainsi que s'en souvient Rouvanne van den Berg : « Il a dévasté la grande bibliothèque de l’université du Cap. Des conditions météorologiques extrêmes ont contribué à son embrasement et à sa propagation très rapide. Nous avons passé la journée à le combattre, là-bas, puis je suis rentré chez moi. Le lendemain matin, vers 7h, le feu avait franchi la montagne jusqu'à atteindre mon propre jardin ! On combat des incendies dans des espaces naturels, mais ils peuvent immédiatement menacer les quartiers résidentiels qui entourent la montagne ». À lire aussiEl Niño «va s'intensifier»: pourquoi les prochains mois inquiètent les climatologues Les services météorologiques prévoient que le phénomène El Niño devrait fortement toucher l’Afrique du Sud cette année, de quoi renforcer le niveau de vigilance. Lee Kleynhans est en charge de la communication de ce groupe de pompiers bénévoles : « Bien sûr, je crains que la saison soit difficile. Et ce n’est pas seulement à cause d’El Niño : le dérèglement climatique a globalement changé la donne pour nous. On ne sait jamais vraiment ce qui peut arriver au cours d’une saison. La réalité, c’est qu’il existe toujours un risque que les équipes soient fatiguées et se retrouvent débordées », regrette-t-il.  Pour se préparer au mieux, il faut aussi étudier la végétation très particulière de la zone : « Nous avons beaucoup de plantes fynbos dans la région, et c’est une végétation qui a naturellement besoin du feu afin de pouvoir germer. Dans le cadre des préparatifs menés en collaboration avec les autorités, nous recueillons donc des données pour savoir quand une zone a brûlé pour la dernière fois et à quel moment elle pourrait être amenée à brûler de nouveau », précise Lee Kleynhans.  Les quelque 350 bénévoles, répartis sur quatre bases, vont aussi profiter des dernières semaines pour parfaire leur entraînement et se tenir prêts à intervenir dès les premiers départs de feu.   À écouter aussiEl Niño : pourquoi l’Afrique australe sera-t-elle plus touchée par ce phénomène?

  6. 5 days ago

    Au Cameroun, la commune d'Esse privée d'électricité depuis 12 ans

    À Esse, une petite localité à environ 80 km de Yaoundé, les habitants n’ont plus accès à l'électricité depuis 12 ans à cause de factures impayées. En 2018, le gouvernement avait installé une centrale solaire qui alimentait le centre-ville et ses environs. Aujourd’hui cette centrale laissée à l'abandon ne fonctionne plus. Une situation qui divise. Certains critiquent même l'équipe communale en place depuis 2020 de ne pas vouloir entretenir la centrale solaire.   De notre correspondant à Yaoundé, Assis sur la véranda de son domicile, Emmanuel Tsala aperçoit à une centaine mètres la centrale solaire aujourd’hui à l’abandon. Inconditionnel de la radio, ce sexagénaire a dû acheter un petit poste récepteur qu’il recharge au soleil, comme ce matin : « Quand il y avait l’énergie solaire, nous étions comme à Yaoundé, c’était comme l’énergie électrique, il y avait les poteaux électriques et les compteurs et on payait les factures chaque mois. Quand ça s’est gâté, on aurait dû arranger la situation. » Depuis, les herbes ont poussé tout autour des installations. Plusieurs panneaux ont été dérobés. Dans les rues et quartiers du centre-ville d’Esse, les poteaux sont toujours debout. Mais les câbles qui reliaient la centrale aux ménages ont été sectionnés. « J'ai mal, j’ai vraiment mal. » Ambroise Evina a été maire de la commune d’Esse entre 2018 et 2020. C’est lui qui est à l’origine du projet de construction de la centrale solaire, sur financement du ministère de l’Eau et de l’Energie. Le projet a couté 200 millions de FCFA (environ 305 000 euros). « On a fonctionné avec ça durant pratiquement 4 ans et pour l’entretien, c’est la commune qui payait et faisait venir les techniciens après deux ou trois mois. Malheureusement quand je suis parti en 2020, le projet a été saboté, je ne voudrais attribuer le tort à qui que ce soit, mais vous pouvez constater qu’il n’y a plus de panneaux, il n’y a plus rien pratiquement, ce qui me fait tellement mal. » Depuis 2020, une nouvelle équipe dirige la commune et n’a plus assuré l’entretien. Martin Ndongo Bouné, le maire d’Esse : « Dans le cadre de ce projet, la commune n’était ni de près, ni de loin associée à la gestion, tant sur le suivi des équipements, la maintenance, le gardiennage et autres, mais dans le cadre de la maintenance qui est annoncée, la commune fera désormais partie du suivi et tout ce qu’on peut imaginer. » En attendant, tout Esse s’éclaire au groupe électrogène ou avec de petits panneaux solaires. Le retour de l’énergie solaire et du courant électrique, c’est pour bientôt, grâce à un nouveau financement du gouvernement, indique le maire.  À lire aussiNord du Cameroun: une cimenterie majeure à l’arrêt par manque d’électricité

