Choses à Savoir SANTE

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  1. -1 h

    Pourquoi certaines personnes sentent-elles des odeurs qui n'existent pas ?

    Sentir une odeur de fumée alors que rien ne brûle, percevoir une odeur de parfum dans une pièce vide, ou avoir soudainement l'impression que quelque chose pourrit autour de soi… Ces expériences peuvent sembler étranges, voire inquiétantes. Pourtant, elles correspondent à un phénomène médical bien réel : la fantosmie. La fantosmie est une forme d'hallucination olfactive. Autrement dit, le cerveau perçoit une odeur alors qu'aucune substance odorante ne se trouve réellement dans l'environnement. Pour comprendre ce phénomène, rappelons comment fonctionne normalement notre odorat. Lorsque nous respirons, de minuscules molécules odorantes pénètrent dans notre nez. Elles stimulent des récepteurs spécialisés, situés dans la partie supérieure des fosses nasales. Ces récepteurs envoient ensuite des signaux électriques au cerveau, qui les interprète comme des odeurs. Mais dans le cas de la fantosmie, ce système se dérègle. Le cerveau reçoit ou produit un signal olfactif anormal, qu'il interprète comme une véritable odeur. Et ce qui est particulièrement étonnant, c'est que ces odeurs imaginaires sont souvent désagréables : fumée de cigarette, caoutchouc brûlé, produits chimiques ou aliments pourris. Pourquoi cela arrive-t-il ? Les causes sont nombreuses. La fantosmie peut apparaître après une infection respiratoire, notamment la Covid-19, qui peut perturber durablement le fonctionnement de l'odorat. Elle peut également être liée à une inflammation des sinus, à un traumatisme crânien ou à certains médicaments. Dans d'autres cas, son origine est neurologique. Certaines migraines peuvent s'accompagner de perceptions olfactives inhabituelles. Plus rarement, une crise d'épilepsie touchant les régions temporales du cerveau peut provoquer une odeur fantôme. Et parfois, aucune cause précise n'est identifiée. Faut-il s'en inquiéter ? Dans la majorité des cas, la fantosmie est bénigne et peut disparaître spontanément, parfois après quelques semaines. Mais si elle persiste, un examen médical, notamment auprès d'un ORL, est recommandé. Il faut enfin distinguer la fantosmie d'un autre trouble, la parosmie. Dans ce dernier cas, l'odeur existe réellement, mais elle est déformée : un café peut, par exemple, sentir les ordures. La fantosmie révèle ainsi une particularité fascinante de notre cerveau : il peut nous faire sentir quelque chose qui n'existe absolument pas, avec une impression aussi réaliste qu'une véritable odeur. Cleveland Clinic +2 Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

  2. -1 j

    Comment peut-on contrôler le cerveau avec de la lumière ?

    Peut-on commander certains neurones avec de la lumière ? Cela ressemble à de la science-fiction. Pourtant, c’est précisément ce que permet l’optogénétique, une technique devenue essentielle en neurosciences et couronnée en 2026 par le prix Nobel de médecine. Son principe repose sur une idée simple : rendre certains neurones sensibles à la lumière. Pour cela, les chercheurs utilisent des protéines particulières, appelées opsines, dont certaines proviennent de micro-organismes comme des algues. Ces protéines fonctionnent comme de minuscules interrupteurs lumineux. Lorsqu’elles reçoivent une lumière d’une couleur précise, elles modifient l’activité électrique de la cellule dans laquelle elles se trouvent. Mais un neurone humain ne possède normalement pas ce type d’interrupteur. Les scientifiques commencent donc par introduire, dans certains neurones seulement, le gène permettant de fabriquer une opsine. Ils peuvent cibler une catégorie particulière de cellules cérébrales. Une fois ces neurones équipés, une fibre optique ou une autre source lumineuse permet de les stimuler. Un bref flash de lumière peut alors les activer. Avec d’autres protéines, il est au contraire possible de les inhiber. L’intérêt est considérable. Le cerveau humain contient environ 86 milliards de neurones organisés en réseaux extrêmement complexes. Pendant longtemps, lorsqu’on stimulait électriquement une région cérébrale, on activait simultanément plusieurs types de cellules. Il était donc difficile de savoir précisément lesquelles étaient responsables d’un comportement donné. L’optogénétique permet une précision beaucoup plus grande. Chez des animaux de laboratoire, les chercheurs peuvent par exemple activer un groupe précis de neurones et observer immédiatement les conséquences : déclenchement d’un mouvement, modification du sommeil, apparition d’un comportement de peur ou changement de la motivation. L’expérience peut également être inversée : désactiver momentanément certains neurones pour vérifier si un comportement disparaît. Cette technique permet ainsi de comprendre non seulement quelles régions du cerveau sont actives, mais surtout quels circuits sont directement responsables de certaines fonctions. L’optogénétique est aujourd’hui utilisée pour étudier des maladies comme Parkinson, l’épilepsie, les addictions ou certains troubles psychiatriques. Elle ouvre également des pistes thérapeutiques, même si son utilisation chez l’être humain reste encore très expérimentale. Sa force tient donc à une idée presque paradoxale : pour mieux comprendre l’un des organes les plus complexes de notre corps, les scientifiques utilisent quelque chose d’extrêmement simple. De la lumière. Grâce à elle, ils peuvent désormais allumer ou éteindre certains neurones avec une précision de l’ordre de la milliseconde et observer, presque en direct, comment fonctionne le cerveau. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

