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Deux fois par mois, au micro de Lauren Bastide, écrivaines, artistes, chercheuses et militantes se racontent et prennent le pouls des luttes féministes et antiracistes contemporaines. Un épisode un jeudi sur deux. 
Depuis 2016, la journaliste reçoit dans La Poudre des femmes artistes, militantes ou politiques pour des conversations intimes et profondes qui ont passionné de millions d’auditeurices. Ces récits, enrichis de documentaires événementiels, de tables rondes, et d’analyses par les plus grandes expertes des luttes pour les droits des femmes, en France et dans le monde, forment un tableau captivant de la société à l’heure de la révolution #MeToo. 
La Poudre was created by journalist and feminist activist Lauren Bastide, co-founder of Nouvelles Ecoutes studio, to offer women a safe space to express themselves. In a one-hour long, in-depth conversation, inspirational women artists, activists, scientists and politics talk about themselves, their path and struggles, but also about the incredible times we are living for women’s rights. Many episodes of La Poudre have been recorded or dubbed into English. Search for the 🇬🇧 !

La Poudre Nouvelles Écoutes

    • Gesellschaft und Kultur
    • 4.9 • 347 Bewertungen

Deux fois par mois, au micro de Lauren Bastide, écrivaines, artistes, chercheuses et militantes se racontent et prennent le pouls des luttes féministes et antiracistes contemporaines. Un épisode un jeudi sur deux. 
Depuis 2016, la journaliste reçoit dans La Poudre des femmes artistes, militantes ou politiques pour des conversations intimes et profondes qui ont passionné de millions d’auditeurices. Ces récits, enrichis de documentaires événementiels, de tables rondes, et d’analyses par les plus grandes expertes des luttes pour les droits des femmes, en France et dans le monde, forment un tableau captivant de la société à l’heure de la révolution #MeToo. 
La Poudre was created by journalist and feminist activist Lauren Bastide, co-founder of Nouvelles Ecoutes studio, to offer women a safe space to express themselves. In a one-hour long, in-depth conversation, inspirational women artists, activists, scientists and politics talk about themselves, their path and struggles, but also about the incredible times we are living for women’s rights. Many episodes of La Poudre have been recorded or dubbed into English. Search for the 🇬🇧 !

    Épisode 95 - Le cinéma change le monde avec Maïmouna Doucouré

    Épisode 95 - Le cinéma change le monde avec Maïmouna Doucouré

    La réalisatrice prodige Maïmouna Doucouré est l’invitée du 95e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de Maman(s), de Mignonnes et de Netflix.




    L’édito de Lauren :

    C’est fou que La Poudre se soit aussitôt placée sous le marrainage des femmes du cinéma. Parmi mes toutes premières invitées, celles qui ont échangé avec moi dès 2016, avant même que le podcast soit en ligne, il y avait les réalisatrices Rebecca Zlotowski et Houda Benyamina. Deux femmes qui m’impressionnaient par leur capacité à se créer un nom aux côtés de tant d’hommes. C’est fou parce que c’est par le cinéma que la révolution féministe que nous vivons aujourd’hui s’est déclenchée. En 2017, les femmes d’Hollywood ont dénoncé haut et fort le sexisme de leur industrie et depuis, l’histoire du féminisme est jalonnée de prises de paroles par des femmes du cinéma qui constituent de grands tournants. Comme un bilan, le livre La Poudre Tome 2, Féminismes et cinéma, rassemble les voix engagées du cinéma qui sont passées à mon micro ces quatre dernières saisons. Aïssa Maïga, Iris Brey, Alice Diop, Julie Gayet, Fanny Herrero, Céline Sallette, Déborah Lukumuena et les autres… toutes ont fait bouger les lignes. Pas seulement dans leur milieu, mais dans la société toute entière. Cet ouvrage dont je suis super fière sera en librairie le 19 mai, mais il est déjà disponible en précommande. Et pour en marquer la sortie, j’ai voulu inviter dans La Poudre l’une des réalisatrices les plus talentueuses du moment. Une femme qui reprend le flambeau de ces combats contre le sexisme et le racisme au cinéma. Une femme qui raconte des histoires et qui crée des images qui changent le monde.




