La marche du monde

Chaque semaine, La marche du monde vous propose de découvrir l’histoire de nos sociétés contemporaines. Sur les cinq continents, nous recherchons des témoignages, mais aussi des archives radiophoniques et musicales, pour revivre les évènements et les mouvements qui éclairent l’actualité. En Afrique, en Asie, en Amérique, en Europe et au Proche-Orient, rafraîchissons-nous la mémoire et partageons notre histoire ! *** Diffusions le samedi à 14h10 TU et le dimanche à 00h10 TU vers toutes cibles. 

  1. vor 4 Tagen

    20 ans du Quai Branly, un dialogue des cultures réinventé par la présidence d’Emmanuel Kazarhérou

    Retour sur la genèse d’un musée des arts premiers rêvé par un tandem improbable : Jacques Chirac, président de la République anti-élite et Jacques Kerchache, marchand d’art africain. 20 ans plus tard, Emmanuel Kazarhérou revendique un dialogue des cultures renouvelé, après avoir procédé aux premières restitutions d’objets pillés par la colonisation aux États africains demandeurs. Nous sommes en 2006, très exactement le 20 juin, lors de l’inauguration du Musée du Quai Branly consacré aux Arts et civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques. Le président Jacques Chirac prend longuement la parole pour rendre un hommage vibrant à la culture des peuples premiers « aucun peuple ni civilisation n’épuise le génie humain ». Dans la lignée de ses prédécesseurs à l’Élysée, le président français imprime sa marque dans l’espace public parisien. Après Charles de Gaulle et la Maison de la Radio, Georges Pompidou et le Centre Beaubourg, Valéry Giscard-d’Estaing et le musée d’Orsay, François Mitterrand et la pyramide du Louvre, Jacques Chirac a choisi : ce sera le Musée du Quai Branly dont la mission originelle est de conserver, restaurer, enrichir et valoriser une collection exceptionnelle de 360 000 œuvres et 710 00 photographies. Ce 20 juin 2006, l’inauguration se déroule en présence de la prix Nobel de la paix guatémaltèque Rigoberta Menchu et du secrétaire général des Nations unies Kofi Annan qui se félicite d’« une institution extraordinaire et unique » dont l'architecture est signée Jean Nouvel. Juché sur pilotis, arrimé aux bords de Seine, le Musée s’élève sur 5 niveaux et pour le visiter, il faut traverser un jardin vallonné conçu par Gilles Clément. À l’intérieur, le plateau des collections issues des quatre continents : Afrique, Asie, Océanie et Amériques est ouvert sur 10 000 m2. Le grand projet du président Jacques Chirac se réalise enfin car « aucun peuple ni civilisation n’épuise le génie humain » … autrement dit pas de discrimination dans l’art. Mais c’est aussi le mantra d’un autre Jacques, le collectionneur Jacques Kerchache, grand spécialiste de l’Afrique et grand absent de l’inauguration… emporté quelques années plus tôt par un cancer de la gorge. La vidéo Pour fêter ses 20 ans, le Quai Branly Jacques Chirac s’est transformé en une immense scène musicale le week-end du 20 juin 2026, après avoir longuement réfléchi au sens de sa destinée lors d’un colloque consacré aux dialogues des cultures… du mot d’ordre à la pratique. Et pour revenir sur sa genèse et la controverse de sa jeune histoire, je reçois son président Emmanuel Kazarhérou nommé par Emmanuel Macron en 2023. Historien et archéologue de formation, ancien conservateur du Musée de la Nouvelle-Calédonie, Jean-Marie Kazarhérou devenait directeur général de l’Agence de développement de la Culture Kanak en 2006, l’année de l’inauguration du Quai Branly… Comment a-t-il vécu cet avènement du Musée depuis la Nouvelle-Calédonie où il est né et grandi, en tant que fils, petit-fils et arrière petit-fils de sa grande maison Kanak ? ⇒ Le Musée du Quai Branly.   ► Pour aller plus loin À écouter les émissions La Marche du monde sur RFI :  - Mission Dakar-Djibouti, une contre-enquête avec les Africains - Paul Robeson, 1ère star noire américaine.

