Si loin si proche

Le rendez-vous des voyages de RFI produit par Céline Develay-Mazurelle et réalisé par Laure Allary. Récits radiophoniques et reportages au long cours, pour se faire la malle et voir le monde avec les oreilles. *** Diffusions le dimanche à 02h10 TU et à 13h10 TU vers toutes cibles.

  1. 5 HR AGO

    À Lorient, berceau de la Compagnie des Indes

    La cité portuaire bretonne porte en elle l’histoire de cette grande aventure du commerce du lointain, vers l’Asie, aux XVIIè et XVIIIè siècles. Une aventure commerciale, maritime, politique, coloniale et esclavagiste.  En 1664, quand l’intendant de Louis XIV, Jean-Baptiste Colbert décide de la création de la Compagnie des Indes orientales, la France arrive en retard dans la compétition commerciale à laquelle se livrent déjà les grandes puissances européennes du XVIIè siècle. Les Portugais qui ont franchi le Cap de Bonne Espérance en 1488 ont ouvert la voie des Indes par la mer et, dix ans plus tard, Vasco de Gama rejoint Calicut en 1498. Dans leur sillage, arrivent ensuite les vaisseaux britanniques ou néerlandais qui fonderont ensuite, au début du XVIIè siècle, de puissantes compagnies de commerce. Car eux aussi cherchaient à s’affranchir des voies terrestres sur les routes de la soie, afin d’établir des comptoirs et développer ce négoce, le « plus riche commerce du monde », disait-on. L’Orient, l’Asie, les Indes sont alors des terres qui fascinent, perçues comme des contrées lointaines d’abondance, de pierreries, d’étoffes ou d’épices. En France, la première Compagnie des Indes (il y en aura trois successives) sera donc royale et bénéficie de multiples privilèges : monopole du commerce avec l'Orient, droit de propriété des terres occupées, droit de justice souveraine, d’armer des bateaux de guerre ou droit d’esclavage, etc. Son siège sera établi à Lorient, en Bretagne, une ville qui va naître et se développer avec la Compagnie jusqu’à devenir la porte vers l’Orient, auquel elle doit d’ailleurs son nom. Aujourd’hui, face à la mer, sur le site magnifique de la Citadelle de Port-Louis, le musée de la Compagnie des Indes, ouvert en 1984, retrace cette histoire complexe, mais fondatrice. Dans ce musée truffé d’étoffes, de cartes anciennes, de maquettes de bateaux ou de porcelaines, on raconte donc les épopées maritimes à bord des gros navires de la Compagnie des Indes, les marchandises convoitées et l’économie Monde déjà très concurrentielle au XVIIè siècle. Mais derrière ces longs voyages aux parfums d’aventure et d’exotisme, se dessinent des logiques de compétition et de prédation telles que l’homme deviendra une marchandise comme les autres. Le système esclavagiste et plantationnaire, notamment dans les Mascareignes soit l’île de La Réunion, Rodrigues et Maurice, faisait, en effet, partie intégrante du fonctionnement de la Compagnie fondée par Colbert, par ailleurs à l’origine du Code noir. Lorient sera donc un port négrier, le premier de France même, pendant une courte période de monopole… Déployées sur tous les continents, les compagnies européennes de commerce vont semer les graines de la mondialisation, ouvrant la voie à une société de consommation où les produits sont fabriqués aux quatre coins du monde, à commencer par la Chine, aujourd’hui justement en guerre commerciale avec les États-Unis… Un reportage de Céline Develay-Mazurelle avec Laure Allary, initialement diffusé en mai 2025.   En savoir plus Sur la destination Lorient Bretagne Sud et préparer votre voyage Sur le musée de la Compagnie des Indes de Lorient Sur l’ouvrage de référence Les compagnies des Indes de Gérard Le Bouëdec et Philippe Haudrère, réédition augmentée, Rennes, Éditions Ouest-France-Edilarge, mai 2024 Sur Lorient, la compagnie des Indes et l’esclavage, un article de Jacques Chérel, 2018 Sur la Compagnie des Indes et l’île Bourbon- La Réunion, un article de Philippe Haudrère Sur les indiennes de traite, un article de Krystel Galdé, 2018 Sur Le café, plaisir au goût d’amertume, une exposition au musée de la Compagnie des Indes, 2022.