    Résumé de l’épisode :

    Maïmouna Doucouré est la réalisatrice internationalement reconnue de Maman(s) et de Mignonnes. Pour elle, aucun doute : le cinéma a le pouvoir de changer le monde en nourrissant les imaginaires (06:23). Après une enfance dans le 19e arrondissement de Paris, elle démarre des études de biologie, fait un petit détour par le théâtre puis se lance sans filet dans la réalisation, grâce à un concours qu’elle remporte sur la base de son scénario (24:35). Dans ce premier court-métrage, elle filme déjà à hauteur d’enfant, un trait que l’on retrouve dans la suite de son parcours. Son second court-métrage, Maman(s), remporte le César du court-métrage en 2017, ex aequo avec Alice Diop, et sera sélectionné dans plus de 200 festivals dans le monde. Le féminisme qui infuse son œuvre n’est selon elle pas une histoire de choix (08:44). En observant la condition des femmes autour d’elle, dans sa famille comme dans la société – ou même dans les histoires de princesses passives qui lui étaient proposées dans la fiction –, impossible pour elle de ne pas combattre le statu quo (10:12) et hors de question d’encaisser sans broncher. Elle nourrit son cinéma de tout ce qu’elle aimerait pouvoir dire à son entourage et transcende ses souhaits de rébellion grâce à sa caméra. C’est aux États-Unis surtout qu’elle trouve soutien et accompagnement (47:32). C’est toutefois aussi là-bas qu’éclate la polémique autour de son premier long-métrage, l’acclamé et récompensé Mignonnes, suite à un choix de marketing problématique de Netflix – la plateforme ayant annoncé le film avec une image prenant à revers tout le propos du projet (40:58). Mignonnes est pourtant une création sensible et nuancée, s’attaquant à l’hypersexualisation des petites filles dans nos sociétés, un sujet que Maïmouna Doucouré a porté en ayant également sa propre fille en tête, née au tout début du tournage (51:52). Sa réalisation puissante et porteuse d’images renouvelant profondément les représentations promet encore de prochains grands fi

    • 59 Min.
    Épisode 94 - Cultiver la nuance avec Cloé Korman

    Épisode 94 - Cultiver la nuance avec Cloé Korman

    Cloé Korman, écrivaine de la nuance et de la profondeur, est l’invitée du 94e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de la Muette, de Bobigny et de Marseille.




    L’édito de Lauren :

    Depuis trois ans, les actes antisémites flambent partout en France. On profane des cimetières, des symboles à la mémoire de Simone Veil ou d’Ilan Halimi. On révèle la présence de groupuscules néo-nazis, notamment au sein de l’armée française. On insulte. On caricature. On tue. La haine des juifs et des juives s’exprime partout, tout le temps, de façon décomplexée, il y a encore quelques jours sous forme de graffitis sur la façade de Sciences Po Paris. La rabbine et brillante essayiste Delphine Horvilleur le dénonçait déjà il y a deux ans dans l’épisode 46 de La Poudre que je vous invite à réécouter. Récemment, sur Radio Classique, elle disait : « La montée de la haine antisémite est un prélude à une haine qui va frapper tout le monde. Il est urgent de lutter contre la dissociation qui s’opère souvent dans l’espace publique entre l’antisémitisme et les autres formes de racisme. Car l’antisémitisme est un racisme. » Et c’est ce rappel salutaire qu’est venue faire l’écrivaine Cloé Korman dans son essai « Tu ressembles à une juive » paru en 2020. C’est aussi une romancière bouleversante. Je suis encore éblouie par les éclats de lumière de « Midi », dont je vous recommande chaudement la lecture. Et je suis très honorée de la recevoir dans La Poudre aujourd’hui.




