Afrique économie

Chaque jour sur RFI, vivez la mutation de l'économie africaine. Chefs d'entreprises, décideurs, africains de tous bords et de toute condition témoignent dans Afrique Économie, votre rendez-vous de l'Économie africaine sur RFI. 

  1. 10h ago

    La RDC mise sur ses jeunes pour créer 150 000 entreprises par an

    Dans la ville de Kalemie, à l’est de la RDC, de plus en plus de jeunes entrepreneurs émergent avec des projets innovants. Malgré les défis liés à l’accès aux financements et au manque de capitaux, ces jeunes se lancent non seulement dans l’agriculture ou l’élevage, mais aussi dans le secteur industriel et celui de la mode. De son côté, l’Agence nationale de développement de l’entrepreneuriat congolais, Anadec, ambitionne la création en RDC de 150 000 entreprises par an. De notre envoyée spéciale de retour de Kalemie, Des feux de circulation innovants, c’est un nouveau produit lancé à Kalamie par Pontien Katumbwe, le directeur de l’entreprise Construction générale et plomberie, et ses 20 employés. Une innovation qui a un coût, explique-t-il : « Le projet, c’est le système de feu rouge que j’ai créé localement ici à Kalemie. Il fonctionne avec l’énergie solaire. Ça, c’est un prototype pour lequel j’ai dépensé 550 $. Mais pour un grand projet, par rond-point, le budget peut aller jusqu’à 150 000 $. » Alima Maganga est une jeune entrepreneure dans la mode. Il y a 5 ans, elle a créé Centya Mode, une maison de haute couture. Perle après perle, la jeune styliste transforme le tissu en une création unique. « En fait, ces perles, je les pose avec les mains. Mon ambition est d’aller plus loin car nous avons encore de sérieux problèmes. La plupart des futurs mariés sont obligés de passer la commande de leurs tenues, notamment en Turquie, parce qu’elles ne sont pas disponibles sur place, regrette-t-elle. Je voudrais capter tous ces clients, mais les moyens sont limités ». À lire aussiRDC: la Fédération des entreprises réclame la suspension d’un système de facturation unique 1,3 milliard de dollars pour soutenir l’entrepreneuriat des jeunes Des ressources limitées, c’est le défi auquel fait également face Urbain Musema Mulembo, ingénieur chimiste. Directeur de l’Académie Mulembo, il a récemment mis sur le marché un produit innovant au profit des agriculteurs avec une production sur commande. « Nutrisole est un produit local et biologique. Ce n’est pas un fertilisant, je peux dire que c'est un médicament qui vient traiter le sol. Il apporte des nutriments et des minéraux au sol », présente-t-il. Il ne produit actuellement que sur commande faute de moyens. « Nous avons besoin d’équipements et d’un capital pour augmenter notre production », souligne-t-il. Pour faire face à ce défi de financement, l’Agence nationale de développement de l’entrepreneuriat congolais (Anadec) se charge de les accompagner non seulement dans la création d’entreprises, mais aussi pour avoir accès aux financements du gouvernement. « Quand un entrepreneur, qui a été coaché, suivi et encadré par l'Anadec, a son dossier, je rédige une lettre de transmission au Fogec, qui est le fonds de garantie de l'entrepreneuriat au Congo. Fogec regarde le dossier puis le gère avec l’entrepreneur », met en avant Godefroy Kizaba, le directeur général de l’Anadec. En février dernier, le gouvernement congolais a annoncé la mise en place d’un fonds de 1,3 milliard de dollars sur six ans pour soutenir notamment l’entreprenariat des jeunes. À lire aussiRDC: 5,3 milliards de dollars de pertes en dix ans, les entreprises publiques devenues un boulet pour l'économie