  7. 6 days ago

    Kenya: une biennale panafricaine d'architecture à Nairobi pour réfléchir aux villes de demain

    Penser l’architecture de demain pour le continent africain, c'est tout l’objectif de la Biennale panafricaine qui s’est tenue du 7 au 11 septembre à Nairobi, au Kenya. Cinq jours durant lesquels les architectes et urbanistes du continent ont pu confronter leurs idées et présenter leurs projets. C’était la première fois qu’un tel évènement était organisé sur le continent. Alors que l’Afrique connait la croissance urbaine la plus rapide au monde, les architectes et urbanistes réunis à Nairobi se sont penchés sur une question : à quoi pourrait ressembler l’habitat, la ville de demain ? Un village culturel pour valoriser le patrimoine des Pygmées Aka en Centrafrique ou un arbre à palabres fait de bambous en Guinée : à Nairobi, des architectes de l'ensemble du continent sont venus présenter leurs projets. De quoi inspirer les participants pour penser la ville de demain, où les idées ont fusé. Christian Benimana, qui travaille pour un studio d’architecture et de design basé à Kigali, au Rwanda, imagine des villes résolument tournées vers le partage et la nature. « Si cela ne tenait qu’à moi, il y aurait, je ne sais pas, des voitures volantes et de belles plantes partout. Il y aurait de nombreux espaces partagés qui rapprochent les gens, plutôt que de continuer à nous isoler dans nos habitations individuelles, qui ne nous permettent pas vraiment de créer du lien. » Timothy Abong’o, architecte à Nairobi, partage cette vision, mais avec une touche de réalisme teinté d’espoir. « Ce que je vois arriver malheureusement, c’est davantage de ce que nous avons aujourd’hui : des constructions en dur, des bâtiments plus hauts, moins d’espaces verts. Mais ce que j’espère, c’est de voir des villes avec moins de bâtiments, plus piétonnes, avec plus d’espaces communs, où la nature est omniprésente. Et la nature, ce n’est pas nécessairement un arbre planté. C’est aussi utiliser des matériaux issus des arbres. » Il cite en exemple le chaume, traditionnellement utilisé pour les toitures sur la côte kényane. Aboubacar Sidiki Komara, venu de Guinée, met quant à lui en avant les atouts du bambou. « La Guinée est considérée comme le château d’eau d’Afrique de l’Ouest. Cela veut dire que nous avons assez de rivières. Le bambou aime les rivières, donc nous avons assez de bambous. C’est l’un des matériaux de construction les plus renouvelables. Cela prend environ 3 à 5 ans pour que le bambou puisse grandir et être prêt à être utilisé comme structure dans un bâtiment. La majeure partie des arbres prennent plus de 10 ans. Le bambou représente vraiment une opportunité. Cela nous permet aussi de créer des espaces futuristiques intéressants, on peut créer des innovations qui sont un peu différentes de ce qu’on a aujourd’hui. » Utiliser les matériaux disponibles localement est également un principe défendu par Chadrac Agbodjogbe, architecte béninois. « La manière de construire à Nairobi peut être différente de la manière de construire au Mali, parce que ce ne sont pas les mêmes climats. Il faut adapter la construction en fonction de l’environnement et des matériaux qui sont disponibles. Nous avons besoin de décoloniser les mentalités parce que, malheureusement, beaucoup de cadres de nos sociétés pensent que la modernité que l'on construit, c’est copier ce qui vient de l’extérieur. Ce qui n’est pas adapté à leur milieu. Donc ils sont amenés à avoir des bâtiments énergivores où la clim doit être allumée tout le temps. » Une exposition, organisée durant toute la semaine à Nairobi, a mis en lumière des projets d’architecture issus de différents pays du continent africain, illustrant cette quête d’innovation ancrée dans les réalités locales. À lire aussiChangement climatique: à la Biennale panafricaine, une réflexion sur une architecture plus adaptée en Afrique

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