    Résumé de l’épisode :

    Cloé Korman est l’autrice de plusieurs romans et de l’essai « Tu ressembles à une juive » paru il y a un peu plus d’un an (10:47). Dans cet ouvrage dont l’intention est toujours autant d’actualité, elle décrypte en quoi l’antisémitisme est une forme de racisme ainsi que les liens étroits entre ces différentes manifestations des discriminations et des haines (16:14). Elle rappelle l’ancrage de l’antisémitisme dans la société française (18:22) et la reconnaissance encore partielle et tardive de la responsabilité de l’état français dans la déportation des personnes juives. Le refus de faire face à cette partie de notre histoire prend pour elle des formes très concrètes, comme la cité de la Muette qui, de camp d’internement au cœur de la politique de déportation de la France, est devenu lieu d’habitation pour des populations précaires où le racisme étatique s’exprime encore (22:09). Ayant grandi à Boulogne-Billancourt, elle est plongée très jeune dans l’engagement politique de ses parents et témoigne de l’incrédulité qui régit les rapports de sa famille à l’état. Une méfiance vis-à-vis des institutions qui la pousse sans cesse à remettre en question les discours officiels (28:10). La langue est un outil qui lui est cher et les mots ont pour elle une substance concrète qui peut autant la réjouir que la blesser. C’est parce qu’elle est sensible à toute leur portée qu’elle cultive la nuance dans la façon de les brandir (32:21). Elle s’en empare d’ailleurs dans ses romans pour raconter des histoires pleines d’ombre et de lumière, une complexité qui touche autant aux espaces urbains qu’aux rapports sociaux. De son passage par les États-Unis, elle a retiré une capacité à témoigner des rapports de domination sans rendre les mots responsables des situations qu’ils décrivent. Si elle n’hésite pas à prendre la plume pour exprimer ses positions politiques dans des tribunes (05:05), elle aimerait aussi avoir la même liberté que les groupes dominants de parfois laisser sur le bord de la route la colère crée par les discriminations pour avoir le loisir de créer sans limite et sans assignation (48:17). Son écriture qui cherche à galvaniser sans céder à la simplification

    • 1 Std. 8 Min.
    Épisode 93 - Sauver l'amour avec Victoire Tuaillon

    Épisode 93 - Sauver l'amour avec Victoire Tuaillon

    La journaliste et autrice Victoire Tuaillon est l’invitée du 93e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de Barbe bleue, de chèvres et de révolution romantique.




    L’édito de Lauren :

    J’ai l’impression qu’en ce moment on a toutes et tous beaucoup, vraiment beaucoup, besoin d’amour. Mais d’un amour qui ne ferait pas mal. D’un amour moderne, libre, politique, qui permettrait à chacun et chacune de s’épanouir comme iel l’entend. De sortir des schémas de genre. De se libérer des injonctions à la sexualité, à la reproduction, aux balivernes des contes de fées. Bref, on rêve tous et toutes d’un amour féministe et c’est compliqué. C’est pourquoi je suis extrêmement reconnaissante à ma consœur, Victoire Tuaillon, du studio Binge, d’avoir conçu un podcast entièrement dédié au sujet : « Le Cœur sur la table ». Et comme c’est un sujet important, j’ai eu envie de l’inviter à mon micro pour faire un petit tour d’horizon. C’était au début du printemps, on était à l’opéra de Lyon dans le cadre du festival « Femmes libres ? » et ça m’a fait du bien. 




