🎙Cette semaine, on parle de l’addiction comme une tentative de rester vivant avec Camille Charvet, psychiatre et addictologue 💬 « C'est vrai que mes patients qui me disent souvent "je me sens vide", sont des patients qui, en fait sont très, très pleins. C'est presque une forme de surabondance qui rend tout impossible. Et donc c'est comme si c'était bloqué. Et donc plutôt que d'arriver à initier quoi que ce soit, on est comme paralysé et là il se passe plus rien.» On pense souvent que l’addiction commence avec un produit. Une première prise, un excès, une perte de contrôle. Mais notre invitée dit autre chose : ça commence bien avant. Dans les interstices. Dans ce qui n’a pas été dit, pas reçu, pas entendu. Dans le manque d’amour, tout court. À l’hôpital, elle voit chaque jour « des tentatives, parfois désespérées, de rester vivant », écrit-elle dans son livre Les Assoiffés, aux éditions Grasset. Alors elle remonte le fil. Pas seulement celui du produit, mais celui de l’histoire, du lien, du corps, du manque… et de l’époque. Parce que l’addiction n’est pas qu’une affaire de dopamine. Ni un simple traumatisme. Ni une faiblesse. C’est une tentative : tenir, réguler, combler, accélérer, ralentir. Trouver une place. Retrouver un lien. Exister. Et si l’addiction est une réponse, alors elle parle de nous et de notre époque. Une époque qui se veut performante. Une époque qui ne supporte plus le manque, le vide, le silence. Où attendre devient suspect. Une époque où ressentir trop longtemps dérange. Alors on compense. On accélère. On consomme. Et puis un jour, sans vraiment comprendre, ce qui nous soutenait commence à nous tenir. Notre invitée, Camille Charvet, est psychiatre. À Hôpital Marmottan comme en cabinet, elle reçoit des patients que rien ne rassemble, en apparence. Des jeunes, des cadres, des mères de famille, d’anciens détenus. Des histoires, des corps, des langues, des vies très différentes. Mais au fond, elle entend souvent la même chose : du plaisir, oui. Mais surtout de la honte, de l’anxiété sociale, de la solitude. Il ne s’agit pas de corriger des comportements. Mais de regarder en face ce que ces comportements tentent de sauver. Parce que derrière chaque dépendance, il y a une logique. Une fidélité. Presque une forme d’intelligence du vivant. Et peut-être que la vraie question n’est pas : « comment arrêter ? », mais : « qu’est-ce qui, là, à l’intérieur, cherche encore à vivre ? » 🖇 Références : 📚 Les assoiffés (Éditions Grasset, 2026) Ce podcast est soutenu par la MILDECA, Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues et les Conduites Addictives 📚 "Contre-Addictions", le livre : disponible aux Éditions Eyrolles Bien-Être ℹ️ Pour plus de contenus autour de cet épisode, rendez-vous sur Instagram : @contreaddictionspodcast & sur le web (épisodes par thématiques, ressources...) 💌 Retrouvez Rose sur Instagram : @rosekeren || Site officiel Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.