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  2. 1d ago

    Au Nigéria, Lagos mise sur les ferries électriques pour traverser la lagune

    La Banque européenne d’investissement soutient le lancement d’un réseau de ferries électriques sur la lagune de Lagos. Objectif : des trajets plus rapides, moins polluants et mieux intégrés aux autres transports. De notre correspondante à Lagos D’ici 2028, c’est en ferries électriques que les habitants de la mégalopole de Lagos pourront traverser la lagune grâce à 75 nouvelles embarcations prévues par le projet Omi Eko (« les eaux de Lagos » en yoruba). Cette démarche s’inscrit dans la stratégie Global Gateway de l’Union européenne, pensée pour soutenir des transports verts sur le continent africain. C'est une aubaine pour la mégalopole nigériane, selon Ambroise Fayolle, vice‑président de la Banque européenne d’investissement, en visite à Lagos : « Ce qu’on voit ici à Lagos, c'est qu'il y a un élément qui manque très fortement. C'est de moderniser toute la flotte de bateaux. On va créer de nouvelles routes dans la lagune, pour pouvoir emmener un certain nombre d’habitants de Lagos pour avoir justement cette capacité à bénéficier de conditions meilleures, meilleures pour l’environnement, meilleures pour l’efficacité économique de l'activité de Lagos. » Des trajets quotidiens plus courts pour des milliers de Lagosiens Relier le quartier d’Ikoyi, sur la presqu'île, à la commune d’Ikorodu, sur la partie continentale de la ville, prend aujourd’hui jusqu’à deux heures par la route aux heures de pointe. Sur l’eau, le trajet dure un peu plus de 30 minutes, mais sur des embarcations de faible capacité et vieillissantes. C’est le quotidien de nombreux Lagosiens, comme en témoigne Oyeyemi : « Je travaille sur les îles comme ingénieur et je viens ici tous les jours, d’Ikorodu jusqu’aux îles. Ça fait gagner du temps pour se déplacer, mais ce serait mieux si on pouvait avoir plus de bateaux, pour réduire les longues files d’attente. Les gens habitent très loin à cause du prix des loyers sur les îles, mais doivent supporter le prix des transports. » Ces nouveaux bateaux, capables d’accueillir jusqu'à 440 passagers, remplaceront les actuels à moteur diesel. L’autorité locale des voies navigables promet ainsi une économie de 41 000 tonnes de CO2 chaque année. Mais l’ambition va plus loin : faire de Lagos un modèle de transport multimodal. Oluwadamilola Emmanuel, conseiller spécial du gouverneur de l’État de Lagos sur l’économie bleue, résume l'ambition : « Comme dans toutes les grandes villes, il y a des embouteillages, mais ce que nous faisons c’est donner aux gens des options de modes de transport. Ce qui signifie connecter le transport routier au transport fluvial, et là où c’est possible, au transport ferroviaire. » Ce projet, encore inédit en Afrique, a vocation à être répliqué sur le reste du continent.

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  3. 2d ago

    La Tunisie se rêve en pont économique entre pays arabes et Afrique

    Le Forum tunisien de l'investissement la semaine dernière à Tunis a démontré la volonté du pays d'être un pont entre l'Europe et l'Afrique. Le pays cherche aussi à être un hub commercial entre les pays arabes et l'Afrique, pour répondre aux enjeux de sécurité alimentaire. De notre correspondante à Tunis, Depuis la pandémie, la question de la sécurité alimentaire est devenue un vrai défi pour les pays arabes qui dépendent à près de 50 % des importations. Beaucoup veulent renforcer leurs liens vers l'Afrique pour faire de l'import-export ou développer des projets agricoles. Lassad Ben Hassine, représentant de l'Organisation des Nations unies pour le développement industriel en Tunisie, explique l'importance de rapprocher les industries agroalimentaires des pays arabes et de l'Afrique subsaharienne. « Les pays arabes comptent environ 467 millions d'habitants, tandis que les déficits alimentaires arabes s'élèvent à 47,7 milliards de dollars selon le rapport économique du Fonds monétaire arabe de l'année 2024. Donc, ces enjeux font du développement des systèmes alimentaires, des industries de transformation une priorité stratégique pour assurer le développement économique et renforcer la résilience. Le monde arabe et l'Afrique dispensent de ressources agricoles et alimentaires considérables, mais une part importante de la valeur ajoutée demeure encore insuffisamment exploitée. » À lire aussiDes pistes pour financer et repenser l'agriculture en Afrique de l'Ouest Des industriels saoudiens en quête d’opportunités sur le marché africain Le pays se positionne plus largement comme un hub pour faciliter les échanges entre pays arabes et africains. Rabi Brik, directeur marketing du groupe saoudien agroalimentaire Zamil, fait partie des représentants arabes venus récemment rencontrer d'autres opérateurs commerciaux à Tunis : « Nous ne sommes pas encore en Afrique. C'est notre première visite à Tunis pour prospecter le marché africain. Les gens aiment l'Arabie saoudite à cause de la Mecque et de Médine sur le plan religieux, ce qui est très important pour tous les Arabes qui vivent en Afrique. Donc cela peut jouer en notre faveur pour promouvoir le concept d'un produit halal qui vient de l'Arabie saoudite ». Zoleka Dikana est la créatrice de la ferme Aruzabiz en Afrique du Sud. « Je pense que c'est important pour l'Afrique du Sud et tous les pays africains de traiter les uns avec les autres sur le plan commercial, car cela va aussi renforcer nos monnaies locales. Si nos propres pays peuvent se connaître, commercer et travailler ensemble, alors peut-être que la plupart des problèmes que nous avons en tant que pays seront résolus. » Lors de sa visite en Tunisie, elle s'est vu proposer d'exporter ses produits au Bahreïn, tandis que Rabi Brik, du groupe saoudien Zamil, a décroché une promesse de contrat avec un client libyen. À lire aussiTunisie : succès du Forum tunisien pour l'investissement

