À l'occasion de la 13è édition de la conférence AFRAVIH dédiée à la lutte contre le VIH, qui se tient à Lausanne, en Suisse, nous consacrons une émission à l’impact de cette maladie infectieuse sur la santé mentale des personnes séropositives. Selon une étude menée en 2022 par Philip Kreniske, psychiatre au New York State Psychiatric Institute, les personnes vivant avec le VIH ont 74% plus de risques d’avoir déjà commis une tentative de suicide. À l’origine de ces chiffres, la souffrance psychologique, les violences et la stigmatisation liée au statut sérologique et/ou à l’orientation sexuelle. De l’adolescence à la vieillesse, en passant par la grossesse, nous abordons la question de la santé mentale des personnes vivant avec le VIH aux différentes étapes de la vie. Priorité santé est pour 3 jours, en Suisse, pour suivre la conférence internationale francophone dédiée à la lutte contre le VIH, les hépatites et les infections émergentes. L’AFRAVIH reçoit des participants venus de tout l’espace francophone, et en particulier d’Afrique : médecins, chercheurs, représentants de la société civile, également patients-experts, impliqués dans cette lutte. La première de nos 3 émissions, à Lausanne, pour cette 13e édition, aborde la question de la santé mentale et du VIH aux différents âges de la vie : améliorer le dépistage et la prise en charge des troubles dépressifs, chez les personnes vivant avec le VIH, mieux diagnostiquer, pour de meilleurs soins et éviter les complications. Être soutenu psychiquement, faire part de ses émotions et mobiliser les forces pour affronter stigmatisations et préjugés associés au VIH-Sida, que ce soit à l'adolescence, au grand âge, quand on s'apprête à donner la vie. Car si le VIH peut fragiliser l’organisme, mais aussi rendre davantage vulnérable sur le plan psychique, alors qu’aujourd’hui, l’essentiel des ressources se concentrent sur la santé physique : dépistage – traitement – charge virale. À travers des cas concrets, nous allons pointer l’importance de cet accompagnement psychique, à côté, bien sûr, des médicaments et du suivi biologique. Il ne s’agit pas de hiérarchiser, mais bien de parler du caractère complémentaire des soins et de l’accompagnement des bénéficiaires, pour que la santé mentale trouve effectivement sa juste place. Avec : Christine Kafando, militante burkinabè, engagée contre le VIH, a été la première femme du Burkina Faso à avoir publiquement annoncé sa séropositivité. Lors du congrès, elle intervient sur la prise en charge en santé mentale des adolescents porteurs du VIH, au sein de son association au Burkina Faso Ernest Guibaï, psychologue spécialiste des situations d’urgence et chercheur en santé mentale et soutien psychosocial, basé à Garoua. Consultant pour l’ONG JAPSSO dans la région du Nord-Cameroun. Lors du congrès, il présente à distance ses travaux concernant la dépression au cours de la grossesse chez les femmes porteuses du VIH, et de l'impact sur l'observance de la PTME (prévention de la transmission de la mère à l'enfant), dans la zone de Garoua, au Nord-Cameroun Pierre Thiouty Sarr, socio-anthropologue, centre régional de recherche et de formation à la prise en charge à la clinique de Fann à Dakar au Sénégal. Dans le cadre du congrès, il présente une étude intitulée « vieillir avec le VIH au Sénégal ». Programmation musicale : ► Arma Jackson - Les jours se ressemblent ► Kaporo Mengueh - Tayely.