    Résumé de l’épisode :

    Victoire Tuaillon est journaliste, autrice et la créatrice du podcast culte « Les Couilles sur la table » et du récent « Le Cœur sur la table » qui se penche sur le vaste sujet de l’amour dans toute sa complexité. Dans cet épisode enregistré dans le cadre du festival « Femmes libres ? » organisé par l’Opéra de Lyon et dans lequel plusieurs pièces mettent en scène la figure violente de Barbe Bleue, elle déploie au micro de Lauren Bastide les liens entre nos vécus de l’amour et ses représentations (05:00). Les contes de fées et autres tropes de l’amour romantique construisent nos attendus mais génèrent aussi des zones d’ombres dans nos visions des relations amoureuses (07:58). Que se passent-ils après « et ils eurent beaucoup d’enfants » ? À quoi ressemble une relation qui dure, ou qui ne respecterait pas ces codes ? (11:50) C’est sur ces questions essentielles pour repenser nos relations hors des schémas patriarcaux que se penche Victoire Tuaillon. Elle détricote le couple, ou tout du moins sa base politique et religieuse (13:24), s’appuyant sur les écrits de nombreuses penseuses féministes qui toutes, au travers des époques, se sont attaquées à ce sujet relationnel, si central dans nos vies (17:23). Pour Victoire Tuaillon, il est temps de mener une grande révolution romantique intersectionnelle, pour reprendre la formulation de Costanza Spina, et de délier définitivement amour et violence (22:41). Elle propose de plonger tête la première dans la zone grise, en explorer ses recoins et enfin éclairer les rapports de pouvoir qui sous-tendent nos relations, pour mieux pouvoir les reconstruire sur des bases saines, en toute lucidité (32:35). Au-delà de sauver l’amour romantique, elle souhaite qu’on puisse rendre leurs lettres de noblesse à toutes les formes d’amour, dans leurs aspects les plus concrets, qu’on reconnaisse à nouveau les gestes aimants pour ce qu’ils sont, dans le cadre de la famille, celui de l’amitié ou des relations amoureuses (35:20). Elle invite également à repenser l’amour propre, à même commencer par apprendre à s’aimer pour pouvoir mieux aimer les autres et à se défaire des petites voix patriarcales qui abîment nos rapports aux autres et à nous-mêmes (48:15). Si la révolution est en cours, pour elle l’amour est ainsi l’un des hauts lieux de notre résistance politique (01:01:40).




    Merci à l’Opéra de Lyon et à son festival « Femmes Libres ? » d’avoir rendu cet enregistrement possible.




    Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! 




    La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes

    Réalisation et générique : Aur

    • 1 Std. 5 Min.
    Épisode 92 - Écrire contre la violence sociale avec Kaoutar Harchi

    Épisode 92 - Écrire contre la violence sociale avec Kaoutar Harchi

    Kaoutar Harchi, brillante autrice, sociologue et chercheuse, est l’invitée du 92e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé d’identité, de reconnaissance et de fémonationalisme.




    L’édito de Lauren :

    Je vous parle d’un jeudi où l’on attend une annonce gouvernementale qui nous dira ce qu’on a le droit de faire ou de pas faire le soir et le week-end. Comme la plupart des françaises et des français, je suis partagée entre la résignation et la rage. Le fatalisme et l’inquiétude. À cause de ça, de ces informations fluctuantes, flippantes, sur la pandémie qui décime nos aîné·e·s et nos proches les plus fragiles depuis bientôt un an, j’avoue que je consulte un peu moins les médias qu’avant. Moi qui vis sous perfusion d’infos depuis plus de vingt-cinq ans, j’ai remplacé les flash radios du matin par des playlists, désinstallé les réseaux sociaux de mon téléphone et rationnalisé ma consultation des sites de médias auxquels je reste abonnée. Ce qui ne m’empêche pas d’entendre monter une petite musique de plus en plus angoissante. Rien que là, cette semaine, les attaques contre Assa Traoré se sont multipliées, Médiapart a révélé un courant néo-nazi au sein de l’armée française, la loi sécurité globale s’apprête à passer au Sénat, donnant des pouvoirs colossaux à la police et cerise sur le gâteau, Manuel Valls annonce qu’il fera son retour en 2022. Bref, pendant qu’on cause – ou qu’on ne cause pas –, du Covid 19, le racisme d’état continue sur sa lancée. Heureusement mon invitée, la sociologue Kaoutar Harchi, reste elle pleinement connectée à l’actualité, pleinement ancrée dans le présent, vivement consciente des enjeux du moment et de la nécessité de porter haut et fort, partout où elle le pourra, la pensée féministe intersectionnelle. 