    49 min
  2. 5 APR

    L'énigmatique docteur Frederick Cook

    De l’Arctique à l’Antarctique jusqu'au plus haut sommet des États-Unis, l’Américain a sillonné les terres extrêmes en quête d’exploits et de premières. Une trajectoire méconnue et controversée à l’épreuve des pôles et de la vérité. Qui a atteint le premier le pôle Nord ? Au début du XXᵉ siècle, cette question affolait les gazettes et faisait l’objet d’une âpre controverse aux États-Unis et dans le monde, entre l’autoritaire officier de marine, Robert Edwin Peary, et l’outsider Frederick Cook qui revendiquait être arrivé au pôle, un an avant lui, en avril 1908. Le Congrès américain finira par trancher au bénéfice de Peary, dont il fera l'unique vainqueur du pôle Nord, au détriment de Cook, oblitérant aussi Matthew Henson, explorateur africain-américain et fidèle compagnon de Peary, ainsi que les Inuits qui les ont guidés.  Pendant longtemps, les terres polaires, arctiques ou antarctiques ont ainsi représenté pour l’homme des « terra incognitae », à atteindre, explorer, conquérir. Au tournant du XXᵉ siècle, les nations s’y bousculaient, les explorateurs occidentaux financés en partie par de riches magnats de la presse ou de l’industrie s’embarquaient, emmantelés de fourrures, pour de périlleuses expéditions en traîneaux à chiens. Au nom de la connaissance, un peu ; du dépassement de soi, aussi ; et de la gloire, beaucoup. Aujourd’hui, à plus d’un siècle de distance, alors que les pôles se retrouvent au cœur de l’urgence climatique, et que ces lieux sont parcourus par des touristes en goguette polaire, on pourrait n’y voir que de vaines entreprises masculines de premières et de conquêtes… Sauf que ces histoires d’explorations polaires disent beaucoup de leur époque, comme de la nôtre. Elles ont façonné les imaginaires et fait émerger des figures historiques, parfois contestables et encore méconnues.  Parmi elles, on retrouve donc le docteur américain Frederick Cook, un curieux personnage que rien ne prédestinait à arpenter les pôles mais qui va se retrouver plongé dans cette furieuse affaire avec Robert Edwin Peary, et ce malgré le soutien sans faille de son ami, vainqueur du pôle Sud, le Norvégien Roald Amundsen… Pire, Cook sera également contesté sur son ascension du mont McKinley, aujourd’hui Denali, plus haut sommet des États-Unis situé en Alaska, et finira par passer de longues années en prison pour une affaire d’escroquerie.  Alors héros ou imposteur ? Gérard Guerrier, auteur de L’énigmatique Docteur Cook paru en France aux Éditions Paulsen, retrace la vie de Cook en tentant de résoudre les énigmes de sa folle et intrépide existence. À lire : - L’énigmatique Docteur Cook de Gérard Guerrier. Editions Paulsen. 2026 - Journal d'un explorateur noir au pôle Nord de Matthew Henson. Préface et traduction de Kamel Boukir. Éditions Zones Sensibles. 2021 - Ultima Thulé de Jean Malaurie. Éditions Plon. Collection Terre humaine Poche. 2008  En images

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  3. 29 MAR

    Dans la réserve naturelle communautaire du Boundou : «Ici c’est protégé !»

