Valentin Tonti-Bernard reçoit Jean-François Verstraet, président du groupe Numans (anciennement Sefigec), pour un échange sur la transformation des cabinets d’expertise comptable. Expert-comptable de formation, passé par des cabinets classiques avant de rejoindre la structure il y a 15 ans, Jean-François a pris la direction du groupe il y a 5 ans avec un objectif clair : faire passer Numans du modèle artisanal du cabinet à celui d’une entreprise structurée. Du cabinet à l’entrepriseLe constat date d’il y a cinq ans. Comme beaucoup de confrères, Jean-François identifie l’ampleur des bouleversements à venir : facturation électronique, intelligence artificielle, évolution des attentes des collaborateurs, transformation des modèles économiques. Sa conviction est qu’un cabinet structuré comme un cabinet ne pourra pas absorber ces chocs. Il faut passer en mode entreprise, avec les moyens humains et financiers qui vont avec, tout en préservant l’indépendance qui permet de choisir ses outils, ses clients et ses méthodes. Un groupe qui se développeNumans compte aujourd’hui plus de 300 personnes. L’expertise comptable et le commissariat aux comptes représentent encore environ 70 % du chiffre d’affaires, mais le groupe a développé en parallèle une gestion de patrimoine, un accompagnement prévoyance retraite, un conseil en financement, du coaching et accompagnement des dirigeants, du juridique, du corporate finance et un pôle dédié aux opérations de cession et acquisition. Le portefeuille atteint environ 10 000 clients. Le collectif comme principe d’organisationLe mot revient en permanence dans le discours de Jean-François : collectif. Lors de l’entrée d’Andera Partners au capital, l’ensemble des associés et des activités ont été réunis dans une même structure, avec un intéressement aligné au niveau du groupe. Ce choix capitalistique répond à une lecture précise du modèle traditionnel : avant l’opération, quatre associés détenaient 70 % du cabinet, ce qui rendait difficile de motiver et d’embarquer la jeune génération. Rebattre les cartes du capital faisait partie intégrante du projet, au même titre que les moyens financiers. Les fonctions support, longtemps absentes du métierL’un des points les plus saillants de l’échange porte sur la place des fonctions support dans les professions libérales réglementées. Jean-François rappelle qu’à sa formation d’expert-comptable, on apprenait à vendre des heures, et qu’embaucher un non-productif était inconcevable. La première décision qu’il a prise en arrivant à la direction a été d’intégrer des compétences internes en RH, communication, finance, IT, en assumant d’augmenter les coûts à court terme. L’argument adressé aux associés a été direct : il s’agissait de leur retirer des tâches qu’ils faisaient mal, pour qu’ils puissent se concentrer sur ce qu’ils savent faire de mieux. Le résultat est mesurable : l’augmentation du chiffre d’affaires par associé valide a posteriori l’investissement. La leçon, selon Jean-François, c’est qu’un expert-comptable n’est pas censé tout faire, et qu’on peut donner de vraies responsabilités à des collaborateurs non-productifs sans que cela menace l’autorité des associés. L’uniformisation des process et l’outil uniqueNumans a fait le choix assumé de Pennylane comme outil unique. Le cabinet a été l’un des premiers clients de Silae en 2020, l’un des premiers à intégrer Pennylane, et a aujourd’hui 80 % de ses clients équipés. Le débat sur la dépendance à un éditeur est tranché de façon pragmatique : la profession a toujours été dépendante de ses outils, et le multi-outil crée du flou pour les collaborateurs comme pour les clients. Au-delà de la productivité, l’outil unique permet une uniformisation des process qui devient stratégique dans une logique de croissance externe. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.