    49 Min.
  2. 20. Juni

    Marc Bloch au Panthéon, historien combattant du temps présent

    À l’heure des fake news, il faut lire Marc Bloch et ses Réflexions d'un historien sur les fausses nouvelles de la Grande guerre ou encore L’Étrange défaite, témoignage écrit dans l'été 40 où s’exerce son art de la critique historique en partant du temps présent pour mieux appréhender le passé, avec humanité. Pionnier de l’Histoire moderne, témoin de son propre temps, Marc Bloch est un ancien combattant de la Première Guerre mondiale, engagé volontaire en 1940 à l’âge de 53 ans. L’historien combattant entre dans la résistance active dès 1943 au sein du mouvement Franc-Tireur dans la région Rhône-Alpes. Finalement arrêté et torturé par la Gestapo sur dénonciation, Marc Bloch est fusillé à Saint-Didier-de-Formans, le 16 juin 1944, par les nazis. Père et mari aimant, époux de Simonne, Marc Bloch a choisi de sacrifier sa vie pour la Patrie, celle que sa famille juive alsacienne a choisie en 1870 : la France. Pour son entrée au Panthéon avec son épouse Simonne Vidal, nous écoutons les mots de Marc Bloch dans la voix de la comédienne Anne Alvaro - enregistrée aux Rendez-vous de l’Histoire de Blois 2025- avec nos invités Matis Bloch, son arrière-petit-fils et l’historienne Annette Becker, ainsi que les lauréats du Concours lycéen Franco-Allemand Marc Bloch organisé par le Centre Marc Bloch de Berlin dans un reportage de Pascal Thibault, notre correspondant en Allemagne. Avec tous nos remerciements aux Rendez-vous de l’Histoire de Blois pour la performance Marc Bloch l’Homme, l’Historien et tout particulièrement à la comédienne Anne Alvaro.   ► Les livres de Marc Bloch cités dans l’émission : Réflexions d'un historien sur les fausses nouvelles de la guerre, aux éditions Dunod « Les fausses nouvelles, dans toute la multiplicité de leurs formes – simples racontars, impostures, légendes – ont rempli la vie de l’humanité. Comment naissent-elles ? De quels éléments tirent-elles leur substance ? Comment se propagent-elles, gagnant en ampleur à mesure qu’elles passent de bouche en bouche ou d’écrit en écrit ? Nulle question plus que celles-là ne mérite de passionner quiconque aime à réfléchir sur l’histoire. » Marc Bloch a été un combattant de la Grande Guerre. Mais, au milieu des combats, il n'a jamais oublié de s'interroger sur la source des informations qui parcouraient les tranchées : d'où venaient-elles et pourquoi de fausses nouvelles avaient-elles tant de succès ? En 1921, il interpelle ses contemporains avec un article court et éclairant dont la réflexion est toujours d’actualité. Les rois thaumaturges, aux éditions Gallimard De 1944, date de sa mort héroïque, au début des années 1970, Marc Bloch est surtout apparu comme le cofondateur (avec Lucien Febvre) de la revue Annales, qui renouvela la méthode historique, et l'auteur d'une grande synthèse, La Société féodale (1939-1940). Depuis une dizaine d'années, les historiens et les chercheurs en Sciences humaines et sociales pensent de plus en plus que le grand livre de Marc Bloch, c'est son premier vrai livre : Les rois thaumaturges (1924). Il est consacré à l'étude d'un rite curieux : la guérison miraculeuse, par simple toucher des mains, des écrouelles ou scrofules (adénite tuberculeuse). L'attribution de ce pouvoir aux rois de France et d'Angleterre remonte probablement au XIIè siècle ; elle va durer en Angleterre jusqu'au début du XVIIIè siècle, en France jusqu'en 1825, date du sacre de Charles X. Comment se déroulait le rituel du toucher