« Rétablir la confiance et gérer la transformation » : c’est le thème officiel de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies qui s’est ouverte hier mardi à New York. « Et l’Afrique dans tout ça ? », s’interroge L’Observateur Paalga au Burkina Faso. « L’ONU joue un rôle central mais complexe en Afrique, où se concentrent une grande partie de ses opérations de paix, de ses défis humanitaires et de ses programmes de développement. Certes, des pays comme le Lesotho, le Botswana et autres, sont censés avoir la même voix que les États-Unis ou encore la France… Mais en réalité, pointe le quotidien burkinabé, la tribune des Nations unies, bien que prestigieuse, permet à nos chefs d’État de s’écouter parler, souvent dans des salles vides. Ce ne sont pourtant pas les difficultés, les problèmes endémiques qui manquent sur le continent. Une guerre succédant à une autre, et aujourd’hui du Sahel à l’est du Congo, en passant par le Soudan, le Soudan du Sud… de nombreux pays sont désorganisés, en raison de conflits qui perdurent, sans que la fameuse Communauté dite internationale ne puisse y faire grand-chose ». Faut pas rêver… Le quotidien Aujourd’hui, toujours à Ouaga, renchérit : « Les questions de sécurité et de guerre en RDC, au Soudan, ou encore au Sahel, le problème de la dette et de la justice financière internationale seront aussi dans les discours de nos princes. Pour quels résultats ? Faut pas rêver ! », s’exclame le quotidien ouagalais. « Si l’Afrique est courtisée et est devenue le lieu d’une intense guerre géopolitique, c’est que les puissants de ce monde savent que c’est le continent de l’avenir pour sa jeunesse face à des pays anémiés démographiquement, mais aussi pour ses richesses en sous-sol. Ce sera donc le lieu de tenir des postures de fermeté, estime Aujourd’hui, face aux grands de ce monde dont les règles de coopération suivent le curseur de leurs intérêts : "dis-moi quelles richesses sont enfouies dans ton sous-sol et je te dirai quel genre de partenariat nous ferons". Les discours des Africains devront être de cette tonalité : "Respectez-nous et traitons d’égal à égal" ». Le beau discours de Guterres… C’était le sens d’ailleurs de l’intervention du secrétaire général de l’ONU lors du récent forum Unstoppable Africa 2026 à New York : « Antonio Guterres en effet a appelé à un changement de modèle dans les relations économiques avec l’Afrique, relève Afrik.com. (…) "Nous devons passer de faire des affaires en Afrique à faire des affaires avec l’Afrique", a-t-il déclaré devant des responsables politiques, investisseurs et dirigeants d’entreprises. Le secrétaire général de l’ONU a plaidé pour davantage de transformation locale des ressources, d’investissements et de partenariats. Objectif : permettre au continent de conserver une plus grande part de la valeur créée. Antonio Guterres a ainsi souligné l’importance croissante de l’Afrique dans l’économie mondiale, relève encore Afrik.com. Il a notamment cité un marché évalué à environ 3 000 milliards de dollars, ainsi que la présence de l’Afrique sur près de 30 % des ressources minérales mondiales et environ 60 % du potentiel solaire de la planète. Le secrétaire général de l’ONU a également mis en avant la progression de la population active africaine, qui constitue l’un des principaux moteurs démographiques de la prochaine période ». Mieux se faire entendre… Voilà pour les paroles, reste à passer aux actes… C’était le sens, remarque le site Africa News, du discours du président kenyan William Ruto, qui a appelé, en marge du sommet onusien, à « repenser les partenariats internationaux avec l’Afrique et à mieux mobiliser les ressources dont dispose le continent : "la question, a-t-il dit, n’est plus seulement de savoir combien d’argent nos partenaires peuvent apporter à l’Afrique. La vraie question, c’est : comment pouvons-nous mobiliser les ressources que l’Afrique possède déjà ? Cela suppose de repenser notre conception du partenariat international" ». Déjà, un premier pas serait que l’Afrique puisse mieux se faire entendre… En effet, rappelle le site marocain Atalayar : « Paradoxe du multilatéralisme contemporain : l’Afrique concentre plus de 60 % des débats et des mandats opérationnels du Conseil de sécurité de l’ONU, mais ne dispose d’aucun siège permanent au sein de son instance décisionnelle ». Et depuis des années, l’Union africaine réclame « au moins deux sièges permanents dotés de toutes les prérogatives — y compris le droit de veto — ainsi que de cinq sièges non permanents ». Et pour l’instant, rien n’a bougé.