    Au Sénégal Oriental, à plus de 650 km de Dakar, se déploie un écrin de nature pensé et protégé par et pour les populations locales. C’est une aire naturelle protégée comme il en existe un peu partout sur le continent africain, mais elle a cette particularité d’avoir été créée en 2009, par et pour les populations. Ce modèle de réserve naturelle communautaire prend de l’ampleur au Sénégal comme ailleurs, parce qu’il intègre les besoins des communautés. Il vient finalement contrer la vision archaïque, héritée de la colonisation, de l’éden africain vierge et traversé de hordes d'animaux sauvages, qui a guidé à la création des premiers parcs nationaux africains, pensés au départ comme des zones de chasse touristique et excluant le plus souvent les populations qui y vivaient.  Aujourd’hui, cette vision a fait long feu, mais penser l’équilibre entre protection de la biodiversité et amélioration des conditions de vie des habitants demeure un pari audacieux, une promesse nécessaire. Et la réserve du Boundou, située justement sur une ancienne zone d’amodiation, de chasse de plus de 120 000 hectares prouve que c’est possible. Fruit d’une coopération décentralisée Nord-Sud entre le département français de l’Isère et celui de Tambacounda, sans dépendre de l’État, ce projet allie écologie, solidarité et démocratie locale. Parce qu’un jour, les communautés locales se sont rassemblées pour se demander comment habiter leur territoire sans le détruire, comment préserver ce patrimoine naturel et en faire profiter les générations futures ou les visiteurs de passage…  Délimitée par les villages de Koussan au Nord et Talibadji à l’Est ainsi que par la rivière Falémé au Sud-Est, cette réserve mérite le voyage, à la rencontre de communautés qui aiment, connaissent, valorisent et protègent leur territoire. Un territoire de savanes arbustives ponctuées de mares et traversé par une faune discrète mais précieuse de singes patas, d’oiseaux, de hyènes ou de gazelles à front roux, emblème de la réserve.  Un voyage sonore de Raphaëlle Constant.   En savoir plus : Le site de la Réserve Naturelle Communautaire du Boundou  Guide touristique & Dossier de la RNCB  Une vidéo de présentation de la Réserve Sur l’action de l’ONG Tetraktys, présente dans 13 pays, qui intervient depuis 20 ans au Sénégal Oriental. Elle accompagne l’essor d’un tourisme durable dans la région, l’éducation à l’environnement et le développement économique et local Sur le photographe français Julien Masson, auteur des images qui accompagnent ce voyage sonore. En images

    49 min
  4. 22 MAR

    «Ce que les îles font de nous»

    Partie à 25 ans pour la Polynésie française, pour voyager ensuite d’îles en îles à travers le monde, l’écrivaine Rose Aries a trouvé dans les espaces insulaires une certaine guérison à ses traumas d’enfance et un refuge pour ses rêves. Dans l’imaginaire des hommes et des femmes, depuis la nuit des temps, il existerait sur notre terre, des lieux clos et parfaits, fragments de terre cernés d’eau, bercés de mystères et de promesses : les îles. De l’autre côté du monde et de soi, ces objets géographiques et symboliques signent une rupture avec le temps et l’espace et incarnent le voyage absolu, total, celui qui transforme et bouleverse face à l’immensité océane. « Ce que les îles font de nous », c’est le titre prometteur de l'essai que signe l’autrice et journaliste française Rose Aries pour la toute nouvelle maison d’édition « Les corps conducteurs » et autour duquel on se retrouve aujourd’hui avec Rose. Debout sur une île : la sienne, intérieure et multiple. Reflet de son histoire intime après une enfance meurtrie par l’inceste. Reflet aussi de l’histoire des conquêtes coloniales et des désirs souvent masculins projetés sur les îles et celles-ceux qui y vivent, que Rose Aries interpelle dans un livre truffé de références et de réflexions sur le sens de nos quêtes d’insularité et de liberté. Paradisiaque, merveilleuse ou déserte, les îles abritent les désirs d’ailleurs et d’autrement de ceux qui les peuplent mais surtout de ceux qui en rêvent. Île au trésor, île mystérieuse, île aux pirates ou aux épices, les récits d’aventures insulaires de Robert Louis Stevenson ou Jules Verne ont hanté très tôt l’enfance et les lectures de Rose Aries qui y trouvaient un horizon, une évasion possible.  À 25 ans, elle prend l’avion pour la première fois, direction Tahiti, très loin de sa famille qui, comme elle l’écrit, « protège plus ses secrets que ses enfants ». Là-bas, elle va travailler en tant que journaliste et rencontrer des insulaires aux cultures fascinantes, bien conscients des projections occidentales contre lesquelles ils et elles s’insurgent et se tiennent debout. Au fil de son essai, Rose Aries distille pudiquement son histoire personnelle mais elle entend surtout déconstruire les « mythes insulaires », de l’île déserte de Robinson à l’île matricielle ou féminine, de l’île utopique à l’île carte postale, lagon azur et cocotier dans le cadre. Un chemin de vérité qui lui tient à cœur, car lui aussi guérit. À lire :  - «Ce que les îles font de nous», de Rose Aries. 2026. Éditions Les Corps Conducteurs - «L’île des rêves écrasés», de Chantal Spitz.1991. Éditions Au Vent des îles  - «Mūtismes», de Titaua Peu. 2003. Éditions Au Vent des îles.