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  4. 3d ago

    Peste des petits ruminants: les éleveurs africains réclament une mobilisation urgente

    La peste des petits ruminants reste l'une des maladies animales les plus dévastatrices en Afrique. Avec un taux de mortalité pouvant atteindre 90 %, elle menace les moyens de subsistance de millions de petits éleveurs. Responsables politiques, organisations internationales et représentants des éleveurs appellent à une accélération des financements pour atteindre l'objectif d'éradication. De notre envoyé spécial à Brazzaville, La peste des petits ruminants, Jalo Buba la vit au quotidien. Le président de l'Association des petits éleveurs du Nigeria s'est rendu à Brazzaville pour porter un message aux bailleurs de fonds et aux décideurs. « Cette maladie a un très fort taux de mortalité. Nous, les éleveurs, perdons parfois tous nos animaux. Le message que je veux adresser aux bailleurs de fonds est simple : ils doivent investir massivement, non pas demain, mais maintenant », plaide-t-il. Le Tchad, l'un des principaux pays d'élevage de moutons en Afrique, subit lui aussi durement les conséquences de cette maladie. Son ministre de l'Élevage Abderahim Awat Atteib, qui préside également le comité consultatif africain pour l'éradication de la peste des petits ruminants, estime que les compétences existent déjà sur le terrain. « Les moyens humains existent. Les techniciens sont là, les cadres sont là, les experts sont là. Mais le seul moyen qui nous manque, c'est le moyen financier. Nous demandons à la Banque mondiale, à l'Union européenne, à la FAO et aux autres partenaires d'investir dans cette lutte contre la peste des petits ruminants », lance le ministre tchadien. À lire aussiCôte d’Ivoire: un plan de vaccination contre la peste des petits ruminants Objectif éradication d'ici à 2030 Après l'éradication de la peste bovine en 2011, la communauté internationale s'est fixé un nouvel objectif : éliminer la peste des petits ruminants d'ici à 2030. Pour y parvenir, la coordination des actions sera déterminante, souligne le Dr Ricarda Mondry, représentante de la FAO à Brazzaville : « Il est très important que les financements soient disponibles au même moment dans tous les pays. Si un pays agit une année et son voisin plusieurs années plus tard, les troupeaux se déplacent et la maladie peut être réintroduite. » Sur la question des financements, la représentante de l'Union européenne assure avoir déjà engagé des moyens importants : « Nous sommes déjà engagés dans un programme qui représente 8 millions d'euros de contribution européenne. Une deuxième phase est en préparation pour un montant de 40 millions d'euros. C'est une contribution significative », indique Anne Marchal. À Brazzaville, tous les participants se sont accordés sur l'urgence d'agir vite et ensemble pour protéger les moyens de subsistance des 1,3 milliard de personnes qui dépendent de l'élevage des petits ruminants dans le monde. À lire aussiElevage au Niger: des campagnes gratuites de vaccination pour mieux exporter

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  5. 4d ago

    Maroc: face à la loi française contre le démarchage, les travailleurs des centres d’appels dans l'inquiétude