royal ? Quelle était la vraie nature du pouvoir monarchique : les rois étaient-ils des personnages sacrés, des sorciers faiseurs de miracles ? Pourquoi, enfin, a-t-on cru puis cessé de croire au miracle royal ? Trois questions qui ont amené Marc Bloch à explorer les chemins de la psychologie collective, des rites et des mythes, des croyances populaires. Pour éclairer le phénomène, il a eu recours à l'anthropologie et à son plus grand théoricien d'alors, Frazer, au comparatisme avec les sociétés les plus diverses, aux arcanes de la médecine populaire traditionnelle. C'est un jalon essentiel dans l'exploration des mentalités et l'invention d'une anthropologie historique. Dans son importante préface, Jacques Le Goff s'efforce de préciser les raisons personnelles et les milieux intellectuels qui ont conduit Marc Bloch à écrire ce livre exceptionnel, gros d'avenir, puis à abandonner cette voie, et fait le point sur la situation des Rois thaumaturges dans la recherche historique et anthropologique aujourd'hui, dont ce livre est l'un des phares.   L’étrange défaite, aux éditions Gallimard « Témoignage », était-il écrit sur la première page du manuscrit rédigé d’une traite à l’été 1940, puis dissimulé en attente de jours meilleurs, et finalement publié en 1946 aux Éditions Franc-Tireur, émanation du groupe résistant dans lequel Marc Bloch s’est engagé jusqu’à son arrestation au printemps 1944. Le « plus vieux capitaine de l’armée française », comme il aimait se décrire, combattant de 1914 devenu engagé volontaire en 1939, y propose autant un examen de conscience qu’une analyse sans concession de la France battue en quelques semaines. Pour réaliser cette histoire immédiate, il met à profit ses compétences d’historien des sociétés et des mentalités du Moyen-Âge, tout en se tournant vers l’avenir : « Un jour viendra, tôt ou tard, j’en ai la ferme espérance, où la France verra de nouveau s’épanouir, sur son vieux sol béni déjà de tant de moissons, la liberté de pensée et de jugement. Alors les dossiers cachés s’ouvriront ; les brumes […] se lèveront peu à peu ; et peut-être les chercheurs occupés à les percer trouveront-ils quelque profit à feuilleter, s’ils le savent découvrir, ce procès-verbal de l’an 1940. »   Écrits de guerre, aux éditions Armand Colin L'ouvrage ne se présente pas sous la forme classique d'un récit continu divisé en chapitres sur un sujet précis. Son unité est constituée par le personnage central Marc Bloch autour duquel gravitent des questions variées, toutes ayant un lien plus ou moins direct avec la guerre et l'expérience de la guerre. C'est un travail élaboré à partir d'un dossier constitué par Marc Bloch intitulé Souvenirs de guerre, composé de documents de natures diverses, coupures de presse, lettres manuscrites, écrits personnels, cartes postales d'origine variée, etc. présentés au lecteur. La reproduction des carnets de guerre de Marc Bloch complète ce recueil de documents ainsi que deux textes, l'un le récit des premiers mois de la Grande Guerre vécus par Marc Bloch, déjà publié sous la forme du Cahier des Annales, n° 26, 1969 sous le titre Souvenirs de guerre 1914-1915, l'article célèbre de la Revue de synthèse historique, Réflexions d'un historien sur les fausses nouvelles de la guerre. Une longue introduction de Stéphane Audoin-Rouzeau situe Marc Bloch dans la guerre et propose une réflexion sur la manière dont celle-ci a influencé sa pensée et son œuvre.   ► Pour l’entrée au Panthéon de Marc Bloch, découvrez l’exposition Marc Bloch, l’esprit de l’Histoire. .

