Les dessous de l'infox

Repérer le faux dans l’info, ça n’est pas toujours facile. Sur Radio France internationale, on vous aide à y voir plus clair. En compagnie de tous ceux qui traquent l’infox, l’observent et l’analysent, au plus près, « Les dessous de l'infox », le magazine est diffusé tous les vendredis. Une émission présentée par Sophie Malibeaux. Diffusions le vendredi à 17h30 TU (vers toutes cibles). 

  1. -3 j

    Disinfo 2026 à Vilnius, les États-Unis interfèrent dans une conférence ciblant les ingérences américaines

    « L'Europe face aux menaces informationnelles » - (épisode 12) La conférence annuelle Disinfo 2026 a réuni à Vilnius, quelques 650 chercheurs, journalistes, spécialistes du numérique, de l'intelligence artificielle, de l'influence et de la géopolitique. Les opérations attribuées à des acteurs de Russie, Chine ou Iran ont occupé une large place, mais l'attention s'est aussi portée cette année sur l'administration Trump, devenue vecteur d'ingérences et manipulations de l'information.  Parmi les speakers de Disinfo 2026, nous avons interrogé deux chercheurs de l’Institut français de Géopolitique, membres de GEODE, le projet d’étude sur la géopolitique de la datasphère :  Kevin Limonier, spécialiste du monde russe et Jonathan Guiffard qui, lui, s'intéresse plus particulièrement à la sécurité nationale des États-Unis. Tous deux viennent de publier une article intitulé « L’ère de la guerre politique » dans la revue Le Grand continent.  Ce travail éclaire d'une lumière crue la problématique soulevée lors de la conférence Disinfo 2026 où, pour la première fois, à côté d'interventions visant à documenter les campagnes informationnelles massives de la part de pays très éloignés des standards et pratiques démocratiques -telles que les ingérences russes en Europe- il était prévu d’aborder les interférences américaines.  Le ton était donné dès l’inauguration de la conférence par Diana Wallis, présidente du Conseil d’administration de l’ONG EU Disinfo Lab, évoquant l'environnement de plus en plus sensible et les nouveaux défis rencontrés dans l’organisation de l’événement. À propos des États-Unis, « On ne pouvait pas faire comme si de rien était. On ne peut pas ne pas citer les pays à l’origine de la menace ».  En fait, la pression s’était accrue en amont de la conférence. La plupart des intervenants avaient reçu un message au ton comminatoire de la part d’un blogueur américain, conspirationniste ardent défenseur du mouvement MAGA (Make America Great Again),  une véritable campagne d’intimidation, qui n’a fait que redoubler l’attention suscitée par la session intitulée « USA as a FIMI threat: acknowledge, adapt, push back ». En d’autres termes, la conférence proposait d’aborder -entre autres sujets- l’implication des États-Unis dans ce type de menaces, les FIMI désignant les Ingérences étrangères et manipulation de l’information. Au programme des discussions : la caractérisation de la menace, comment s’y adapter ? Comment riposter ?  Ingérence dans la contre-ingérence Dans le même temps, le département d'État américain contactait un certain nombre de chancelleries, afin de marquer son irritation face à l’idée d’aborder l’influence américaine sous l’angle des FIMI. Résultat, in extremis, trois des principaux sponsors de la conférence cessaient d’afficher leur soutien: logos camouflés, pour ce qui est de la Lituanie, du Canada et du service d’action extérieure de l’Union européenne, le SEAE.  On notera, malgré tout, que le SEAE a maintenu sa présentation, au sujet des campagnes de désinformation et de recrutement dans le monde entier et particulièrement en Afrique, pour mener sa guerre d’agression contre l’Ukraine.  Quant à la Lituanie, pays hôte de la conférence, ses participants, speakers et modérateurs ont bel et bien contribué au bon déroulement de l’événement. Nous leur consacrerons une prochaine émission. La Lituanie est aux avant-postes de la résistance contre les ingérences russes. En proie à une intensification des menaces informationnelles et cinétiques, elle est aussi en train de muscler ses défenses aux frontières avec la Russie (enclave de Kaliningrad), avec notamment une présence militaire américaine plus conséquente.  En dépit de l’attitude agressive des autorités américaines et du renoncement  canadien officiel, il est à noter que nombre d’experts américains et canadiens constituent une part non négligeable des participants et speakers de cette conférence. Si les grandes plateformes numériques et géants de la tech et de l’IA se tiennent désormais à l’écart- nombre de start-up anglosaxonnes, d’organisations et d’universitaires, démontrent un grand intérêt pour ces débats, qu’ils soient de nature juridique, ou technologique.  Résistance de la communauté américaine La participation de Newsguard, entreprise privée américaine, en est un exemple. Chine Labbé, rédactrice en chef Europe de Newsguard intervient en deuxième partie d’émission. Nous l’avons interrogée sur le dernier rapport de son organisation, sur les modes opératoires employés par différentes officines russes pour semer le chaos en Europe, à l’aide de faux reportages usurpant l’identité de médias reconnus afin de mieux tromper le lecteur et de nuire à la crédibilité des médias visés. Elle aborde également le problème de la pollution des chatbots par la désinformation, sujet de son intervention en conférence.  Comme d’autres sociétés américaines spécialistes du numérique, Newsguard fait l’objet de tracasseries judiciaires aux États-Unis. C’est un des moyens employés par la sphère MAGA pour réduire à néant les capacités acquises dans ce domaine depuis des années. Une grande partie des institutions et organisations actives jusque-là dans la lutte contre les manipulations de l’information se trouvent ainsi menacées dans leur existence même. Alors que les besoins d’expertise sont énormes, notamment pour se prémunir des attaques cyber ou informationnelles provenant d’acteurs tels que la Chine ou l’Iran.  Finalement face aux pressions, malgré l’abandon de certains de ses sponsors, Eu Disinfo Lab tient bon et promet de maintenir le cap avec toute une communauté attachée à ces valeurs cardinales de la démocratie, d’intégrité du net et de l’information. En tête de ses soutiens, la France n’a pas flanché. La plupart des organisations et entreprises engagées depuis des années se donneront rendez-vous l’an prochain. Mais où ? La question n’est pas tranchée, ou du moins pas encore dévoilée.  Cette émission est le 12ᵉ épisode de notre série « L'Europe face aux menaces informationnelles », diffusée dans le cadre du projet CLIC, cofinancé par l'Union européenne, en partenariat avec France 24, l'AFP, et le média d'investigation slovène Oštro.

