Alter ego

Alter ego, c’est le podcast RFI qui donne la parole à celles et ceux que l’on croise au détour d’une rue, quelque part dans le monde, sans en deviner ni l’histoire ni le parcours. Alter ego, c’est eux, c’est vous... ou plutôt nous, puisque chaque récit est raconté à la première personne, par les protagonistes eux-mêmes. Parce qu’écouter les autres, c’est se donner la chance de mieux les comprendre, Alter ego est une invitation à écouter les récits intimes de ceux qui nous entourent. Entre espoir, résilience et humanité, découvrez ces trajectoires individuelles que la grande histoire a bien souvent bousculées.

Épisodes

  1. -2 j

    4/4 Quitter l'Église – J’y crois plus

    En quittant l'Église, Barthélémy rompt avec une institution dont il juge les efforts de transparence insuffisants. Désormais installé dans les Landes, l’ancien serviteur du Vatican découvre à nouveau la vie civile : chercher un emploi, choisir un domicile, reconstruire des liens et retrouver sa liberté de conscience. Le tout, après quinze ans d’engagement religieux et de strict célibat. Après avoir quitté l'Église, Barthélémy entame une nouvelle vie. Un retour aux sources salvateur, qui marque le début de sa reconstruction personnelle. Le retour aux sources : reconstruire sa vie dans les Landes  C’est dans la campagne landaise qu’il choisit de bâtir sa nouvelle vie, au sens propre comme au figuré, en construisant de ses mains une maison pensée comme un refuge. Entouré de sa famille, il réapprend à vivre au rythme de la nature et à retrouver un équilibre loin de l'institution religieuse. « La possibilité de construire cette maison, c'était l'idée que je ne me retrouverai plus jamais au dépourvu ou dans la dépendance. » – Barthélémy  Petit à petit, et avec beaucoup d’interrogations, l’ancien prêtre revient à la vie civile. Il se sépare de ses objets et habits liturgiques, et ne conserve qu'un seul symbole de son parcours religieux : son calice d'ordination.  Le deuil de l'institution  Pour de nombreux prêtres et religieuses, quitter les ordres signifie tout perdre : amis, repères, et parfois même le soutien de leurs proches. Barthélémy évoque la complexité de s'extirper de ce que l'Église présente comme une deuxième famille. Aujourd'hui, franchir le seuil d'une église lui est devenu impossible.  « Je suis peut-être capable de porter ce discours et de m'en aller, parce que je n'y ai pas passé trop de temps, parce que je n'ai pas construit toute ma vie là-dessus (...) Et quand je quitte l'Église et que quelque part je la trahis, j'ai encore dans mon entourage beaucoup de personnes qui ne vont pas se sentir trahis. » – Barthélémy  Face à la persistance des dérives qu'il a identifiées, de l'emprise spirituelle aux violences, de plus en plus de religieux choisissent de rompre leurs vœux. Des collectifs se forment pour exiger une justice civile transparente et de vraies réparations pour les victimes. Le témoignage de Barthélémy résonne comme un avertissement sur les défis auxquels fait face l'Église catholique.

    11 min
  2. -2 j

    3/4 La rupture silencieuse – J’y crois plus

    Ordonné prêtre, Barthélémy part comme missionnaire au Japon. La distance, loin de la France et de ses repères, agit alors comme un catalyseur : il s’intéresse aux scandales de l’Église relayés par la presse. Le rapport Sauvé et la lecture du livre Sodoma, de Frédéric Martel, l’amènent à mettre des mots sur certaines dérives dont il est témoin depuis son entrée au séminaire. En pleine crise de sens, face au déni de ses supérieurs qu’il prie d’agir, il envisage son divorce avec l’institution. Envoyé au Japon comme prêtre missionnaire, Barthélémy pense s’éloigner des turbulences de l'Église catholique en Europe. Mais cette expérience à l'étranger va accélérer sa prise de conscience.  Du déni à la prise de conscience  Isolé à Kobe, Barthélémy prend le temps de réfléchir à la situation de l’Église. Il visionne le film Spotlight, consacré aux scandales d'abus sexuels dans l'Église catholique et lit Sodoma, l'enquête retentissante du journaliste français Frédéric Martel sur les secrets du Vatican. « Je lis le bouquin en une semaine, c'est un pavé énorme. Dans ma tête, tous les tiroirs s'ouvrent. Je me dis : plus jamais je ne me laisse aveugler par ce qui se passe réellement dans l'Église. » – Barthélémy  En replongeant dans ses souvenirs de séminariste, il réalise qu'il a croisé la route d'un prêtre condamné pour abus sexuels. Prenant conscience de sa part de « silence complice », il prend une décision : écrire directement aux évêques français pour dénoncer la culture du secret et le mécanisme de dissimulation au sein de l'Église. Le retour à la vie civile : de la soutane à l'hôtellerie  En parallèle de ces révélations, le quotidien de Barthélémy au Japon se détériore. Confronté à un profond sentiment d'isolement, il lutte contre un ennui profond, et sombre dans la dépression. Pour survivre, il choisit la rupture : quitter le sacerdoce et renoncer à la vie de prêtre.   « J'avais simplement informé ma congrégation que je déménageais à Paris. Mais en fait, c'était un acte très fort et ils le savaient parce que je ne leur demandais pas l'autorisation. Je les ai informés que je faisais un choix de vie pour moi et ils n'ont pas beaucoup réagi » – Barthélémy  De retour dans la capitale, Barthélémy retrouve l’anonymat. En devenant bagagiste et concierge dans un petit hôtel parisien, il redécouvre des relations humaines simples et s'épanouit en prenant soin des autres, loin des normes de l’Église.