    49 Min.
  3. 13. Juni

    L’histoire oubliée des femmes de Harkis, tisseuses des tapis de l’État français

    Elles sont femmes de Harkis et pendant des décennies ont tissé des tapis d’exception pour le mobilier national. Licières à la manufacture de Lodève, elles sont passé avec dextérité du motif berbère au style Louis XIV ou Empire. Mais qui sont ces femmes restées dans l‘ombre et quelle est leur histoire ? Théa Ollivier a mené l’enquête. En 1964, deux ans après la fin de la guerre d’Algérie et les Accords d’Évian, une soixantaine de familles harkis arrivent à Lodève, dans l’Hérault, au pied du Larzac, après un passage par les camps de Rivesaltes ou de St Maurice l’Ardoise. Les femmes sont recrutées pour tisser des tapis dans un atelier installé dans un ancien baraquement militaire. En 1966, cet atelier devient une annexe de la Manufacture nationale de la Savonnerie et passe sous la responsabilité du Mobilier national. Les tapis produits à Lodève sont destinés aux plus hautes institutions de la République. Pendant des décennies, ces femmes ont tissé des œuvres destinées aux lieux de pouvoir. Pourtant, leur histoire est restée largement invisible. Aujourd’hui, une association locale Mémoires Méditerranée se mobilise pour faire reconnaître leur travail et première victoire, leur parcours vient tout juste d’intégrer la collection permanente du Mémorial du Camp de Rivesaltes. Ce documentaire suit trois anciennes licières — Bakhta, Ledda et Fatma  — aujourd’hui à la retraite. À travers leurs souvenirs et ceux de leurs enfants, il raconte comment la fin de la guerre d’Algérie a façonné des trajectoires de femmes, de familles et de générations. Leur histoire rappelle aussi que la guerre ne s’est pas arrêtée en 1962 : elle s’est prolongée en France, dans les camps, dans le travail, et dans la longue quête de reconnaissance. ► Présentation de l’association Mémoires Méditerranée ► Pour aller plus loin découvrez le webdoc de France 24.   En images

    49 Min.
  4. 23. Mai

    Archives et mémoires de Gaza

    Une émission enregistrée en public à Marseille pour l’ouverture de la Saison Méditerranée imaginée par sa commissaire générale Julie Kretzschmer, dont l’objectif est de renforcer une communauté de destin entre les différentes rives. Et parmi les multiples enjeux et défis partagés entre les pays méditerranéens, se pose la question des archives et de la mémoire de la bande de Gaza, détruite à 80% par la guerre menée par Israël suite aux attaques du Hamas du 7 octobre 2023. C'est l’un des thèmes majeurs de cette saison multiculturelle Gaza a perdu son patrimoine architectural, son patrimoine culturel, ses lieux de culte et 10% de sa population soit 200 000 hommes, femmes et enfants. Des mémoires et des archives irremplaçables et inachevées pour citer l’exposition Studio Kegham présentée au Centre photographique Marseille, des images en noir et blanc comme un album de famille d’un Gaza détruit que réanime Kegham Djeghalian junior, petit-fils de Kegham Djeghalian senior son grand-père arménien, fondateur du premier studio photographique de la ville de Gaza dès 1944. Au cœur des images photographiques de ce Gaza disparu, nous donnons donc la parole aux archives vivantes de Gaza que sont les artistes et leurs œuvres : Nour Elassy, poétesse, pour ses textes sur le génocide et l’exil ; Maha Al-Daya, pour ses cartes brodées de la bande de Gaza ; Shareef Sarhan pour son projet gazaoui Re-Lighthouse, reconstruction du phare de Gaza… Et Marion Slitine, anthropologue et fondatrice du collectif Ma’ann pour l’exposition « Déplacer le silence : 40 artistes et poétes.ses de Gaza ».   Découvrez le programme de l'ouverture de la Saison Méditerranée Découvrez l'exposition Photo Kegham de Gaza Découvrez l'exposition Déplacer le silence Découvrez les poèmes de Nour Elassy prochainement édités aux Liens qui libèrent le 9 septembre « Il manque à mes mains de quoi te sauver ». Il manque à mes mains Ciel noir terre rouge des enfants hurlent et tout semble si profondément irréel « Je ne vois plus. Je suis tout seul. Sors-moi de là », un enfant crie, par-dessous les gravats Pardonne-moi, mon enfant Il manque à mes mains. J’ai bien tenté d’appeler à l’aide Mais il s’avère que l’aide elle-même a besoin de secours J’ai bien tenté de hurler en direction des caméras allumées Il s’avère que le monde entier regardait déjà. Regardait droit, avec des yeux impuissants J’ai bien tenté de crier, du plus fort que j’ai pu Mais il s’avère qu’ils étaient tous sourds Pardonne-moi, mon enfant Il manque à mes mains de quoi te sauver.