  2. 25 sept.

    Cyberguerre : quand l’espace numérique devient un champ de bataille

    Confronté à la montée des tensions internationales, l’espace numérique est devenu un théâtre d’affrontement à part entière. Cyberattaques, espionnage, manipulations informationnelles : les infrastructures numériques sont utilisées à des fins hostiles. Comment fonctionne la cyberguerre ? On en parle avec notre invité, Stéphane Taillat, maître de conférences habilité à diriger des recherches à l'Institut français de géopolitique, détaché à l'Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan. Dans son ouvrage, La cyberguerre publié aux éditions Que sais-je  ?, Stéphane Taillat revient sur la manière dont les États, les groupes criminels, les entreprises privées ou encore les activistes politiques s'approprient l'espace structuré par les infrastructures numériques à des fins stratégiques. Comment la cyberguerre est-elle devenue une composante de notre système international ? Quels en sont les acteurs et comment s’en protéger ? Entretien avec Stéphane Taillat, maître de conférences habilité à diriger des recherches à l'Institut français de géopolitique, détaché à l'Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan, responsable de l'équipe de recherche Mutations des conflits contemporains au Centre de recherche de Saint-Cyr et membre du centre GEODE, partenaire de notre émission.  L’IA s’invite à la tribune des Nations unies La 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies s’est ouverte cette semaine à New York. Près de 130 chefs d’État et de gouvernement y sont attendus. Chaque édition est un moment particulièrement exposé à la désinformation. Dans sa chronique, Olivier Fourt de la cellule Info Vérif de RFI revient sur ces images mensongères générées par intelligence artificielle destinées à nuire à l’image de marque de certains chefs d’État ou de gouvernement. Ce que l'on sait des soupçons contre l'écrivain Thélyson Orélien L'auteur canadien d'origine haïtienne Thélyson Orélien est accusé d'avoir massivement utilisé l'IA pour son livre C'était ça ou mourir. Les accusations s'appuient sur des résultats de Pangram, un détecteur de texte généré par IA : ce logiciel, considéré comme fiable par plusieurs chercheurs, assure que la grande majorité du livre aurait été écrite avec l'IA. Alors peut-on vraiment faire confiance à cet outil ? Nathan Gallo, des Observateurs de France 24, a mené l’enquête. À lire aussiUn livre écrit avec l'IA ? Ce que l'on sait des soupçons portés contre l'écrivain Thélyson Orélien

  3. 24 juil.