    C’est une échéance que redoutent les travailleurs des centres d’appels au Maroc. En août entrera en vigueur en France la loi qui interdit le démarchage téléphonique sans consentement. Un changement majeur sur un marché qui représente 80% du chiffre d’affaires des entreprises marocaines. Selon les autorités du royaume, jusqu’à 50 000 emplois seraient menacés, dont beaucoup de postes occupés par des étrangers venus d’Afrique subsaharienne. De notre correspondant à Casablanca, Lamine est directement concerné par cette réforme. « Je fais du démarchage téléphonique. Je fais l'émission, c'est-à-dire appeler les clients, leur proposer des services, explique-t-il. Aujourd'hui, on se sent menacés. » Ce Sénégalais est au Maroc depuis trois ans. Les centres d’appels constituaient jusqu’ici une opportunité d’emploi intéressante pour les jeunes comme lui. « Quand on arrive au Maroc avec des diplômes, on se rue quand même sur les centres d’appels, parce qu’il y en a plusieurs ici. Et, avec les salaires qu’on nous paie ici, on subvient à plein de besoins, ce qui n'était pas possible au Sénégal », détaille encore Lamine. Mamadou est aussi très inquiet : « Nous, on s'attend au pire. Je travaille dans les centres d'appels. Je ne connais que ce domaine-là pratiquement. Ça me permet de joindre les deux bouts et ça m'a permis de réaliser pas mal de trucs au Sénégal. » Le démarchage téléphonique ne va pas disparaître totalement, selon les explications de la direction à ces employés. « Peut-être que des alternatives suivront, des clients qui seront intéressés pour changer d’offres pourront faire des demandes sur les sites et nous, on pourra rappeler ces clients, espère-t-il. Parce que ce sont eux qui auront demandé à être contactés et pas le contraire en fait. »  Alors que le démarchage téléphonique va se compliquer, les employés, qui touchent souvent des primes sur objectif, risquent de perdre une partie de leur rémunération. Quel accompagnement pour les petites structures ? Du côté du patronat, les grands groupes relativisent l’impact de la loi française sur le secteur. Selon la fédération marocaine de l’externalisation des services, le démarchage téléphonique pur ne constitue plus aujourd’hui que 15% à 20% de l’activité totale. C’est la guerre des chiffres avec les syndicats. « Le grand nombre de ces centres d'appels sont des petites structures, voire des moyennes structures », pointe Ayoub Saoud, le secrétaire général de la Fédération nationale des centres d’appels, affiliée à la centrale UMT. Les petites et moyennes entreprises représentent plus de 60% du tissu du secteur. Et pour celles qui sont spécialisées dans le télémarketing, le choc s’annonce frontal. « Comment le gouvernement compte-t-il accompagner ces centres d’appels pour éviter cette crise sociale ? Il faut trouver des solutions, il faut impliquer les acteurs socio-économiques pour parler notamment de gestion prévisionnelle des emplois et des carrières, et de reconversion professionnelle », alerte Ayoub Saoud. Le gouvernement dit travailler sur un plan d’action. Ayoub Saoud dénonce au contraire l’impréparation des autorités, alors que la menace pèse depuis longtemps sur le démarchage téléphonique. Il souhaiterait aussi que les partenaires français soient impliqués dans la recherche de solutions.

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  6. Jun 25

    Somalie: quand les femmes deviennent cheffes d'entreprises et bousculent les traditions