    49 min
  5. 15 MAR

    Sur les traces de Simona Kossak, sentinelle de la forêt

    Pour suivre les traces de cette polonaise radicale et passionnée qui a consacré sa vie à la forêt de Białowieża et aux animaux qui la peuplent, il faut s’armer de patience et de poésie…   En forêt, on pratique le pistage : une quête attentive où les sens se doivent d’être en éveil pour déceler ici et là des empreintes dans la neige ou la terre humide, un bruissement d’ailes là-haut dans les arbres, une présence animale qu’on devine mais qui échappe à notre seule vision.  Et en lisant « Le Souffle de la Forêt » paru en France, on se dit c’est un peu ce qu’a dû faire son autrice, l’écrivaine italienne Simonetta Greggio, lorsqu’elle a décidé de partir dans la dernière forêt dite « primaire» d’Europe, Białowieża, sur les traces de Simona Kossak…Ce nom ne vous dit peut-être rien mais en Pologne, son pays, Simona Kossak est une biologiste, zoopsychologue et écrivaine de renom, célèbre pour avoir passé plus de trente ans dans une cabane forestière, sans eau courante ni électricité, au fond des bois, au rythme de la nature et pour la défense du vivant.  Ce qui a valu à Simona, bien sûr, le surnom de « sorcière ». Car dans sa « Dziedzinka », sa cabane, cette petite femme issue de l’aristocratie polonaise a choisi de vivre parmi une épatante famille : Żabka, la femelle sanglier qui dormait dans son lit, Agata un lynx souvent lové sur l’épaule, Korasek, le corbeau chapardeur à qui elle parlait… Adepte de l’éthologie, cette science du comportement des animaux, Simona Kossak va mener des études sur les ongulés (Białowieża concentre 90% des bisons d’Europe) mais aussi de féroces combats pour la défense de la faune sauvage et le respect de cette forêt mythique de Białowieża, située tout au sud de la Pologne, aux confins de la Biélorussie. Aujourd’hui parc national, cette forêt, dont le cœur est désormais une réserve intégrale d’arbres millénaires et de lichens, est depuis 2021 balafrée par une frontière anti-migrants…  Décédée en 2007, Simona Kossak n’a pas connu cette dernière page récente de l’histoire de la forêt mais sur place, elle a marqué durablement les esprits par sa pensée et sa manière de vivre : libre, sauvage, insaisissable. Restent ses chroniques radios, quelques écrits et de stupéfiantes images d’une vie entière passée au contact des animaux.    Dans son livre, Simonetta Greggio nous livre un récit choral où se superposent en collages éléments biographiques, impressions et paroles multiples d’ami.e.s, d’animaux, de familles ou de forestiers qui ont côtoyé Simona Kossak, afin de déceler l’empreinte profonde qu’elle a laissée derrière elle. Celle d’une femme pionnière qui avait compris et vécu dans sa chair, à quel point les frontières entre humains et non humains n’existent pas.   En savoir plus : - Sur « Le Souffle de la forêt » de Simonetta Greggio. Éditions Arthaud. 2026 - Sur les images de Lech Wilczek, photographe animalier polonais qui a partagé la vie de Simona et immortalisé ses instants de vie parmi ses animaux - Sur la forêt de Białowieża, dernière forêt dite primaire d’Europe et aujourd’hui parc national - Sur le film polonais de fiction « Simona Kossak » consacré à la scientifique et sorti en 2024 - Sur notre voyage sonore « Białowieża: il était une forêt », un reportage de Sibylle d’Orgeval en 2024 pour Si loin si proche.