    16 min
  3. -2 j

    2/4 Obéir ou partir – J’y crois plus

    À Rome, la formation de Barthélémy prend une tournure glaciale. Dans ce séminaire conservateur, il découvre une culture de la culpabilisation et de la soumission. Alors que certaines dérives et abus sexuels qui touchent ses camarades sont passés sous silence, il comprend qu’évoluer dans l'institution implique de se taire. Au sein du très conservateur séminaire français de Rome, les futurs prêtres sont confrontés à une réalité intime: le renoncement définitif à vie à toute activité sexuelle et l'engagement au célibat sacerdotal. Entre culture du secret et conflit intérieur Durant son parcours de séminariste, Barthélémy se heurte aux tabous de l'Église catholique et à la façon dont le recrutement au sein de l'institution peut parfois masquer ou exploiter des souffrances liées à l'orientation sexuelle.   « Il y a beaucoup de personnes qui aujourd'hui rentrent en formation pour devenir prêtre, parce que ça leur permet de vivre avec une sexualité qu'ils n'assument pas. » – Barthélémy  Barthélémy évoque les dérives de figures influentes de l'époque, à l'image du prêtre psychanalyste Tony Anatrella, accusé d’abus sexuels et de pressions psychologiques engendrées par son opposition à l’homosexualité. Face au déni systémique de l’Église, une question s'impose à lui : faut-il courber l'échine ou partir ?  L’arrivée du pape François : le virage de l’Église  C’est un événement historique et totalement inattendu qui va bousculer le destin du jeune séminariste : la démission de Benoît XVI et l'élection du pape François en 2013. Ce nouveau pontificat apporte un vent de souplesse inédit qui légitime enfin le doute au sein de la formation religieuse.   « Il ne parle pas de personnes en particulier. Il dit qu'il ne va pas juger les personnes homosexuelles. (...) Et par cette petite formule hyper habile, François arrive à ne rien changer, et à tout changer. » – Barthélémy  Barthélémy décide de poursuivre son engagement, rassuré par cette nouvelle approche. En 2014, à 28 ans, il prononce ses vœux de célibat et d’obéissance lors de son ordination sacerdotale. L'aboutissement de sa vocation religieuse marquant son engagement au sein de l'Église catholique.