    En Somalie, la guerre civile et les conflits internes liés à des organisations terroristes ont poussé les femmes à sortir du rôle traditionnel qui leur est attribué pour travailler. Portrait d’une femme entrepreneure de Mogadiscio qui a mené de front famille et business à travers les conflits. De notre correspondante à Mogadiscio, C’est sous les décollages et atterrissages constants de l’aéroport de Mogadiscio qu’Hersio Siad raconte son parcours. La rencontre a lieu dans la zone la plus sécurisée de la ville, aux allures de base militaire, où logent de nombreux employés d’ONG ou d’ambassades. C’est aussi ici que la cheffe d’entreprise fait du commerce avec des hôtels en leur vendant fruits et légumes frais. Il aura fallu de nombreuses années à Hersio pour en arriver là. « J’ai commencé à faire du commerce pendant la guerre civile en 1991, avant ça, j’étais mère au foyer. J’ai commencé par vendre des fruits et ensuite j’ai changé pour vendre des vêtements. » Se sont ensuivis près de 20 ans d’allers et retours entre Mogadiscio, le Somaliland ou l’Éthiopie voisine pour échapper aux conflits. Veuve avec 12 enfants à élever, Hersio a monté plusieurs petits commerces. En 2013, elle décide de rentrer à Mogadiscio et de créer Somfresh, une entreprise de vente de fruits et légumes en gros. Mais être une femme entrepreneure a été un obstacle à ses débuts. « Quand j’ai commencé, certains hommes n’ont pas apprécié et ont essayé de me décourager. Ils me vendaient même leurs produits plus chers parce que j’étais une femme. Mais j’ai persévéré pour leur prouver qu’ils avaient tort et finalement, je les ai convaincus », raconte-t-elle. À lire aussiSomalie: des femmes cassent les clichés et montent leur business au Puntland [4/4] Hersio, un rôle modèle pour les nouvelles générations de femmes somaliennes À Mogadiscio, les femmes représentent aujourd’hui près de la moitié des chefs d’entreprises du secteur formel. Elles sont aussi très nombreuses à créer leur commerce à la maison ou en ligne. Mais l’accès aux financements reste encore difficile en tant que femme. Hersio a donc créé l’association des femmes somaliennes entrepreneures pour aider ses consœurs. Elle représente aujourd’hui près de 500 cheffes d’entreprise. « Tous ces défis que j’ai rencontrés et réussis à surmonter m’ont motivé à créer Somali Women in Business simplement pour encourager d’autres femmes à ne pas laisser tomber et à réussir », précise la cheffe d'entreprise. À ses côtés ce jour-là, Abdulkadir, son assistant et fils de 37 ans. « Je suis très fière d’elle. Ça n’est pas seulement notre mère, on lui est redevable parce qu’elle a passé la majorité de son temps à nous élever et à s'assurer que nous ayons une bonne éducation. » Grâce à son parcours et sa détermination, Hersio est devenue un exemple pour les nouvelles générations de femmes somaliennes. À lire aussiJasmine Samantar, jeune somalienne de 26 ans, à la tête de la startup Samawat Energy

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  7. Jun 24

    En Afrique, des fondations pour remplacer l'aide publique au développement?

    Bill Gates, Aga Khan ou encore Tony Elumelu… Tous ont des fondations très actives en Afrique et qui prennent de plus en plus de place à l’heure où l’aide publique au développement est en net recul. En 2025, c’est moins 23 %, soit près de 50 milliards de dollars en moins pour les pays en développement. Dans quelle mesure la philanthropie peut-elle et doit-elle remplacer les aides d’État ? Dans le monde de l’entrepreneuriat, beaucoup comptent sur les « business angels ». Ces patrons qui font bénéficier des jeunes pousses de leurs carnets d’adresse et de leurs investissements. Le Sénégalais Malick Diouf, à la tête de la start-up Lafricamobile, est l’un d’entre eux : « Il m'est arrivé de rencontrer des entrepreneurs avec qui j’ai des correspondances, en tout cas des intérêts [communs] par rapport à ce que je fais au niveau de l'AfricaMobile. Ces entrepreneurs-là n’avaient pas besoin de "grand-chose", entre guillemets. Mais ils avaient besoin de ce cash-là, à ce moment-là précis, pour leur permettre de passer à l'échelle supérieure. Je suis très fier aussi de pouvoir donner aux écosystèmes ce qu'ils m'ont donné avant, tout simplement. » L’autonomisation économique par la philanthropie Figure bien connue de la philanthropie sur le continent, le Nigérian Tony Elumelu. Sur les dix dernières années, sa fondation a investi 130 millions de dollars pour aider de jeunes entrepreneurs à se lancer. « Nous sommes convaincus que l’entrepreneuriat est le moyen le plus efficace pour parvenir à l’autonomisation économique, ce dont le continent africain a désespérément besoin. Tel est donc notre rôle au sein de la Fondation Tony Elumelu : donner aux entrepreneurs les moyens de créer des emplois et des opportunités économiques non seulement pour eux-mêmes, mais aussi pour des millions d’autres jeunes à travers l’Afrique », explique Somachi Chris-Asoluka, la directrice de la fondation. Pour la fondation, ce changement structurel doit permettre de repenser la notion de l’aide sur le continent. « Nous pensons qu’il est temps d’aborder et de débattre de la notion de don et de développement au XXIᵉ siècle. C’est un modèle de développement qui est désormais dépassé », assure la directrice de la fondation. « Nos jeunes Africains n’attendent pas l’aumône. Ils sont brillants. Ils sont innovants, dotés d’un esprit d’entreprise. C’est sur cela que nous devrions tous nous concentrer en priorité : leur donner les moyens d’agir et leur offrir le financement, la visibilité et la plateforme qu’ils méritent », poursuit-elle. À lire aussiLa Fondation Tony Elumelu ou la fabrique des futurs champions de l'entrepreneuriat africain Aide au développement : le privé ne peut remplacer l’investissement public Pour les acteurs du développement, la philanthropie ne peut pas venir remplacer l’aide publique au développement, d’abord pour une question d’échelle. Selon les données de l’OCDE, moins de 10 % de l’APD mondiale est constituée de fonds issus de la philanthropie. Mais aussi pour des raisons de rentabilité. « Ça pose la question de sous-traiter parfois l'aide à des acteurs qui ont des intérêts économiques avant des intérêts de solidarité. Donc ça, ça pose une vraie question aussi de la privatisation de l'aide que nous, sur laquelle on s'interroge au CCFD-Terre solidaire », pointe Mathieu Paris du CCFD-Terre solidaire. Ce dernier alerte sur la « privatisation du développement ». Espérer que le privé, qui doit avoir une rentabilité économique, vienne remplacer le public dans les investissements de l'aide est un leurre, estime-t-il. « Investir dans l'éducation, dans la santé, dans certaines infrastructures, ce n'est pas rentable ou au moins pas à court terme et pas en termes financiers. Donc, en effet, là, on risque d'avoir des secteurs de services essentiels aux populations qui sont délaissés », alerte-t-il. Transports, énergie, environnement des affaires, etc. Somachi Chris-Asoluka pointe également le rôle indispensable que doivent jouer les États africains.