    49 min
  6. 8 MAR

    Femmes en voyage : la liberté en marche

    À l’occasion du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, on honore le legs que nous ont laissé nos aînées vagabondes. En feuilletant un album de famille sonore rempli de sacrées grands-mères, de super tantes, mères ou cousines intrépides, qui ont ouvert la voie du monde et du voyage ou continuent de le faire...  De la voyageuse victorienne en jupons à la « backpackeuse » sportive et féministe, il en aura fallu des combats intimes ou collectifs pour que les femmes puissent user de leur droit, leur liberté élémentaire de mouvement : partir d’abord, bouger ensuite, vibrer forcément, écrire parfois, exister en somme !  Aujourd’hui, dans les contrées occidentales, de plus en plus de femmes osent le voyage, qui plus est solo. Ainsi, selon l’Organisation Mondiale du Tourisme, en 2025, elles étaient plus de 40% à voyager seules, soit deux fois plus qu’il y a 15 ans, seulement.  Cette audace- car elle en est encore une- a donc une histoire et un chemin, et nous allons écouter, réécouter ici la trajectoire de certaines de ces voyageuses, d’hier et d’aujourd’hui, qui peuplent nos imaginaires mais aussi cette émission depuis une décennie au moins. Des pionnières Ella Maillart ou Anita Conti au récit encabané de Gabrielle Filteau-Chiba, de l’alpiniste française Liv Sansoz au tour du monde à moto d’Anne-France Dautheville, en passant par les utopies féministes ou les villages bien réels exclusivement composés de femmes au Kenya avec la photographe Nadia Ferroukhi, ces femmes nous éclairent sur les mobilités conquises et la place des femmes dans l’espace public toujours à défendre. Avec l’écrivaine française Lucie Azéma, dont on suit la trajectoire depuis son premier essai féministe « Les femmes aussi sont du voyage, l’émancipation par le départ », publié en 2021 et toujours d’actualité. À lire : - « Une saison à Téhéran » de Lucie Azéma. Éditions Les corps conducteurs. 2026 - « Les femmes aussi sont du voyage, l’émancipation par le départ » de Lucie Azéma. Éditions Points Poche. 2025 - « Nous avons besoin d’un ailleurs qui n’existe pas » de Lucie Azéma. Éditions Champs Flammarion. À écouter : - Notre récit sonore « SF féministe : voyage au-delà des genres » en 2025 - « Le monde est à elles : histoires d’aventurières » en 2019.