    49 Min.
  5. 16. Mai

    Au Musée de Nantes, l’histoire de l’esclavage et de la traite se raconte avec les Africains

    La Marche du monde enregistrée en public au Musée d’Histoire de Nantes pour la 4ème édition d’Expressions décoloniales. Une invitation à revisiter l’histoire de l’esclavage et de la traite négrière en donnant de l’espace à de nouveaux récits historiques et artistiques pour interroger quatre siècles d’une histoire monde dont nous sommes toutes et tous les descendants. C’est notre Histoire partagée et RFI est très fière de s’associer comme chaque année au Temps des mémoires, temps des commémorations de l’esclavage, de ses victimes et des combats pour son abolition.    Le Musée d’Histoire de Nantes est devenu une référence internationale pour la qualité de ses différents parcours proposés sur l’histoire longue de la ville, notamment pour son parcours muséal sur l’histoire de l’esclavage et de la traite. Au fil des œuvres, les visiteurs découvrent comment la ville de Nantes est devenue le premier port français de traite des êtres humains avec plus de 42% des départs d’expéditions de traite entre 1707 et 1793. Un commerce des esclaves dans lequel se sont spécialisées des familles d’armateurs tout comme de nombreuses activités économiques de la ville et de la région. Pour sa quatrième édition, la manifestation « Expression (s) décoloniale (s) » initiée par la directrice scientifique du Musée Krytel Gualdé invite trois personnalités, à la croisée de l’histoire, de l’art et de la mémoire: les artistes Rosana Paulino et Omar Victor Diop, et l'historienne Lylly Houngnihin. L’historienne ouest-africaine Lylly Houngnihin, fondatrice et directrice de Totems Afrikaraïbes, interpelle les visiteurs par une dizaine de textes mêlant histoire, mémoire, poésie, culture et sensibilité, attachés à des objets choisis dans le parcours permanent. Dans une démarche historique, elle envisage les collections du musée de manière transversale : « Mon travail s’oriente vers une exploration des objets comme matrices de mémoire. Je souhaite mettre en lumière ce que j’appelle des « persistances atlantiques » : les formes symboliques, plastiques et rituelles qui ont circulé de l’Afrique vers d’autres territoires, souvent en dépit des violences extrêmes de la traite. Les objets deviennent alors des passeurs d’expérience : ils condensent des récits de perte, de déplacement, mais aussi de recréation esthétique, social, et culturelle. » Depuis Sao Paulo, Rosana Paulino, artiste incontournable de la scène artistique brésilienne, investit, avec plus d’une dizaine d’œuvres majeures, le parcours d’exposition. Dessins, peintures, sculptures, vidéos, et installations en regard des documents historiques du musée sur plusieurs thématiques rendant hommage aux femmes afro-brésiliennes. Les femmes victimes de la traite atlantique et de l’esclavage colonial furent-elles des victimes comme les autres ? Quelles formes particulières de violence leur furent-elles infligées ? Quel rôle fondamental jouèrent-elles dans la transmission des savoirs hérités du continent africain ? Enfin, derrière le silence et le déni, de quelle force de résilience disposèrent-elles pour tenir ? Rosana Paulino, à travers les réponses que ses œuvres nous apportent, nous éclaire sur ces points en explorant ce qui subsiste et ce qui disparait. Enfin, l’artiste sénégalais Omar Victor Diop présente deux séries de photographies emblématiques. La première, intitulée Diaspora, inspirée de portraits réalisés entre le 15ème et le 19ème siècle, met en valeur des personnes ayant traversé les lignes de l’histoire coloniale européenne à l’époque moderne. Ainsi, c’est l’agentivité de ceux qui, depuis l’Afrique, furent les victimes ou les acteurs de ce passé, qui est mise en avant, leur individualité faisant force. La seconde série, intitulée Liberty évoque des moments-clés, fondateurs et fondamentaux, de la protestation noire à l’échelle mondiale et dans une dimension historique, des luttes anticoloniales dans les Caraïbes, à celles menées sur le continent africain jusqu’aux mouvements antiségrégationnistes et aux manifestations contemporaines contre les violences racistes. Un grand merci à toute l’équipe du musée d’Histoire de Nantes dont le formidable parcours d’exposition est à découvrir ici.