    16 min
  4. -2 j

    1/4 La vocation de Barthélémy – J’y crois plus

    À Bordeaux, Barthélémy grandit et étudie en centre-ville, entouré de sa famille, de ses amis et de la musique. Rien ne le destinait à quitter sa thèse de droit pour devenir prêtre. Pourtant, à 22 ans, il se sent appelé par la vie religieuse et intègre avec enthousiasme le séminaire catholique de Paris. Ce premier épisode retrace la genèse d’une vocation sincère, et les premiers pas d’un jeune Français dans le clergé catholique. De ses premières expériences de foi à son entrée au séminaire de l'Université catholique de Paris, Barthélémy retrace l'origine de sa vocation religieuse et son cheminement vers la prêtrise. Le chemin vers la vocation   À sa majorité, il décide d’accompagner sa cousine en pèlerinage à Lourdes. Il y retourne plusieurs années d'affilée avec une seule idée en tête : aider les autres. Alors qu’il poursuit ses études de droit, il réalise qu’il s’éloigne de cette mission.   « Un jour, je me réveille, et il y a une question qui émerge. C'est quoi être prêtre ? Et la question m'obsède. » – Barthélémy  Loin de l'image austère d'une vie recluse, ses premières années d'études de la philosophie et de la théologie se déroulent dans un milieu intellectuel stimulant et ouvert. Pourtant, son parcours bascule lorsqu'il décide de poursuivre sa formation religieuse au séminaire de Rome, au cœur du Vatican, sous le pontificat de Benoît XVI. Au cœur du Vatican : la rigidité de l'Église conservatrice  À Rome, le pape Benoît XVI oriente l’Église vers un courant traditionaliste. Le contraste avec sa vie parisienne est saisissant. Les questions que ses formateurs adressent à Barthélémy sont très personnelles, et l’atmosphère qui règne durant son séminaire est pesante, marquée par l'emprise psychologique, la culpabilité et une forte culture de l'obéissance.  « Dans les franges les plus conservatrices de l'Église, il y a quand même cette idée que la liberté, c'est dangereux » – Barthélémy  Le jeune séminariste doit apprendre à composer entre son besoin de liberté et les exigences d'une obéissance aveugle, au détriment de sa propre santé mentale. Entre foi, vocation sacerdotale, formation religieuse et quête d’émancipation, il raconte un parcours intime au sein de l’Église catholique, de Paris à Rome.

    12 min
  5. 03/04/2025

    3/3 Un système d’adoption orchestré – Les mondes de Yooree

    Adulte, Yooree part sur les traces de ses origines. De sa vie d’avant, elle retrouve tout, ou presque. Elle cherche à comprendre son histoire, et part en quête d’archives et de témoignages. Elle découvre alors les failles d’un système d’adoption opaque, favorisé par les agences, l’État sud-coréen et la passivité des pays d’accueil. Elle traverse ainsi la grande histoire, celle de 200 000 enfants coréens qui, comme elle, ont été envoyés à l’étranger. L’adoption internationale : un système sous influence  Durant des décennies, la Corée du Sud a envoyé des enfants vers l’Occident au nom d’un besoin humanitaire. Mais quel mécanisme se cache réellement derrière ces adoptions "internationales" ? Dans ce dernier épisode, Yooree remonte le fil de son histoire personnelle. Une quête de vérité qui révèle l’ampleur d’un système organisé, opaque, et parfois illégal.  « Elle [sa mère biologique] m'a dit "ni ton père ni moi avons signer aucun papier ni pour le renoncement à l'autorité parentale ni pour l'adoption. » — Kim Yooree  Loin des clichés de l’enfant sauvé de la misère, le témoignage de Yooree met en lumière un engrenage bien rodé : falsification de documents, effacement d’identités, requalifications arbitraires en orphelins pour faciliter des adoptions à l’étranger. Grâce à sa persévérance, elle retrouve sa famille biologique et découvre qu’aucune autorisation légale d’adoption n’a jamais été signée.  « On [Yooree et son frère] est devenus orphelins [...] il n'y a aucun justificatif, ni de certificat de décès, ni de certificat d'abandon [de nos parents]. » — Kim Yooree  Une machine bien huilée  « L'orphelinat, il percevait comme une commission pour chaque départ d'enfant à l'adoption, donc il y avait déjà une transaction. La holt et Les Amis des Enfants du Monde entre eux aussi il y a une transaction. » — Kim Yooree    Orphelinats rémunérés à chaque départ, agences d’adoption privées à caractère évangélique, absence de contrôle étatique, et complicité passive des pays d’accueil… Pour Yooree, tout indique l’existence d’un marché mondial de l’adoption, fondé sur une logique d’offre et de demande. En 2025, la Commission vérité et réconciliation de Corée du Sud reconnaît des violations graves des droits humains, orchestrées au cœur même de ce système.  « 200 000 coréens d'adoptés dans le monde c'est 40% de tous les adoptés à l'international, c'est énorme ! Et pourquoi si on était des orphelins la première chose qu'on me demande, quand je dis que j'ai été adopté, c'est "Avez-vous retrouvez vos parents ? Si je suis orpheline, entre parenthèses, mes parents sont morts, je ne peux pas les retrouver. » — Kim Yooree  Ce dernier épisode, Les mondes de Yooree : Un système d’adoption orchestré, questionne les responsabilités partagées des États, des institutions religieuses, et des sociétés face à l’histoire invisible de 200 000 enfants sud-coréens adoptés à travers le monde. Aujourd’hui, Yooree poursuit son combat : obtenir justice, transmettre la mémoire, et réclamer des réparations pour les victimes d’adoptions illégales.  Auteur : Nicolas Rocca Réalisation : Simon Decreuze, Valentin Wanner et Sylvain Pinot.  Musique originale : RFI Instrumental