  3. -2 j

    Faut-il craindre le retour de la peste ?

    La peste évoque immédiatement la peste noire du Moyen Âge et ses dizaines de millions de morts. Alors forcément, lorsqu’un possible cas de peste pulmonaire apparaît en Russie, l’inquiétude peut être immédiate. Mais faut-il réellement craindre une nouvelle épidémie ? L’affaire débute en Sibérie, dans la région d’Irkoutsk. Une technicienne de 28 ans travaillant dans un institut spécialisé dans l’étude de la peste tombe gravement malade avant de mourir le 2 octobre 2026 d’une pneumonie. Plusieurs médias russes affirment qu’elle aurait auparavant été victime d’un accident de laboratoire impliquant la bactérie responsable de la peste, Yersinia pestis. Mais attention : cette version n’est, pour l’instant, pas officiellement confirmée. Les autorités sanitaires russes parlent d’une « pneumonie d’origine indéterminée » et affirment n’avoir retrouvé aucun microorganisme lié à son activité professionnelle. Par précaution, près de 200 personnes ayant potentiellement été en contact avec elle ont néanmoins été placées sous surveillance médicale. Pourquoi une telle prudence ? Parce que si la peste bubonique, transmise principalement par les puces de rongeurs, passe très rarement directement d’un humain à l’autre, la peste pulmonaire est différente. Lorsque la bactérie atteint les poumons, un malade peut transmettre Yersinia pestis à une autre personne par des gouttelettes respiratoires, notamment lors de contacts rapprochés. Sans traitement, cette forme est extrêmement dangereuse et peut tuer en seulement quelques jours, parfois même en moins de 24 heures après l’apparition des symptômes graves. Mais plusieurs éléments sont rassurants. D’abord, la peste n’est plus la maladie incontrôlable qu’elle était au Moyen Âge. C’est une infection bactérienne, et elle peut aujourd’hui être traitée efficacement avec des antibiotiques lorsqu’ils sont administrés suffisamment tôt. Ensuite, la peste pulmonaire ne se transmet pas aussi facilement que des maladies comme la rougeole ou le Covid-19. Sa propagation nécessite généralement un contact assez proche avec une personne malade. Enfin, pour l’instant, aucun foyer important de transmission n’a été mis en évidence autour du cas russe. L’Organisation mondiale de la santé estime d’ailleurs que, sur la base des informations disponibles, le risque pour la population générale est faible. Il faut donc surveiller attentivement la situation, mais pas imaginer le retour imminent de la peste noire. La peste existe toujours au XXIe siècle. La différence essentielle, c’est que nous disposons désormais des antibiotiques, du diagnostic, de l’isolement des malades et de la surveillance des contacts pour empêcher quelques cas de devenir une catastrophe. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

  4. -3 j

    Comment soignait‑on la gueule de bois autrefois ?