    Se prémunir contre les manipulations de l’information, d’où qu’elles viennent

    « L'Europe face aux menaces informationnelles » - (épisode 11) Le sujet des ingérences numériques étrangères est désormais bien connu. Les zones grises de l’information dans le domaine numérique sont à présent dans le collimateur du législateur. Le sujet fait polémique, à moins d’un an de la présidentielle en France. C’est le libre accès à l’information qui est en jeu, dans un environnement numérique de plus en plus opaque.  À l’approche des élections de 2027, la France se prépare à un défi majeur : lutter contre les manipulations de l’information sur les réseaux sociaux, susceptibles de menacer la démocratie. Une commission d’enquête du Sénat, présidée par le sénateur Laurent Lafon, tire la sonnette d’alarme. Si l'État a renforcé ses dispositifs contre les ingérences numériques étrangères, il reste peu armé face aux menaces internes, comme les infox, les deepfakes ou les contenus détournés. Plus de 50% des Français s’informent désormais via les plateformes numériques, où l’information vérifiée peine à rivaliser avec le viral et l’anecdotique. Avec notre invité, Thibaut Bruttin, directeur général de Reporter sans frontières, nous revenons sur le diagnostic posé dans le rapport sur « Les zones grises de l'information dans le domaine numérique », et passons en revue les préconisations les plus marquantes.  « Ces outils numériques trient et hiérarchisent des contenus, et on a des raisons d’être inquiets : non seulement il n’y a pas de garantie démocratique sur la façon dont ces contenus sont triés, mais en plus on voit que l’accessoire, le viral, est privilégié plutôt que l’information de qualité. » Instrumentalisation du rapport par ses détracteurs Thibaut Bruttin, directeur général de Reporters sans frontières (RSF), rejette fermement l’accusation de « police de la pensée » portée par certains polémistes contre le rapport du Sénat sur la désinformation. Pour lui, cette critique est instrumentalisée par des acteurs comme le groupe Bolloré, qu’il accuse d’être l’un des « fossoyeurs du journalisme » en France. Selon Thibaut Bruttin, ces attaques visent à détourner l’attention des manipulations avérées orchestrées par certains médias, dont la ligne éditoriale est jugée biaisée et partisane. Il souligne que le rapport sénatorial ne propose aucune mesure liberticide, mais cherche plutôt à protéger l’information de qualité et à lutter contre les manipulations internes, comme les campagnes de désinformation masquées ou les ingérences électorales.  « Vous avez un acteur qui fait semblant d’être un acteur de la société civile, qui appartient en fait à une société commerciale et qui va inviter des citoyens à saisir l’autorité de régulation contre le concurrent de leur actionnaire. Donc ça, par exemple, c’est manipulatoire. » À lire aussiPrésidentielle 2027, contrer les ingérences étrangères numériques en toute transparence Cette émission est le 11ᵉ épisode de notre série « L'Europe face aux menaces informationnelles », diffusée dans le cadre du projet CLIC, cofinancé par l'Union européenne, en partenariat avec France 24, l'AFP, et le média d'investigation slovène Oštro. *** La chronique d'Olivier Fourt, de la cellule Info vérif de RFI : Guerre en Iran: comment l'embargo sur les images satellites US a entravé la vérification des faits.

  4. 17 juil.

    Ukraine, Russie et médias français : bataille d’influence et propagande

    La lutte contre les ingérences numériques et la désinformation progresse. Mais la propagande reste l’un des points faibles de ce combat contre les manipulations de l’information. La propagande sous toutes ses formes, de la plus insidieuse à la plus explicite, met la démocratie au défi quand? sous couvert de liberté d'expression, elle vient entraver l'accès à l'information.  À l’occasion de la venue de Volodymyr Zelensky et de la Coalition des volontaires à Paris le 14 juillet, notre invité, Nicolas Tenzer interroge la capacité de l’Europe à assumer un véritable « réveil stratégique » face à la Russie. L’essayiste souligne que l’Ukraine, devenue l'armée la plus aguerrie d’Europe, ayant produit jusqu’à 7 millions de drones et 500 missiles de longue portée, a gagné en autonomie militaire. Un tournant qui remet en cause l’idée même de « grandes puissances » et souligne l’échec stratégique de Moscou. Parallèlement, la propagande russe, qu’elle soit « dure » (théories du complot) ou « douce » (appels à la négociation), continue de sévir, notamment via des médias comme CNews ou Le Journal du Dimanche (JDD). Nicolas Tenzer dénonce le rôle d’« agents d’influence » d'une Xenia Fedorova -ancienne présidente de RT France- et la ligne pro-russe des médias du groupe Bolloré où elle officie, qu’il juge contraires aux intérêts nationaux et européens. La propagande russe derrière le narratif de la paix Peut-on parler de paix à ce stade avec la Russie ? Quels risques ferait peser un compromis territorial avec Moscou sur les États baltes et l’architecture de sécurité européenne ? « Imaginer aujourd'hui une forme de discussion ou de compromis quelconque avec la Russie, notamment un compromis territorial, en ce qui concerne l'Ukraine, ce serait une menace majeure pour l'Europe. » En toile de fond, Nicolas Tenzer rappelle l’enjeu plus large de son livre, La fin de la politique des grandes puissances (Éditions de L'Observatoire), qui défend la capacité des puissances moyennes et des petits États à exister hors des sphères d’influence.  *** La chronique de Olivier Fourt de la cellule info vérif de RFI : Comment des comptes pro-AES ont tenté de manipuler l’annonce de la mort d’un soldat français?