    25 min
  6. 03/04/2025

    2/3 L’enfance brisée – Les mondes de Yooree

    À onze ans, Yooree et son frère sont envoyés en France. Arrachée à la Corée du Sud et à ses grands-parents, elle découvre une autre langue, une autre culture. Comment survivre au déracinement, au rejet, et à la violence de sa famille adoptive ? Pour Yooree, cette nouvelle vie sonne la fin de l’enfance... et le début de l’enfer.  Le témoignage accablant d'une adoptée coréenne en France  En juin 1984, à seulement onze ans, Kim Yooree quitte sa Corée natale pour rejoindre une famille adoptive en France. Ce départ, présenté comme temporaire, devait être la garantie d'un avenir radieux. Pourtant, dès son arrivée, la promesse s’effondre. Dans le silence d’une maison de province, Yooree découvre un univers de violences sexuelles, physiques et psychologiques.  « Je n’ai pas voulu lâcher la main de mon escorte, parce que c’était mon seul lien qui me retenait à la Corée. Il [l'escorte] m’a pris la main et puis quand mon père adoptif s’est présenté, il a donné ma main à la main de mon père adoptif et là il [le père adoptif] ma regarder d’une manière dont aucun homme dans ma vie m’avait regardé comme ça. J’ai senti une peur comme un animal qui étais chassé. » — Kim Yooree  Des violences institutionnalisées  « Il [le père adoptif] nous demande de nous déshabiller et il nous met à genoux devant le radiateur, il pouvait nous laisser comme ça une heure comme cinq heures. » — Kim Yooree  Placée dans cette famille par l’intermédiaire de l’agence d’adoption fondée par un couple d’évangélique la Holt, célèbre pour son rôle dans l’adoption massive d’enfants sud-coréens, Yooree devient la proie de son père adoptif. Pendant des années, les agressions s’enchaînent. Personne ne l’écoute. Personne ne l’aide.  « On [Yooree et son frère] a été tous les deux malades. Mon frère a vomi sur le siège, mon père adoptif à garer la bagnole au bord de la route et on n'a pas trop compris ce qu’il nous a dit mais ce n’étais pas très gentil. Il a foutu une claque à mon frère et il l’a attrapé en lui disant de nettoyer, de lécher le vomi. » — Kim Yooree  Un calvaire à huis clos  « Il me fout une claque, je suis tombé par terre, et là je réalise que ça ne peut plus durer. » — Kim Yooree  Ce n’est qu’à 17 ans que Yooree parvient à fuir un foyer devenu prison. Son témoignage, d’une puissance bouleversante, révèle les failles béantes du système d’adoption internationale et les risques auxquels sont exposés des enfants déplacés à l’autre bout du monde sans réel suivi. Où étaient les services sociaux ? Que savait réellement l’organisme français qui a supervisé l’adoption ?  Les mondes de Yooree : l’enfance brisée, c’est une immersion dans la réalité crue des dérives de l’adoption transnationale. Un récit nécessaire, porté par la voix de Yooree, pour faire entendre celles et ceux qu’on a trop longtemps réduits au silence.  Auteur : Nicolas Rocca Réalisation : Simon Decreuze, Valentin Wanner et Sylvain Pinot. Musique originale : RFI Instrumental