    49 min
  7. 1 MAR

    Camopi, territoire sensible. Dans le Parc Amazonien de Guyane 3/3

    À l’occasion de notre série à la découverte des Parcs nationaux français, voyage au sein du plus grand Parc national d’Europe et de France: le Parc Amazonien de Guyane (PAG). Sur près de 3,4 millions d’hectares, ce trésor de biodiversité se déploie entre forêt tropicale humide et communes isolées du sud de la Guyane. Depuis sa création en 2007, le PAG cherche à allier protection de l’environnement, préservation des modes de vie et des cultures locales autochtones et développement durable : un équilibre fragile, complexe à maintenir sur un territoire immense, habité et particulièrement convoité par les orpailleurs. Deuxième étape: Camopi, en terre amérindienne. À l’extrême sud-est de la Guyane, à la frontière brésilienne, la commune de Camopi s’étire sur les rives du fleuve Oyapock, là où vivent les communautés amérindiennes Téko et Wayãpi. Pendant longtemps, la commune enclavée était uniquement accessible en pirogue depuis Saint-Georges. Récemment, le bourg de Camopi est sorti de la ZAR, ou zone d’accès réglementé, soumise à autorisation. Et à présent, tout le monde peut s’y rendre, qui plus est, par avion, depuis 2021. Cette ouverture récente voulue par la municipalité, l’arrivée de l’avion, mais aussi la création du Parc en 2007 qui a installé une délégation à Camopi sont venues bousculer le quotidien d’autochtones qui, par le passé, ont déjà connu les bouleversements violents de la colonisation qui cherchait à étendre son emprise jusque dans ces marges amazoniennes qui lui échappaient encore. Aller à Camopi aujourd’hui, c’est aller à la rencontre d’Amérindiens français pris entre deux mondes, fiers de leur culture et du génie autochtone que leur ont transmis les anciens, mais souvent oubliés, relégués aux confins de leur propre territoire. Sur place, la délégation du Parc et ses agents, en partie amérindiens, représentent l’une des rares instances nationales présentes à l’année sur le territoire et le Parc Amazonien de Guyane sert souvent de relais administratif et social auprès des populations locales. Les questions qu’une telle gestion soulève, entre lutte contre l’orpaillage illégale, reconnaissance des droits autochtones, émancipation et protection de l’environnement, demeurent particulièrement sensibles.  Une série radiophonique en 3 épisodes dans le PAG de Céline Develay-Mazurelle et Laure Allary, initialement diffusée en 2023.   En savoir plus: - Sur la Guyane, terre française d’Amazonie sur le site Guyane Amazonie - Sur le Parc Amazonien de Guyane, parc national français né en 2007 et les 11 Parcs nationaux de France - Sur le fléau environnemental et humain de l’orpaillage illégal en Guyane : un article du Fonds Mondial pour la Nature ou WWF - Sur le travail de l’artiste Teko et Wayana Ti’iwan Couchili, ici présenté sur la plateforme « La voix des femmes autochtones » développé par la journaliste française Anne Pastor - Sur le mouvement de la Jeunesse Autochtone de Guyane ou JAG - Sur la Fédération des organisations autochtones de Guyane - Sur la problématique des suicides au sein des communautés amérindiennes, le rapport dit Archambault remis en 2015 au Premier Ministre est ici disponible - Sur le scandale des pensionnats autochtones ou « homes »amérindiens, un article ici de Médiapart, en écho au livre et à l’enquête édifiante d’Hélène Ferrarini « Allons enfants de la Guyane. Éduquer, évangéliser, coloniser les Amérindiens dans la République », paru aux Éditions Anacharsis, 2022.

    49 min
  8. 22 FEB

    Saül, un village au cœur de la forêt amazonienne - Dans le Parc Amazonien de Guyane 2/3

