Dans la ville de Kalemie, à l’est de la RDC, de plus en plus de jeunes entrepreneurs émergent avec des projets innovants. Malgré les défis liés à l’accès aux financements et au manque de capitaux, ces jeunes se lancent non seulement dans l’agriculture ou l’élevage, mais aussi dans le secteur industriel et celui de la mode. De son côté, l’Agence nationale de développement de l’entrepreneuriat congolais, Anadec, ambitionne la création en RDC de 150 000 entreprises par an. De notre envoyée spéciale de retour de Kalemie, Des feux de circulation innovants, c’est un nouveau produit lancé à Kalamie par Pontien Katumbwe, le directeur de l’entreprise Construction générale et plomberie, et ses 20 employés. Une innovation qui a un coût, explique-t-il : « Le projet, c’est le système de feu rouge que j’ai créé localement ici à Kalemie. Il fonctionne avec l’énergie solaire. Ça, c’est un prototype pour lequel j’ai dépensé 550 $. Mais pour un grand projet, par rond-point, le budget peut aller jusqu’à 150 000 $. » Alima Maganga est une jeune entrepreneure dans la mode. Il y a 5 ans, elle a créé Centya Mode, une maison de haute couture. Perle après perle, la jeune styliste transforme le tissu en une création unique. « En fait, ces perles, je les pose avec les mains. Mon ambition est d’aller plus loin car nous avons encore de sérieux problèmes. La plupart des futurs mariés sont obligés de passer la commande de leurs tenues, notamment en Turquie, parce qu’elles ne sont pas disponibles sur place, regrette-t-elle. Je voudrais capter tous ces clients, mais les moyens sont limités ». À lire aussiRDC: la Fédération des entreprises réclame la suspension d’un système de facturation unique 1,3 milliard de dollars pour soutenir l’entrepreneuriat des jeunes Des ressources limitées, c’est le défi auquel fait également face Urbain Musema Mulembo, ingénieur chimiste. Directeur de l’Académie Mulembo, il a récemment mis sur le marché un produit innovant au profit des agriculteurs avec une production sur commande. « Nutrisole est un produit local et biologique. Ce n’est pas un fertilisant, je peux dire que c'est un médicament qui vient traiter le sol. Il apporte des nutriments et des minéraux au sol », présente-t-il. Il ne produit actuellement que sur commande faute de moyens. « Nous avons besoin d’équipements et d’un capital pour augmenter notre production », souligne-t-il. Pour faire face à ce défi de financement, l’Agence nationale de développement de l’entrepreneuriat congolais (Anadec) se charge de les accompagner non seulement dans la création d’entreprises, mais aussi pour avoir accès aux financements du gouvernement. « Quand un entrepreneur, qui a été coaché, suivi et encadré par l'Anadec, a son dossier, je rédige une lettre de transmission au Fogec, qui est le fonds de garantie de l'entrepreneuriat au Congo. Fogec regarde le dossier puis le gère avec l’entrepreneur », met en avant Godefroy Kizaba, le directeur général de l’Anadec. En février dernier, le gouvernement congolais a annoncé la mise en place d’un fonds de 1,3 milliard de dollars sur six ans pour soutenir notamment l’entreprenariat des jeunes. À lire aussiRDC: 5,3 milliards de dollars de pertes en dix ans, les entreprises publiques devenues un boulet pour l'économie