    La gueule de bois est probablement presque aussi ancienne que l’alcool lui-même. Et pendant des siècles, les hommes ont imaginé des remèdes parfois surprenants pour faire disparaître maux de tête, nausées et fatigue après une soirée trop arrosée. Dans l’Antiquité, l’un des grands remèdes était… le chou. Pline l’Ancien rapporte ainsi que certains Grecs pensaient que le chou avait une sorte d’« inimitié naturelle » avec la vigne. Manger du chou avant de boire devait empêcher l’ivresse ; en consommer après devait aider à dissiper ses effets. Les Romains lui attribuaient d’ailleurs toutes sortes de vertus médicinales. Mais les textes antiques mentionnent des traitements beaucoup plus étranges. Pline rapporte par exemple une recette attribuée aux Assyriens : un bec d’hirondelle broyé et mélangé à de la myrrhe. Difficile de savoir à quel point ce traitement était réellement répandu, mais il montre jusqu’où pouvaient aller les pharmacopées anciennes. Au Moyen Âge et à l’époque moderne, on retrouve d’autres remèdes. Les amandes amères furent longtemps réputées protéger contre les effets de l’alcool. Leur efficacité était pourtant déjà contestée au XVIIe siècle. D’autres préparations recommandaient même des anguilles crues ou diverses décoctions censées rééquilibrer les humeurs du corps. Un principe particulièrement tenace apparaît également : combattre l’alcool… avec de l’alcool. C’est le fameux « hair of the dog », littéralement « le poil du chien ». L’expression vient d’une ancienne croyance selon laquelle, après avoir été mordu par un chien, on pouvait soigner la blessure en y appliquant des poils de l’animal. Transposé à l’alcool, le principe devient simple : puisque l’alcool vous a rendu malade, reprenez-en un peu le lendemain matin. Au XIXe siècle apparaît ainsi le « Prairie Oyster », cocktail destiné aux lendemains difficiles : jaune d’œuf cru, sauce Worcestershire, poivre, sel et parfois sauce piquante. Certaines versions contiennent également de l’alcool. Le problème, c’est que la plupart de ces remèdes ne guérissent pas réellement la gueule de bois. Aujourd’hui, on sait qu’elle résulte de plusieurs phénomènes : déshydratation, perturbation du sommeil, inflammation, irritation digestive et transformation de l’alcool dans l’organisme. Le remède le plus efficace aurait donc certainement déçu nos ancêtres : boire moins, s’hydrater, manger normalement et attendre que le corps élimine l’alcool. Beaucoup moins spectaculaire qu’un bec d’hirondelle à la myrrhe… mais nettement plus raisonnable. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

  5. -4 j

    Comment peut-on ne pas voir un gorille sous ses yeux ?

    Aujourd'hui je vais vous parler d'un phénomène appelé la « cécité d’inattention ». Il désigne notre incapacité à percevoir un élément pourtant bien visible lorsque notre attention est fortement mobilisée par autre chose. Pour tout comprendre ici, il faut rappeler que le cerveau humain reçoit en permanence une immense quantité d’informations visuelles. Pour ne pas être submergé, il doit faire des choix. Aussi il sélectionne ce qui lui semble pertinent et ignore une grande partie du reste. Et ce mécanisme est indispensable : sans lui, il nous serait presque impossible de nous concentrer. Mais il a une conséquence surprenante. Quand notre attention est focalisée sur une tâche précise, nous pouvons littéralement ne pas voir quelque chose qui se trouve pourtant juste devant nos yeux. Une expérience menée en 2013 l’a démontré de manière spectaculaire. Des chercheurs ont demandé à des radiologues expérimentés d’examiner des scanners pulmonaires afin d’y repérer de petits nodules susceptibles d’être anormaux. Mais les scientifiques avaient ajouté discrètement quelque chose d’inattendu dans certains scanners : l’image d’un gorille. Et ce gorille n’était pas exactement discret. Il était environ 48 fois plus grand que la taille moyenne des nodules recherchés. Pourtant, 83 % des radiologues ne l’ont pas remarqué. Le plus étonnant, c’est qu’une partie d’entre eux avaient pourtant dirigé leur regard vers la zone où se trouvait l’animal. Leurs yeux avaient donc reçu l’information, mais leur cerveau ne l’avait pas véritablement traitée. Pourquoi ? Parce que leur attention était entièrement orientée vers une mission précise : chercher des nodules blancs caractéristiques. Leur cerveau filtrait donc le reste. Alors la cécité d’inattention ne concerne évidemment pas seulement les radiologues. Elle peut survenir lorsque nous conduisons, lorsque nous traversons une rue en regardant notre téléphone ou lorsque nous cherchons un objet précis dans une pièce. Elle permet aussi de comprendre pourquoi des témoins d’un même événement peuvent avoir des souvenirs très différents : chacun porte son attention sur des éléments différents. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

  6. 2 oct.