    28 min
  7. 03/04/2025

    1/3 Séoul, avant l'exil – Les mondes de Yooree

    Yooree nous plonge dans ses souvenirs, et raconte les premières années de sa vie. Elle voit le jour dans une famille modeste, dans la Corée des années 1970, contrôlée d’une main de fer par l’armée. Pour Yooree et son frère, l'enfance est parsemée d’épreuves et de brefs moments de répit. Jusqu’à ce jour de mai 1984, qui fera basculer sa vie.  Avant l’exil : enfance abandonnée, la Corée effacée  Entre 1970 et 1990, plus de 200 000 enfants sud-coréens ont été adoptés à l’étranger. Derrière cet exil massif dissimulée par des justifications humanitaires, se cache une politique d'exportation de masse marqués par le déracinement et le mensonge. Cette histoire a bouleversé des vies, comme celle de Kim Yooree, adoptée en France à l'âge de 11 ans.  Dans ce premier épisode du podcast Alter Ego, Yooree revient sur son enfance à Séoul. Après le divorce de ses parents, elle et son frère se retrouvent livrés à eux-mêmes. Elle raconte leurs errances, leurs ruses pour survivre, et la peur constante d’être envoyés en un foyer.  « Le soir, il y avait un couvre-feu. Donc on restait dans le marché et on dormait sous des chariots. Des fois, on voyait les lampes des flics qui faisaient la ronde et je disais surtout de ne pas bouger, ne pas crier, rien, ne pas parler. Parce que s'ils nous attrapent, ils vont nous envoyer dans un orphelinat. On ne veut pas aller dans un orphelinat. » — Kim Yooree  Un exil institutionnalisé sous dictature  Au moment où Yooree entre à l’orphelinat, la Corée du Sud est dirigée par une junte militaire déterminée à offrir une image moderne du pays lors des Jeux olympiques de 1988. Une politique brutale de "purification sociale" cible les populations marginalisées : enfants errants, mendiants, handicapés. L’orphelinat, parfois une solution temporaire pour les parents pauvres, devient un sas vers l’adoption internationale, au mépris des droits familiaux.  « La violence et la faim c’est ce qui m’a le plus frappé, je suis resté presque 23 mois là-bas [à l’orphelinat]. Je me disais que si mes grands-parents savaient, ça serait impossible qu’ils nous laissent dans un endroit aussi inhumain. » — Kim Yooree  Une mémoire collective effacée  Le récit de Yooree, accompagné par la voix du journaliste Nicolas Roca, ancien correspondant de RFI à Séoul, met en lumière les zones grises d’un système d’adoption internationale orchestré à grande échelle, sans contrôle, ni suivi. Yooree incarne cette mémoire invisible des enfants confiés à des étrangers  à l'autre bout du monde, sans consentement, ou explication.  Écoutez Les mondes de Yooree : Séoul, avant l’exil pour comprendre l’envers d’une politique d’adoption de masse méconnue, entre silence, résilience et injustice. Abonnez-vous à Alter Ego pour découvrir les autres volets de cette série sur l’exil et la quête d’identité.  Auteur : Nicolas Rocca Réalisation : Simon Decreuze, Valentin Wanner et Sylvain Pinot.  Musique originale : RFI Instrumental

    23 min
  8. 26/06/2019

    Prologue – Dans les pas d'Alfred

    À l’origine de ce témoignage recueilli au mois de novembre 2018,  il y a ces Unes de journaux, ces images à la télévision relatant le nombre de migrants décédés en mer. Patricia Blettery a souhaité mettre des visages sur ces drames égrenés à la va-vite dans les médias. Elle s’est rendue dans les Pouilles, dans l’extrême sud de l’Italie, dans le talon de la botte. Juste en face, il y a l’Albanie, la Grèce. Plus au sud, il y a les côtes libyennes. C’est de là que partent de nombreux migrants pour rejoindre l’Europe. Là, elle a rencontré Alfred. Un jeune homme venu de Côte d’Ivoire. Et il lui a raconté son voyage. Une série inédite présentée par Patricia Blettery et réalisée par Mathias Golshani. En Italie, alors que la loi anti-immigration votée en 2018 remet directement en cause le fonctionnement du système d’accueil des migrants, les centres d'hébergement et les habitants continuent à tendre la main aux migrants. Cet été, la journaliste Patricia Blettery donne la parole à Alfred, un jeune Ivoirien de 22 ans, parti de Côte d’Ivoire en 2011 pour l’Italie. Ce podcast natif inédit, à retrouver à partir du 2 juillet sur rfi.fr, relate son périple et ses rencontres, de la Sénégalaise qui lui sauve la vie lors de son départ à l’enfer libyen, en passant par les liens qu’il tisse avec les Italiens. « Dans les pas d’Alfred », c’est aussi l’histoire d’une rencontre et d’une confiance qui s’est installée pour raconter, loin du fait d’actualité évoqué dans les titres des journaux, l’éprouvant voyage d’un jeune migrant.

    2 min

Notes et avis

4,5
sur 5
2 notes

À propos

Alter ego, c’est le podcast RFI qui donne la parole à celles et ceux que l’on croise au détour d’une rue, quelque part dans le monde, sans en deviner ni l’histoire ni le parcours. Alter ego, c’est eux, c’est vous... ou plutôt nous, puisque chaque récit est raconté à la première personne, par les protagonistes eux-mêmes. Parce qu’écouter les autres, c’est se donner la chance de mieux les comprendre, Alter ego est une invitation à écouter les récits intimes de ceux qui nous entourent. Entre espoir, résilience et humanité, découvrez ces trajectoires individuelles que la grande histoire a bien souvent bousculées.

Plus de contenus par RFI