  5. 10 juil.

    Présidentielle 2027, contrer les ingérences étrangères numériques en toute transparence

    « L'Europe face aux menaces informationnelles » - (épisode 10) Les ingérences numériques étrangères peuvent faire dérailler un processus électoral. C’est ce qui inquiète les plus hautes autorités de l’État, mais aussi les états-majors des partis politiques en ordre de bataille pour la présidentielle de 2027, puis les législatives. Comment la France se prépare à l’horizon de la présidentielle d’avril 2027 ? Quelles leçons tirer des précédents scrutins ? En ce qui concerne de potentielles menaces informationnelles venant de l'étranger, Viginum est à la manoeuvre afin de contribuer à la protection du débat public. Ce service technique de l'État, opère depuis 2021, avec désormais 65 agents, en capacité de détecter et caractériser les ingérences numériques étrangères, selon des critères bien précis, que nous rappelle notre invitée, Anne-Sophie Dhiver, cheffe de service adjointe de Viginum:  - contenu manifestement inexact ou trompeur - comportements et techniques de diffusion inauthentiques et coordonnées - marqueur d'extranéité, détection d'opérateurs étrangers étatiques ou non-étatiques - menace avérée contre les intérêts nationaux, en particulier contre l'intégrité du scrutin. La présidentielle de 2027 sera le 8ème scrutin protégé par Viginum, en coordination avec d'autres organes de l'État, notamment la CNCCEP (Commission nationale de contrôle de la campagne en vue de l’élection présidentielle) et l’ARCOM, le régulateur des médias, qui dispose aussi d’un mandat spécifique en contexte électoral. « Aujourd’hui, toutes les élections en France depuis la fin des années 2010 ont été visées par des tentatives d'ingérence numérique étrangères. » Plusieurs cas d'ingérences numériques étrangères ont été observés lors des municipales de mars 2026, répertoriés dans un rapport publié en juin 2026. Ces actions bien documentées n'ont pas réussi néanmoins à perturber ces élections.  Le mercenariat de l'ingérence étrangère En dehors des modes opératoires informationnels bien connus de ces dernières années, dont Storm 1516, en lien avec le GRU, le renseignement militaire russe, les municipales ont permis de mettre à jour de nouvelles ingérences étrangères. L'un des nouveaux modes opératoires -baptisé Rokh Solis- a visé le parti de La France insoumise et trois de ses candidats. Dans l'entretien qu'elle nous accorde, Anne-Sophie Dhiver revient en détail sur l'architecture de ce nouveau mode opératoire, recourant aux services d'une prestataire israélien, du nom de Blackcore.  Mais une autre tendance se répand, celle des ingérences numériques étrangères à but lucratif. Il s'agit de « contenus qui ont un fort pouvoir d'engagement en ligne, et notamment des contenus trompeurs, notamment des contenus manipulatoires, dans le but de bénéficier notamment soit des solutions publicitaires des plateformes, soit aussi de bénéficier des programmes de monétisation pour les créateurs. » Cette émission est le dixième épisode de notre série « L'Europe face aux menaces informationnelles », diffusée dans le cadre du projet CLIC, cofinancé par l'Union européenne, en partenariat avec France 24, l'AFP, et le média d'investigation slovène Oštro.

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Repérer le faux dans l’info, ça n’est pas toujours facile. Sur Radio France internationale, on vous aide à y voir plus clair. En compagnie de tous ceux qui traquent l’infox, l’observent et l’analysent, au plus près, « Les dessous de l'infox », le magazine est diffusé tous les vendredis. Une émission présentée par Sophie Malibeaux. Diffusions le vendredi à 17h30 TU (vers toutes cibles). 

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