À LA UNE / Faire plus d’enfants : mission possible ? Au premier semestre 2025, 317 340 enfants sont nés en France, soit 2,2 % de moins qu’à la même période en 2024, selon l’Insee. Depuis 2011, les naissances diminuent continuellement et l’indice de fécondité est tombé à 1,62 enfant par femme en 2024. Ces évolutions démographiques risquent de provoquer un vieillissement de la population. « Les coûts sociaux liés au grand âge, déjà supérieurs à 14 % du PIB, pourraient augmenter de 5 points de PIB d'ici à 2040 si aucune réforme d'ampleur n'intervient », prévient l'Institut Montaigne dans son rapport sur « La France en 2040 », rappelant qu'à cet horizon les plus de 65 ans pourraient représenter entre 26,5 % et 28 % de la population française. Face à une natalité qui s’essouffle, un rapport parlementaire présenté, mercredi 11 février, par le député Jérémie Patrier-Leitus (Horizons) appelle à une « révolution de la politique familiale » pour permettre aux Français de concrétiser leur désir d’enfant. Il propose notamment un « versement familial unique » de 250 euros par mois et par enfant, sans condition de ressources, jusqu’à 20 ans, ainsi qu’une prime de naissance défiscalisée versée par les entreprises, un prêt à taux zéro en cas de naissance et un congé parental unifié de douze mois rémunérés proportionnellement au salaire. Ces propositions suffiront-elles à enrayer la chute de la natalité française ? Invités : • Jérémie Patrier-Leitus, député « Horizons et indépendants » du Calvados • Constance de Pélichy, députée « LIOT» du Loiret • Gilles Pison, professeur émérite au Muséum d’histoire naturelle, conseiller de la direction de l’Institut national d’études démographiques, démographe, auteur de « L’Atlas de la population mondiale » (éditions Autrement) Chroniques : « Le chiffre du jour » : une allocution unique à 250 euros, la solution ? par Fanny Guinochet « Quelle histoire ! » : « En même temps… For sure ! » par Laurent Guimier LA QUESTION QUI FÂCHE / Pétitions… cause toujours ? Un débat sans vote sur la pétition contre la loi Duplomb a eu lieu à l’Assemblée, mercredi 11 février 2026 : une grande première dans l’Histoire de la Vème République. L'opposition à la loi agricole, proposée par le sénateur Laurent Duplomb, s'était concentrée sur la réintroduction sous conditions de l'acétamipride, un pesticide de la famille des néonicotinoïdes autorisé ailleurs en Europe et accusé d'être un « tueur d'abeilles » par ses détracteurs. Après l'adoption du texte par le Parlement, la pétition déposée sur le portail en ligne de l'Assemblée nationale et réclamant son abrogation avait réuni plus de 2,1 millions de signatures. Alors que le sénateur Laurent Duplomb, dont la proposition initiale a été censurée par le Conseil constitutionnel pour non-conformité à la Charte de l’environnement, a déposé un nouveau texte visant à réintroduire l’acétamipride, plus de 200 organisations, dont WWF, Greenpeace et la Confédération paysanne, ont appelé à un grand rassemblement de contestation aux abords de l’Assemblée. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon a déclaré : « on ne peut pas faire comme si une pétition n'avait pas réuni deux millions de signataires. Il faut aussi entendre l'inquiétude de ces Français qui nous ont alerté ». Une nouvelle pétition intitulée « Non, c’est non, Monsieur Duplomb ! » a été lancée et a réuni plus de 130 000 signatures en moins de dix jours. Quel sort démocratique lui sera réservé ? Invités : • Julien Dive, député apparenté « Droite Républicaine » de l’Aisne • Aurélie Trouvé, députée « La France Insoumise » de Seine-Saint-Denis • Marthe Fatin-Rouge Stefanini, constitutionnaliste, juriste, directrice de recherche au CNRS Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.