Pour commencer cette émission un peu spéciale, je vais citer notre directeur des rédactions, le grand Patrice Bardot dans l’edito du Tsugi N°118 qui mettait à nouveau en une un certain Agoria. « C’est une chance de notre métier. Celle de pouvoir rencontrer des artistes très tôt, avant leur éclosion. Et de suivre ainsi au fil de leur évolution les hauts et les bas de trajectoires souvent plus en diagonale que rectilignes. Alors évidemment, des liens affectifs se créent, mais appelons ça de la déontologie, même si ça peut apparaître pompeux, en essayant toujours de ne pas être aveuglé par le phare de l’amitié. » C’est vrai que les souvenirs sont nombreux avec Agoria, que ce soit ici à Tsugi ou dans ma vie d’avant à France Inter. Je me souviens d’un B2B improvisé entre Agoria et Ricardo Villalobos à Nuits Sonores à Lyon. Je me souviens qu’un jour dans notre bureau de Radio France avec Didier Varrod, c’est Agoria qui nous a fait découvrir le duo Paradis et leur reprise de "La Ballade de Jim". Je me souviens de mes larmes la première fois où j’ai écouté "Les Violons Ivres" sur son 2ème album, The Green Armchair. Je me souviens d’Agoria intarissable quand il m’a raconté son premier voyage à Detroit. Je me souviens de toutes ses heures à danser sur les mixes d’Agoria mais aussi d’avoir fait dialoguer l’entrepreneuse Emmanuelle Duez et le musicien Jacques à son initiative. Cette année Agoria fête ses 30 ans de carrière. Lui qui découvre la techno de Jeff Mills à quinze ans dans la maison bulle de ses parents, architecte et chanteuse lyrique. Agoria commence à mixer dans les soirées lyonnaises à 17 ans, il partage déjà l’affiche avec Ritchie Hawtin et Carl Cox. Inlassablement depuis 30 ans, il défend sa vision de la musique : exigeante et généreuse, festive et profonde. Il a participé à la création du festival Nuits Sonores, du label InFiné et avec les années est devenu aussi un formidable grand frère pour beaucoup d’artistes. Si parfois les routes se croisent un peu moins souvent qu’on ne l’aimerait, certaines relations remontent si loin qu’on sait qu’on sera toujours là l’un pour l’autre. Il y a un peu plus de 10 ans, avec la team Tsugi, je crée Tsugi Radio. Et c’est bien sûr Agoria qui en devient le parrain. Aujourd’hui Agoria fête ses 30 ans de carrière, et c’est une évidence de lui donner carte blanche. Au micro, au téléphone et aux platines ce soir : la chanteuse Phoebe Killdeer, Blasé, Mooglie, le réalisateur Olivier Van Hoofstadt. Des célébrations qui commencent tout de suite avec la sortie n°100 de Sapiens, un label pas comme les autres : We Were Little, un morceau qu’Agoria a réalisé avec le pianiste Rami Khalifé, Blasé et Noemi.