    Résumé de l’épisode :

    Kaoutar Harchi est sociologue et autrice. Ses écrits voyagent de la fiction à la tribune et dans la période actuelle, face aux rhétoriques de l’extrême-droite (05:35) et à l’islamophobie qui gagnent du terrain (07:33) elle use de sa plume lumineuse pour mener des combats féministes intersectionnels. Préoccupée par la nette différence entre les mobilisations contre le projet de loi sécurité globale et celui sur les séparatismes, elle note cependant l’espoir apporté par les grandes mobilisations antiracistes récentes (08:50). La violence de la réponse institutionnelle et gouvernementale est, selon elle, le signe que ce rapport de force ébranle enfin le statu quo (11:54). Née à Strasbourg (20:35), elle quitte cette ville dès qu’elle le peut, jonglant avec la complexité de ce départ grâce à l’acte aussi gratuit que nécessaire de l’écriture (21:44). Acte coûteux pour elle, par certains côtés (24:52) mais qui lui permet de déployer ses réflexions sur de nombreux terrains, littéraires comme théoriques, analysant le social au travers d’un prisme artistique (15:45). Pour sa part, elle souhaiterait pouvoir un jour se passer des catégories qui lui font porter la notion d’intersectionnalité haut et fort, et brûler pour de bon les carcans qui voudraient la cantonner à des espaces historiquement liés à la déshumanisation (28:40). Elle refuse le miroir aux alouettes de l’exceptionnalité (41:40), combat les preuves d’allégeance demandées par les structures de pouvoir en place pour accorder leur reconnaissance (38:00) et propose au contraire un combat commun contre les systèmes de domination où personne ne serait laissé sur le carreau. Autrice d’un bel article sur le fémonationalisme (51:02), elle met en garde contre l’utilisation fallacieuse de certaines luttes pour s’attaquer à d’autres et la force de ses écrits est un phare dans le brouillard sombre qui nous entoure ces derniers temps.

    • 56 Min.
    Épisode 91 - La révolution médiatique avec les Avengers du féminisme

    Épisode 91 - La révolution médiatique avec les Avengers du féminisme

    Les journalistes et autrices Lorraine de Foucher, Daphné Gastaldi, Axelle Jah Njiké, Charlotte Pudlowski et Marine Turchi sont les invitées du 91e épisode de La Poudre réalisé en partenariat avec le festival Longueur d’ondes. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de silence, d’écoute et de self-care.




    L’édito de Lauren :

    Ce jour-là elles étaient cinq dans le studio : Marine Turchi, Axelle Jah Njiké, Charlotte Pudlowski, Daphné Gastaldi et Lorraine de Foucher. Elles sont journalistes et/ou productrices de podcasts. Par leur travail, toutes ont fait, ces dernières années, plus bouger les lignes que toutes les instances politiques réunies. On a pu se voir dans un vrai studio, et ça faisait du bien, même si c’était un peu triste parce que cette table ronde, normalement, aurait dû avoir lieu au festival Longueur d’ondes qui a malheureusement dû être annulé en raison des contraintes sanitaires. Sur Twitter, quelqu’une a tout de suite réagi en s’exclamant : « Les Avengers du féminisme ! » et comme on a besoin de rire un peu, aussi, j’ai choisi ce titre pour l’épisode. Merci encore Pauline ! Oui parce que bon les sujets de ce podcast sont ceux de leurs enquêtes respectives : le viol, l’inceste, les violences de genre. Donc petit trigger warning, écoutez-le dans de bonnes conditions, même si rassurez-vous, il n’y a rien de graphique, on parle surtout de leurs pratiques de journalistes et c’est passionnant. 