    À l’occasion de notre série à la découverte des Parcs nationaux français, voyage au sein du plus grand Parc national d’Europe et de France : le Parc Amazonien de Guyane (PAG). Sur près de 3,4 millions d’hectares, ce trésor de biodiversité se déploie entre forêt tropicale humide et communes isolées du sud de la Guyane. Depuis sa création en 2007, le PAG cherche à allier protection de l’environnement, préservation des modes de vie et des cultures locales autochtones et développement durable : un équilibre fragile, complexe à maintenir sur un territoire immense, habité et particulièrement convoité par les orpailleurs. Deuxième épisode de la première étape : Saül.   Située entre le Suriname et le Brésil, la Guyane est un département français grand de 83 000 km2, recouvert à 95% par la forêt amazonienne. Le plus souvent, les voyageurs étrangers comme les locaux d’ailleurs, ne l’appréhendent que par son littoral, sur la bande côtière. Or à l'intérieur des terres, au-delà de cette zone littorale, se déploie depuis 2007 le Parc Amazonien de Guyane, plus grande réserve de biodiversité française qui permet d’accéder justement à cette grande forêt et aux communes enclavées du centre et du sud de la Guyane.  Parmi elles : Saül, un minuscule village situé au centre du département et une des portes d’entrée du Parc. Uniquement accessible par avion, Saül est une toute petite enclave humaine, isolée au milieu de la très grande forêt. Ici, 80 habitants à peine vivent parmi les arbres géants, les lianes vertigineuses et les sous-bois marécageux, au son des oiseaux, des singes hurleurs ou des grenouilles en pagaille. Car là, bat le cœur de la forêt et les Saüliens, qu’ils soient agents du parc, agriculteurs, écoliers ou propriétaires de gîte, savent l’écouter, le partager et le défendre.  Aller à Saül, c’est aussi comprendre ce que c’était de vivre jadis, dans un arrière-pays immense et isolé, loin du joug colonial et de ses appétits. Car pendant longtemps, dans cette immense marge amazonienne, les populations autochtones, les esclaves marrons qui y avaient trouvé refuge, ou des migrants travailleurs artisanaux de l’or venus des Petites Antilles, ont résisté et inventé une vie bien à eux dans la forêt.  Aujourd’hui prisée des voyageurs et des scientifiques, cette destination unique au monde permet d’accéder par des sentiers de randonnée à la grande nature, loin des mythes de l’eldorado ou de l’enfer vert qui ont souvent collé à la peau de ce corps furieusement vivant qu’est l’Amazonie. Autour, le fléau de l’orpaillage illégal sévit, mais les Saüliens veillent et les agents du parc luttent. Une série radiophonique en 3 épisodes dans le PAG de Céline Develay-Mazurelle et Laure Allary, initialement diffusée en 2023. Les deux premiers épisodes de ce voyage à Saül sont produits avec « RFI Labo » en Dolby ATMOS pour une écoute immersive au casque au cœur du Parc Amazonien de Guyane, afin de découvrir son écosystème par le son.   Pour organiser votre voyage en Guyane, dans le PAG :  - Plus d’infos sur la Guyane, terre française d’Amazonie sur le site Guyane Amazonie - Plus d’infos sur le Parc Amazonien de Guyane, Parc national français né en 2007 - Si vous souhaitez vous rendre dans les communes du sud de la Guyane à l’intérieur du parc, il faut bien penser à réserver à l’avance auprès d’Air Guyane qui assure les rotations aériennes.  - Pour les hébergements dans le parc, plus d’infos ici.   En savoir plus : - Sur l’ABC de la biodiversité de Saül initié par le Parc Amazonien de Guyane. Il consistait à réaliser avec les habitants un inventaire de la faune et de la flore autour du bourg.  - Sur la faune, la flore, les amphibiens ou les sentiers de randonnée de Saül, le PAG a édité des brochures disponibles en ligne, en bas de cette page - Sur le site collaboratif Faune Guyane rassemblant les données naturalistes de Guyane. Il est animé par le Gepog ou Groupe d’étude et de protection des oiseaux de Guyane. Le Gepog met gracieusement à la disposition des ornithologues et naturalistes des chants d'oiseaux qui peuvent être téléchargés. - Sur le fléau environnemental et humain de l’orpaillage illégal en Guyane : un article du Fonds Mondial pour la Nature ou WWF - Sur les 11 Parcs nationaux de France, espaces naturels dit d’exception qui recouvrent des espaces terrestres et maritimes en métropole et dans les Outre-mer - Sur les autres voyages de Si loin si proche dans le cadre de notre série sur les Parcs nationaux français : le Parc National des Cévennes par Sarah Lefèvre et le Parc National des Calanques par Inès Edel-Garcia.

    49 min

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Le rendez-vous des voyages de RFI produit par Céline Develay-Mazurelle et réalisé par Laure Allary. Récits radiophoniques et reportages au long cours, pour se faire la malle et voir le monde avec les oreilles. *** Diffusions le dimanche à 02h10 TU et à 13h10 TU vers toutes cibles.

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