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  8. Jun 23

    Lithium de Manono: la RDC entre dans la production industrielle

    La RDC s’apprête à passer à la phase de production du lithium, un des minerais stratégiques pour la fabrication des batteries électriques. La société Manono Lithium du groupe chinois Zijin Mining a annoncé la production de 500 000 tonnes de carbonate de lithium d’ici la fin du mois de juin. Avec ce gisement qui est le plus important au monde, Kinshasa pourrait devenir un acteur clé au moment où la demande mondiale en lithium est en forte croissance. De notre correspondante à Lubumbashi, 500 000 tonnes de carbonate de lithium, c’est la quantité de production attendue au mois de juin, avec l’entrée en activité de la société Manono Lithium, du groupe chinois Zijin. Cette production devrait même doubler d’ici la fin de l’année. Eddas Lwaba Kitwa est le directeur des ressources humaines de la société Manono Lithium : « Le projet produira annuellement environ un million de tonnes de concentrés de lithium, dont environ 500 000 tonnes seront transformées en sulfate de lithium. Nous avons une très grande usine et cette transformation se fera localement. » Une transformation locale qui permettra à la société d’exporter ce minerai stratégique par voie lacustre avec une valeur ajoutée. « Les minerais seront exportés par Kalemie. Manono Lithium est aussi en train de construire un port industriel privé, le port de Mutoa », précise Eddas Lwaba Kitwa. À lire aussiRDC: Lubumbashi se rêve en acteur de la batterie automobile grâce au lithium Une production du lithium source de nombreux espoirs Dans cette course au lithium congolais, les Chinois ne sont plus seuls, même s’ils ont une longueur d’avance. Avec un investissement prévu de 50 millions de dollars d’ici 2027, la société américaine KoBold Metals accélère l’exploration dans la région. « Nous avons commencé par collecter les échantillons du sol. Nous avons huit permis de recherche dans la région de Manono et de Malemba Nkulu et nous espérons avoir encore plus de permis dans cette région. Aussi, nous espérons que sur les huit permis, nous aurons au moins un ou deux qui vont aboutir à des découvertes intéressantes de gisements qui pourront ensuite aller vers la production », détaille Benjamin Katabuka, le directeur général de KoBold Metals. La toute première production du lithium dans la province du Tanganyika suscite beaucoup d’espoir en termes de développement local. Forte des expériences passées, Maître Angèle Kombe, membre de la société civile basée à Kalemie, plaide pour que cette richesse profite au maximum aux communautés locales. « De Manono à Kalemie, où passe la route sur laquelle seront transportées des tonnes de lithium, il y a combien d’hôpitaux de qualité, combien d’écoles, combien de marchés ? Pour qu’il y ait développement, il faut d’abord une bonne gouvernance », alerte-t-elle. Avec une capacité de production de 5 millions de tonnes de lithium par an, la RDC se positionne une nouvelle fois comme un acteur clé dans la chaîne d’approvisionnement mondiale des minerais critiques. À lire aussiRDC: à Manono, l'exploitation prochaine du lithium suscite à la fois espoirs et inquiétudes

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