    48 Min.
  6. 25. Apr.

    Que pensent les Russes de la guerre?

    Comment savoir ce que vivent et ce que pensent les Russes en temps de guerre quand s’informer est chaque jour plus compliqué et dangereux. Compliqué parce que la guerre a percuté et disloqué les réseaux habituels d’information des chercheurs et des journalistes spécialistes de la Russie, dangereux parce que celles et ceux qui sont nos sources d’information sont accusés par Moscou d’être des agents de l’étranger et sont réprimés. Néanmoins, d’autres façons de collecter les faits se sont peu à peu organisées et chercheurs et journalistes unissent leurs efforts pour continuer à travailler afin de savoir ce que pensent les Russes dans la diversité de leurs régions… au-delà de l’image d’une nation entièrement unie autour de son chef de guerre, Vladimir Poutine. Mais que nous racontent ces récits du quotidien, loin de la normalité affichée à Moscou ? « J'ai vu aujourd'hui, dans la Deutsche Welle, une interview d’Oleg Orlov de Mémorial qui dit en substance, vous serez peut-être étonné de voir combien de gens vont dire qu'ils ne soutenaient pas le régime de Poutine lorsque Poutine ne sera plus là. J'ai plutôt tendance à être d accord avec cette affirmation. Je pense effectivement que la majorité des Russes ne soutient pas le régime, mais comme on dit en russe, il y a des nuances. Mais je voudrais dire que, y compris chez les pro-guerre, cette petite minorité des pro-guerre, on observe des changements aujourd'hui. On voit des choses écrites qui ressemblent à « mais attendez, c'est pas ça qu'on voulait ». On ne voulait pas qu'on nous caviarde les livres, on ne voulait pas la censure, on ne voulait pas non plus qu'on enlève tous les Ikea. Alors évidemment, ça peut provoquer une sorte de rire, de moquerie, mais on voit cette fracture aussi. » Témoignage de Marina Prokovna, journaliste russe (Nom modifié). Que pense la population d’un pays continent de plus de 17 millions de km2, la Russie, organisé en une fédération de 89 entités qui totalisent plus de 143 millions d’habitants qui s’expriment en de multiples langues… Une géographie humaine et inspirante pour notre sociologue invitée Françoise Daucé, directrice d’études à l’EHESS et membre du Centre d’études russes, caucasiennes, est-européennes et centre-asiatiques autrement dit le CERCEC, qu’elle a dirigé de 2015 à 2023, Elsa Vidal, longtemps rédactrice en chef pour la langue russe à RFI et aujourd’hui chroniqueuse internationale dans le journal de 20h de BFM, télévision française, le journaliste et militant russe Serguei Parkhomenko, à l’initiative du réseau Redkollegia, qui est un réseau né il y a bientôt dix ans… donc bien avant l’agression russe du 24 février 2022 en Ukraine et Alain Blum, démographe et historien spécialiste des déplacements forcés et du goulag, représentant de Mémorial France. ► À lire : - Que pensent les Russes ? Par Elsa Vidal, éditions Gallimard - Genèse d’un autoritarisme numérique. Répression et résistance sur Internet en Russie, édition des mines, dirigé par Françoise Daucé avec B. Loveluck et F. Musiani - Déportés pour l'éternité (éditions de l'EHESS) : Alain Blum et Emilia Koustova, lauréats du Grand Prix des Rendez-vous de l'Histoire de Blois. ► À découvrir : Le site internet de Mémorial France.

    48 Min.

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Chaque semaine, La marche du monde vous propose de découvrir l’histoire de nos sociétés contemporaines. Sur les cinq continents, nous recherchons des témoignages, mais aussi des archives radiophoniques et musicales, pour revivre les évènements et les mouvements qui éclairent l’actualité. En Afrique, en Asie, en Amérique, en Europe et au Proche-Orient, rafraîchissons-nous la mémoire et partageons notre histoire ! *** Diffusions le samedi à 14h10 TU et le dimanche à 00h10 TU vers toutes cibles. 

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