    Quel est l'âge où le bonheur atteint son niveau le plus bas ?

    Existe-t-il un âge où le bonheur atteint son niveau le plus bas ? Selon une vaste étude publiée en 2020 dans le Journal of Economic Behavior & Organization, la réponse se situerait autour de 49 ans. L’économiste David Blanchflower, professeur à Dartmouth College, a analysé plusieurs gigantesques bases de données internationales représentant près de 14 millions de personnes. Son objectif n’était pas seulement de demander aux participants s’ils étaient « heureux » ou non, mais d’étudier une vingtaine d’indicateurs de mal-être : anxiété, tristesse, solitude, stress, troubles du sommeil, perte de confiance en soi, sentiment d’échec ou encore dépression. Et un schéma étonnamment régulier apparaît. Si l’on trace le niveau de mal-être en fonction de l’âge, on obtient une sorte de U inversé. Le mal-être augmente progressivement à partir de la jeunesse, atteint son maximum au milieu de la vie, puis diminue à nouveau. L’âge moyen du pic est d’environ 49 ans, que les chercheurs tiennent compte ou non de différentes variables socio-économiques. Vu sous l’angle du bonheur, cela correspond à la fameuse « courbe en U » : relativement élevé chez les jeunes adultes, le bien-être diminuerait jusqu’à la quarantaine ou la cinquantaine avant de remonter ensuite. D’autres travaux situent généralement ce creux entre 35 et 50 ans, même si son existence et son amplitude varient selon les méthodes utilisées. Pourquoi cette baisse au milieu de la vie ? Une hypothèse concerne les attentes. Lorsque nous sommes jeunes, nous avons tendance à surestimer la satisfaction que nous procurera notre vie future. Arrivé à la quarantaine, l’écart entre nos ambitions passées et notre situation réelle peut devenir particulièrement visible : carrière, argent, couple, famille ou projets personnels. Une étude utilisant des données allemandes a justement montré que les jeunes surestiment leur satisfaction future, alors que les personnes âgées ont plutôt tendance à la sous-estimer. Mais attention : 49 ans n’est évidemment pas une date de péremption du bonheur. Il s’agit d’une moyenne statistique portant sur des millions de personnes. Une personne de 49 ans peut parfaitement vivre la meilleure période de son existence. Le résultat intéressant est ailleurs : contrairement à l’idée selon laquelle le vieillissement nous rendrait progressivement plus malheureux, plusieurs études suggèrent qu’après le creux du milieu de vie, le bien-être peut au contraire remonter. Autrement dit, la fameuse « crise de la quarantaine » pourrait avoir, au moins statistiquement, un véritable écho dans les données. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

  7. 1 oct.

    Quel est le médicament contre le racisme ?