    Résumé de l’épisode :

    C’est au festival Longueur d’ondes qu’aurait dû se réunir cette table ronde d’exception pour évoquer le travail considérable et essentiel des enquêtes journalistiques au long cours sur les violences sexistes et sexuelles. Au micro de Lauren Bastide, Lorraine de Foucher, journaliste au Monde, Daphné Gastaldi, journaliste indépendante et co-créatrice du collectif We Report, Axelle Jah Njiké, autrice et créatrice de podcasts, Charlotte Pudlowski, co-fondatrice du studio Louie Media et Marine Turchi, journaliste chez Médiapart, évoquent le rôle de la presse face à celui de la justice dans les enquêtes qu’elles mènent et ont mené sur ces violences (09:33). Convaincues de l’utilité publique de ce travail de longue haleine, elles espèrent que les lignes qu’elles contribuent à faire bouger ne seront pas tracées dans le sable, même si la menace du backlash n’est jamais loin (19:38). Bien que certaines rédactions mettent moyens et formation de leurs effectifs au service de la lutte contre ces violences (13:44), ces pratiques sont loin d’être répandues et exigeraient d’infuser dans tous les médias. Toutes appellent à ce que la parole des personnes victimes puisse avoir plus d’écho, surtout lorsque leur statut social ne les fait pas figurer sur les tables des librairies ou les affiches de cinéma (24:42). La diversité des représentations reste selon elles un sujet central pour combattre le caractère systémique de ces violences (01:08:10). Tour à tour, elles racontent la complexité des enjeux pour respecter les personnes victimes et leur parole (28:00), mais aussi pour rendre leurs récits palpables pour les auditeur·ice·s et spectateur·ice·s (39:40) sans y perdre leur propre humanité. Dans ce travail journalistique minutieux et prolongé, elles affirment l’absolue nécessité du contradictoire et l’importance des témoins, du soutien de l’entourage (45:05). Ces enquêtes laissent des traces sur elles aussi et c’est sur un encouragement au self-care et à l’accompagnement qu’elles concluent cet échange explorant les dessous des enquêtes ayant tant fait ces dernières années pour renverser l’ordre établi (01:15:01).




    Merci au festival Longueur d’ondes sans qui cet épisode n’aurait pas été possible.

    Et merci à Pauline Linard d’avoir accepté que nous utilisions so

    • 1 Std. 32 Min.
    Épisode 90 - La non-violence avec Judith Butler - (doublé en français)

    Épisode 90 - La non-violence avec Judith Butler - (doublé en français)

    This episode of La Poudre was originally recorded in English. To listen to the undubbed version, click here.




    Lae mythique théoricien·ne Judith Butler est l’invité·e du 90e épisode de La Poudre, enregistré en public sur Zoom le 25 novembre 2020. Avec Lauren Bastide, iels ont parlé de corps, de deuil et de Macron. 




    L’édito de Lauren :

    J’avais peur qu’iel soit froid·e. J’avais peur qu’iel soit complexe. J’avais surtout peur qu’iel soit atterré·e par l’incapacité de mon cerveau ordinaire à capter l’immense subtilité de sa pensée. Bref, avant d’interviewer Judith Butler j’ai été frappée d’un immense complexe de l’impostrice. Du coup j’ai fait ce qu’on fait souvent dans ce genre de cas, je me suis surpréparée. J’ai littéralement appris par cœur des pans entiers de ses textes. Et j’ai même fait une sorte de prépa physique : huit heures de sommeil et la peau super hydratée. Et puis voilà. Non seulement iel a été chaleureux·se et époustouflant·e de clarté, mais en plus iel a ri à mes blagues et a semblé trouver mes analyses plutôt dignes d’intérêt. Cette interview avec Judith Butler, au final, a été l’une des plus fluides, les plus joyeuses, de l’histoire de La Poudre. Je suis sûre qu’il y a une sorte de morale à tirer de tout ça, mais la philosophe, c’est pas moi. N’hésitez pas à me faire part de vos impressions après l’écoute, j’ai très envie de poursuivre cet échange avec vous. Ah oui et c’est Elisabeth Lebovici, chercheuse, historienne et militante queer, qui double sa voix en français. Vous avez beaucoup de chance vous savez.