    Existe-t-il un médicament capable de réduire le racisme ? La question paraît provocatrice. Pourtant, une expérience menée par des chercheurs de l’université d’Oxford a obtenu un résultat étonnant avec un médicament très connu : le propranolol. Le propranolol appartient à la famille des bêtabloquants. Il est notamment utilisé contre certains troubles cardiovasculaires, mais aussi contre les migraines, les tremblements ou les manifestations physiques de l’anxiété. Son action principale consiste à bloquer certains effets de l’adrénaline et de la noradrénaline dans l’organisme. En 2012, des chercheurs d’Oxford ont voulu savoir si cette action pouvait également modifier certaines réactions émotionnelles inconscientes. Ils ont recruté 36 volontaires blancs en bonne santé. Dans cette étude réalisée en double aveugle, certains reçurent une dose unique de 40 milligrammes de propranolol, les autres un placebo. Une à deux heures plus tard, les participants passèrent notamment un « test d’association implicite », ou IAT. Ce test mesure la rapidité avec laquelle une personne associe certaines catégories — par exemple des visages noirs ou blancs — à des mots positifs ou négatifs. Résultat : dans le groupe ayant reçu du propranolol, le biais racial négatif implicite mesuré par ce test était significativement réduit, au point de ne plus être détectable statistiquement dans cette expérience. En revanche, le médicament ne modifiait pas les opinions raciales exprimées consciemment par les participants. Comment l’expliquer ? Les chercheurs ont proposé que certains préjugés automatiques puissent être en partie liés à des réactions émotionnelles faisant intervenir la noradrénaline. En atténuant ces réactions physiologiques, le propranolol pourrait donc modifier certaines associations automatiques. Mais attention : cela ne signifie absolument pas que le propranolol est un « médicament contre le racisme ». D’abord, l’expérience ne portait que sur 36 personnes et sur une seule dose. Ensuite, elle mesurait un biais implicite à l’aide d’un test psychologique, et non des comportements racistes dans la vie quotidienne. Les auteurs eux-mêmes soulignaient que d’autres études étaient nécessaires avant de savoir si cet effet pouvait se retrouver chez des patients prenant régulièrement le médicament. Cette étude soulève néanmoins une question fascinante : nos opinions morales et sociales sont-elles totalement indépendantes de notre biologie ? Le propranolol ne transforme évidemment pas les convictions d’une personne. Mais cette expérience suggère qu’un médicament agissant sur nos réactions émotionnelles pourrait, dans certaines circonstances, modifier certaines associations sociales inconscientes. Et cela pose une question vertigineuse : jusqu’à quel point notre chimie cérébrale participe-t-elle à ce que nous appelons nos opinions ? Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

  8. 30 sept.

    Pourquoi notre audition baisse-t-elle avec l'âge ?

    Pourquoi, avec l’âge, avons-nous tendance à monter le son de la télévision ou à demander aux autres de répéter ? Ce phénomène porte un nom : la presbyacousie. Il s’agit de la diminution progressive de l’audition liée au vieillissement. Elle apparaît généralement de façon lente et touche les deux oreilles. Au début, ce sont surtout les sons aigus qui deviennent difficiles à percevoir. Une personne peut ainsi continuer à entendre quelqu’un parler, mais avoir du mal à distinguer certains sons de la parole, notamment lorsqu’il y a du bruit autour. C’est pourquoi les conversations dans un restaurant animé deviennent souvent particulièrement difficiles. Que se passe-t-il dans nos oreilles ? Dans l’oreille interne se trouve la cochlée, une petite structure en forme d’escargot contenant des cellules sensorielles extrêmement fragiles, les cellules ciliées. Elles transforment les vibrations sonores en signaux électriques transmis au cerveau. Avec les années, certaines de ces cellules et d’autres structures de l’oreille interne se détériorent. Des modifications peuvent également toucher les voies nerveuses qui acheminent et analysent les sons. Or ces cellules sensorielles ne se renouvellent pratiquement pas chez l’être humain. Les pertes accumulées au cours de la vie deviennent donc progressivement perceptibles. Mais l’âge n’est pas seul responsable. Notre histoire sonore compte énormément. Des décennies passées à proximité de machines bruyantes, de concerts, de moteurs ou simplement à écouter de la musique trop fort peuvent accélérer la dégradation de l’audition. La génétique intervient également, ainsi que certains facteurs de santé. L’hypertension et le diabète sont notamment associés à davantage de troubles auditifs avec l’âge. Certains médicaments dits « ototoxiques » peuvent aussi endommager l’oreille interne. Peut-on alors empêcher la presbyacousie ? Pas complètement : on ne sait actuellement pas stopper le vieillissement naturel du système auditif. Mais il est possible d’en limiter certains facteurs aggravants. La mesure la plus importante consiste à protéger ses oreilles du bruit : réduire le volume des écouteurs, limiter la durée d’exposition aux sons intenses et utiliser des bouchons ou un casque de protection lors d’un concert ou dans un environnement très bruyant. Il est également utile de surveiller sa santé cardiovasculaire et de faire tester son audition lorsqu’on commence à moins bien comprendre les conversations. Car la presbyacousie est progressive : plus elle est repérée tôt, plus rapidement des solutions, notamment les aides auditives, peuvent être proposées. Préserver son audition, c’est donc aussi protéger ses oreilles aujourd’hui pour mieux entendre demain. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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