    Résumé de l’épisode :

    Judith Butler est l’un·e des philosophes les plus important·e·s de notre époque. Son livre, « Trouble dans le genre » a marqué durablement la pensée queer et féministe, bien qu’il ait mis plus de quinze ans à être traduit en français. Sa traduction a d’ailleurs été le sujet de bien des incompréhensions, dont Judith Butler s’amuse aujourd’hui, explorant les résonances culturelles que rencontrent ses théories (05:20). En temps de pandémie, elles ont aussi des résonances très concrètes : iel qui a forgé le concept de “vies dignes d’être pleurées” se désole de voir la crise actuelle illustrer sa théorie (13:13). Face à la répression des gouvernements utilisant les enjeux sanitaires pour réprimer leur population, iel croit néanmoins toujours à la force de la non-violence et de la solidarité (25:34). Aux côtés de Lauren Bastide, Judith Butler s’alarme de l’attaque faite à l’université, et notamment à la recherche en études de genre et postcoloniale (35:40). Pour iel c’est bien la peur des conservateur·ice·s et leur refus de voir le monde changer qui s’incarnent dans ce backlash (32:00). Iel garde cependant espoir en observant les mouvements féministes, queer et antiracistes inventer de nouvelles formes de mobilisations partout dans le monde (47:02) et la force sans cesse renouvelée de leurs revendications pour la liberté de se définir (39:30). Si iel reconnaît la nécessité du repos, iel encourage à ne jamais abandonner l’idée, l’utopie, de l’égalité radicale (51:52) et invite à penser la révolution comme un mouvement en cours auquel prendre part chaque jour (57:17).




    Merci au festival Les Créatives d’avoir rendu cet enregistrement possible.




    Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! 




    La voix française de Judith Butler est incarnée par Elisabeth Lebovici, merci à elle.




    La Poudre est une émission produite par Nouvelles Écoutes

    Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu

    Traduction : Lucie Plescoff

    Programmation et coordination : Gaïa Marty

    Prise de son voix française : Adrien Beccaria au studio L’Arrière Boutique

    Mixage : Marion Emerit

    • 1 Std. 6 Min.

Kundenrezensionen

4.9 von 5
347 Bewertungen

347 Bewertungen

LaJeanette ,

Guestlist incroyable!

Podcast extrêmement riche aussi bien en invités prestigieux qu’en réflexions.
Un Immense merci à tous ceux dans le travail le rendre possible.

Gilles915 ,

podcast féministe très enrichissant

On découvre le parcours de femmes très différentes qui livrent sans détour leurs pensées sur le monde. A écouter!

garance2204 ,

Ma fille blonde

Merci pour vos discussions passionnantes et très instructives.
Je voulais juste vous apporter mon témoignage suite à une remarque que vous avez glissé sur les blondes qui ne voudraient pas devenir brunes...
Il se trouve que ma fille de 22 ans, qui est blonde depuis son premier jour, a voulu changé de couleur de cheveux vers l’âge de dix ans environ.
La première fois, abasourdie, je lui ai demandé pourquoi ? Et elle m’a répondu : parce que les blondes sont bêtes.
Elle a grandi en pleine vague des gags sur les blondes et n’a cessé de vouloir changer de teinte de cheveux pour échapper aux nombreuses blagues sexistes qu’elle subissait partout, tout le temps, y compris de ses profs!
Ce n’est certes pas assimilable à du racisme mais je vous assure que ce n’était pas facile à vivre pour autant.

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